Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Trois raisons de voir Le Crabe-Tambour

Publié le par Chippily

En route pour les eaux glaciales du Canada, trois hommes se souviennent d'un quatrième, qu'ils surnommaient le Crabe-Tambour. Ou Jean Rochefort AVANT...

En route pour les eaux glaciales du Canada, trois hommes se souviennent d'un quatrième, qu'ils surnommaient le Crabe-Tambour. Ou Jean Rochefort AVANT...

1. Pour briller en société. L'histoire se passe sur le navire Le Jauréguiberry. Et c'est toujours classe de sortir "Jauréguiberry" d'une traite, en parlant du film, à table, entre le repas et le dessert. Mon astuce mnémotechnique pour retenir ce nom : penser à la phrase "J'aurais Gui Berry !" (Gui Berry étant, comme tout le monde le sait, le père du célèbre Ri Berry).

2. Parce qu'avant de faire n'importe quoi, Jean Rochefort était un acteur sérieux. Et même qu'avec son rôle de commandant sec et froid dans "Le Crabe-Tambour", il a remporté le César. C'était en 1978.

Sa réplique phare dans le film : "Pas de sermons, docteur ! Pas de sermons !"

Sa réplique phare aujourd'hui : "C'est un piaf bien pépère qui chille sur un arbre chéper et s'envoie un petit Babybel des familles."

...et Jean Rochefort APRES.

...et Jean Rochefort APRES.

3. Parce que les chats noirs ont aussi leur mot à dire. Stuper à Minouland ! Le 20 mai, Slate dégainait son article, véritable pavé dans la mare : "Pourquoi le cinéma hollywoodien caste-t-il toujours le même chat ?" accompagné de photos de matous...roux. Bon, l'article ne répond pas vraiment à la question, hein, même si à un moment on ose un : "Les chats roux passent bien à l'écran."

Et là, lever de boucliers, miaulements furieux des chats d'autres couleurs criant au racisme, blocage des usines de croquettes pour protester... Cloturons tout de suite cette polémique : non, il n'y a pas que les chats roux qui sont cinégénique. La preuve, dans "Le Crabe-Tambour", on adopterait bien le chat noir du héros, nommé Monsieur ma conscience.

Trois raisons de voir Le Crabe-Tambour

LA VRAIE CRITIQUE DU FILM

Le Jauréguiberry plonge. Doucement, le navire s'enfonce dans les flots, tel un sous-marin rejoignant le fond de l'océan. Et soudain, il se redresse, dans un éclat de vagues et d'embruns.

S'il y a bien une chose qui est réussie dans "Le Crabe-Tambour", c'est ça : ces prises de vue impressionnantes d'un bateau malmené par les flots et chopées par Raoul Coutard, le célèbre chef-opérateur. Qui organisera d'ailleurs une séance spéciale avec uniquement ces rushes devant des marins ébahis.

La peine des hommes

Il y aura aussi cette véritable séquence de pêche au large de Saint-Pierre-Miquelon, comme un petit bout de documentaire qui s'est fait une place dans un autre film. En l'envoyant rejoindre ces travailleurs par zodiac, le réalisateur Pierre Schoendoerffer aurait dit à son opérateur Dominique Merlin : "Ramène-moi la peine des hommes !"

Tout suinte le réel dans "Le Crabe-Tambour". Cette manière sèche de parler quand on dirige un navire ("Je prends !"). Jean Rochefort qui se balade en tenue de commandant. Ces moments d'attente dans le ventre du navire. Les valeurs défendues par les officiers (honneur, donner sa parole...) Il faut dire que tout a été validé par la Marine et que les acteurs ont tourné en mer, avec les membres du vrai équipage.

Le problème, c'est la fiction

Non, le problème, dans ce film, c'est la fiction. Jean Rochefort, Claude Rich et un Breton alcoolo échangent sur un individu qu'ils ont bien connu, le Crabe-Tambour. Au moyen de flash-backs, dans un récit dense, ils recousent leurs souvenirs sur un homme qu'ils semblent tous porter en estime. Pour quelle raison ? On ne sait pas trop. Et c'est bien ça le problème.

Tout est axé sur le Crabe-Tambour, qui, malgré son charisme et son chat noir, manque de grandeur. Et pourtant, pour qu'un commandant tel Jean Rochefort soit autant en admiration devant lui, c'est qu'il en avait, le bonhomme ! 

Miné par ses longues séances de parlotte, une intrigue parfois complexe pour celui qui ne connait pas bien l'histoire de France, et manquant de lyrisme, le "Crabe-Tambour" sombre. Car Schoendorffer, trop collé à la réalité, a oublié de donner une envergure romanesque à son récit.

Mais, comme Le Jauréguiberry, soudain, à travers quelques séquences (celles documentaires, mais aussi du procès, par exemple), le film remonte miraculeusement au-dessus des flots. Et, à ce moment là, semble insubmersible.

Publié dans CiNéMa, N'ImpS !!!

Partager cet article

Repost 0

Un jour, j'habiterai un fort comme Sarah Bernhardt

Publié le par Chippily

Un jour, j'habiterai un fort comme Sarah Bernhardt

La comédienne Sarah Bernhardt (1844-1923), c'était quelqu'un. Du genre à se faire trimballer en chaise à porteurs dans les tranchées de la Première Guerre mondiale (bon, elle avait une excuse, elle venait de se faire amputer d'une jambe à cause de la tuberculose). A dormir dans un cercueil chez elle. A avoir un album de "Lucky Luke" à son nom. Ou à posséder une liste d'amants longue de cinq paragraphes sur Wikipédia.

Alors, quand la Haute de Paris se trouve une petite baraque à deux pas de la capitale, Sarah, elle, a un coup de coeur pour un endroit coupé du monde : Belle-île-en-Mer.

Vue sur la mer, sur les oiseaux...

Vue sur la mer, sur les oiseaux...

...et sur un phare, sympa l'annonce sur Le Bon Coin !

...et sur un phare, sympa l'annonce sur Le Bon Coin !

Rigolez pas : à l'époque, il y a avait 12 h de train entre Paris et Auray (3h40 environ aujourd'hui) et il fallait embarquer à Quiberon, sur une chaloupe qui "pouvait mettre plusieurs heures à arriver", affirme le site bretagne.com.

Sur la pointe des Poulains, elle tombe, à 50 ans (en 1894), sur un fortin militaire désaffecté (voir photos ci-dessus). C'est inaccessible (pour l'époque) ? Venteux ? Inhabitable ? Inconfortable ? C'est tout ce qu'elle aime. Elle l'achète.

Bon, par contre, quand il y a une tempête...

Bon, par contre, quand il y a une tempête...

Mais Sarah a besoin de place pour tous ses animaux et ses invités (dont le roi Edouard VII d'Angleterre, quand même). En 1897, elle fait construire deux maisons : la villa Lysiane (du nom de sa petite-fille) et les Cinq parties du monde (une allusion à ses tournées internationales). Et achètera une ferme et un manoir (détruit lors de la Seconde Guerre mondiale).

En 1922, fatiguée et malade, elle vend tout. Et meurt, une année plus tard. Elle rêvait d'un mausolée sur le rocher de Basse-Hiot. Pas de bol, elle devra se farcir des obsèques grandioses au Père Lachaise.

Aujourd'hui, on peut se promener sur le toit des Cinq parties du monde, qui contient un musée dédié à la comédienne. Quant à la ville Lysiane, elle abrite de nos jours l'office de tourisme...et les toilettes publiques.

La villa Lysiane...

La villa Lysiane...

...qui ressemble aussi à un fort, en fait.

...qui ressemble aussi à un fort, en fait.

Sympa pour la mémoire de Sarah Bern... Bern comment déjà ?

Un jour, j'habiterai un fort comme Sarah Bernhardt

Publié dans HoRs-cHaMp

Partager cet article

Repost 0

Le film qui était moins célèbre que sa soirée cannoise

Publié le par Chippily

Le film qui était moins célèbre que sa soirée cannoise

Quelqu'un se souviendra-t-il, dans 20 ans, que "I, Daniel Blake" a remporté la Palme d'Or en 2016 ? Pas sûr. En 1995, "Underground" d'Emir Kusturica remportait le trophée. Deux décennies plus tard, on n'a retenu qu'une chose de l'oeuvre : la fête furieuse à laquelle elle a donné naissance.

Quoi ? Vous avez raté l'anniversaire ?? Ne vous inquiétez pas, vous n'êtes pas les seuls. En 2015, "Underground" d'Emur Kusturica fêtait les 20 ans de sa Palme d'Or... et tout le monde s'en fichait.

Tout le monde...sauf le magazine "Première", qui a regroupé les acteurs de l'époque pour faire revivre LA fameuse soirée. Imaginez-vous un peu : le réalisateur serbe vient de remporter le trophée. Ce film, il a mis "tout son sang dedans". Alors, ce soir, pour fêter ça, il va se mettre torchon chiffon carpette. Il s'installe avec son équipe sur une plage. Les stars arrivent : Johnny Depp, Carole Bouquet, Harvey Keitel... 

Et puis, soudain, sans trop qu'on sache pourquoi, tout part en vrille. Bagarre générale. Ca se bastonne sur la plage, ça se poursuit, et y'a Johnny Depp qui se planque sous une table avec les enfants pour échapper à tout ça.

Emir dans "Lendemain de cuite".

Emir dans "Lendemain de cuite".

Sûr qu'un souvenir comme ça, ça s'entretient et ça se raconte. Mais le film dans tout ça ? Quasi rien. Juste quelques petites lignes pour rappeler qu'il avait secoué la Croisette et donné lieu à une polémique (du genre "Kusturica est-il fasciste ou non ?").

Pourtant, il y a quantité de choses à dire sur "Underground", oeuvre véritablement foisonnante.

30 000 m2 sous la terre

On remonte les compteurs : début des années 90. Emir Kusturica veut faire depuis longtemps un film où il pourrait doser drame et comédie. Il tombe sur une pièce du scénariste Dusan Kovacecic, l'histoire de deux mecs amoureux de la même gonzesse. "Et de l'un qui écarte son rival par un subterfuge et l'enferme 20 ans dans une cave en lui faisant croire que la guerre continue", explique Kusturica dans le making-of de son film.

Emir a une idée. Il va rendre la chose politique. Car le "communisme était une grande cave, où on n'a pas dit aux citoyens que la Seconde Guerre mondiale était finie". Cette grande cave fera précisément 30 000 m2. C'est le chef décorateur Miljen "Kreka" Kljakovic (celui qui chopa le César pour "Delicatessen") qui l'a décidé.

"C'est vrai qu'elle était pas mal, cette fête cannoise..."

"C'est vrai qu'elle était pas mal, cette fête cannoise..."

Octobre 1993 : le tournage commence. Rectificatif : le cauchemar commence. Suffit de savoir la doctrine de Kusturica pour le deviner : "Joue et crève." Et de savoir comment on l'appelle sur le tournage : "Dieu."

Le script est modifié chaque jour, les acteurs sont trempés jusqu'à l'os, blessés. Dans la cave, bondée, la fanfare joue tout le temps, on crie pour faire danser le singe Charlie, la fumée qui y règne pique les yeux.

"Ca donne envie de me tuer"

Dans le making-of, Emir Kusturica, pâle, jette un oeil mauvais à la caméra : "Tout ce monde et cette ambiance... Ca donne envie de me tuer." Le tournage s'étire jusqu'en janvier 1995, le producteur n'en peut plus.

Sept ans plus tard, Emir s'est calmé. Il se souvient tranquillement du film pour une interview filmée. "Je voulais à travers cette histoire expliquer comment les hommes et les femmes de mon pays avaient pu traverser les années Tito et s'imaginer avoir eu une "belle vie"."

Résurrection de nazis

Le sujet est intéressant. Le film l'est tout autant. Sur le point politique, on l'a déjà dit : Marlo, l'infâme qui fait croire à son ami que la guerre toujours sévit, représente l'état communiste. Mais fait aussi référence à un metteur en scène...ou un réalisateur tout puissant qui écrit au fur et à mesure (tiens, tiens) son script.

Dans "Underground", le pouvoir de la fiction transforme, ressuscite (pas de bol, c'est des nazis), se mêle à la réalité (d'ailleurs, c'est marrant de voir que le trafiquant d'armes russe est joué par...le producteur de Kusturica).

Et puis, comment ne pas penser aux grands concepts de la philosophie quand on a une histoire qui ressemble bizarrement à l'allégorie de la caverne de Platon, mise en images par un réalisateur qui lit jusqu'à 3h du matin du Jung sur le plateau de son tournage ?

Foisonnant, je vous avais dit. Et qui mérite peut-être un peu plus qu'un article sur sa fête cannoise...

 

Publié dans CULTE

Partager cet article

Repost 0

Julieta : du rouge, de l'Eurovision...et du déjà vu

Publié le par Chippily

Julieta : du rouge, de l'Eurovision...et du déjà vu

Je vous arrête tout de suite, avec votre "festival de Cannes ceci, festival de Cannes cela...". Ca suffit ! Déjà, hein, chez moi aussi y'a de l'eau et des bateaux, hein.

(photo Le Télégramme)

(photo Le Télégramme)

Chez moi aussi y'a de grands palaces et un immense palais des festivals consacré au cinéma.

Julieta : du rouge, de l'Eurovision...et du déjà vu
Julieta : du rouge, de l'Eurovision...et du déjà vu

Et déjà que la grande salle, elle est vachement grande ! Ouais ouais !

Julieta : du rouge, de l'Eurovision...et du déjà vu

En plus, on comprend rien à vos tweets. Ils ont hué la projection ou non, bordel ??!

En plus, on a même eu "Julieta" en avant-première, sans faire de queue de 2 h et sans badge rose, vert ou arc-en-ciel !

Pitcho, mon pitch : Julieta traine une tristesse infinie dans des rues de Madrid gorgées de soleil et de couleurs. D'ailleurs, c'est marrant, le film est comme une sorte de "Où est Charlie ?" mais avec la couleur rouge, qu'il faut trouver à chaque scène.

Julieta : du rouge, de l'Eurovision...et du déjà vu
Julieta : du rouge, de l'Eurovision...et du déjà vu
Julieta : du rouge, de l'Eurovision...et du déjà vu

Là... là... là...

Mais bon, de toute façon, "Julieta" a un souci avec les couleurs. Parce que, comment ça se fait que l'héroïne passe tout le film avec des cheveux blonds et qu'ils soient bruns sur l'affiche, hein ??

Julieta : du rouge, de l'Eurovision...et du déjà vu

Un jour, Julieta tombe sur une amie d'enfance de sa fille. Fille qu'elle n'a pas revu depuis belle lurette. Alors, hop ! Elle prend un cahier et commence à écrire tout ce qu'elle aurait voulu dire à sa fille. Par exemple, comment elle a chopé un ancien chanteur de l'Eurovision (je suis désolée, mais quand on s'appelle Xoan, on ne peut que être un ancien chanteur de l'Eurovision).

Julieta : du rouge, de l'Eurovision...et du déjà vu

Elle va d'ailleurs TOUT lui raconter. Par exemple, comment ils se sont branchés en parlant de cerfs en rut (moment chelou n°1). Ou comment ils ont copulé après le suicide d'un homme (moment chelou n°2).

Elle va lui conter les grandes épopées de sa vie...que sa fille connait déjà en fait. Mais on s'en fiche, fallait bien un prétexte pour commencer cette histoire, non ? Et puis, arrosons ça de musique angoissante à la Hitchcock, pour bien que ça fasse mystérieux...

Mais il y a un gros souci quand même : ce film, on l'a déjà vu mille fois. Au moins.

Julieta : du rouge, de l'Eurovision...et du déjà vu

La gouvernante flippante ? Déjà vu, et en mieux fait en plus. Le fameux événement dramatique ? Déjà vu, sans surprise et trop facile. Le refrain sur la reproduction des mêmes schémas et des mêmes erreurs de génération en génération ? Mille fois chanté. Un certain Emile Zola nous avait d'ailleurs déjà fait toute une série au 19ème siècle sur la transmission de tares de père en fils.

Alors bon, qu'est-ce qu'on sauve ? Une certaine langueur plaisante au début mais fatiguante à la fin (comment ça, il n'a duré que 1h40 et pas 2h30 ??). La beauté des plans. Le jeu des actrices. Le coup de la serviette, bien évidemment. Et...il semblerait que ce soit tout. Bien léger pour un candidat à la Palme d'Or...

Publié dans CiNéMa

Partager cet article

Repost 0

Un tournage en Birmanie

Publié le par Chippily

Un tournage en Birmanie

Il y a deux ans pile poil, je trainais mes guêtres (enfin, plutôt mes habits 100 % coton, faut pas déconner avec la chaleur) à Rangoun, dans le sud de la Birmanie. L'occasion de me faire une séance ciné un peu spéciale, mais aussi de passer derrière l'écran. Et de constater que, faire un film dans le pays d'Aung San Suu Kyi, c'est pas si facile que ça.

C'est une grande maison brune aux volets bleus. Devant la porte, des dizaines de tongs - on se déchausse avant d'entrer, c'est la tradition - entourent un paillasson "Welcome".

A l'intérieur, je peine à trouver une place dans le salon. Des rails pour faire un panoramique sont installés et une dizaine de techniciens s'affaire devant la scène : une jeune femme, longs cheveux noirs et robe rayée, textote.

Un tournage en Birmanie
Un tournage en Birmanie
Un tournage en Birmanie

On se croirait dans un studio...mais non, il s'agit bien d'une maison d'un particulier. Aux murs, les ancêtres scrutent la scène d'un oeil sévère. Dans le couloir, un chien traîne. A la table de la cuisine, c'est l'aînée qui fait ses devoirs. Et dans une chambre, la grand-mère garde un oeil sur trois frères et soeurs.

Un tournage en Birmanie

"Il n'y a pas de studio de cinéma en Birmanie", nous lâche la productrice Khin Sandar Mynt. Alors, on tourne toujours avec les 2-3 mêmes acteurs, dans les 2-3 maisons disponibles. 

Et toujours avec les mêmes histoires. Souvenez-vous mes copines blasées, m'avouant que, dans les films pour jeunes Birmans, c'était toujours un garçon qui hésitait entre deux filles. Tout pareil pour l'oeuvre qui est en train de se tourner sous mes yeux (impossible de traduire exactement son nom, mais il parlerait de la grande fête de l'eau qui a lieu en Birmanie).

Il y a le garçon, Sai Sai. Un petit gars connu dans le pays. Il joue, il chante... et il fait même de la pub pour du Paracétamol.

Non, non, ce ne sont pas des chewing-gums...

Non, non, ce ne sont pas des chewing-gums...

Et puis, il y a les deux filles. Shawn sèche pour les noms. Mais pas pour la fin de l'histoire qui se déroule sous nos yeux : Sai Sai repartira-t-il avec celle aux cheveux teints, au maquillage et à la tenue occidentale ?

Un tournage en Birmanie

Ou préférera-t-il la petite fleur birmane fragile, avec ses longs cheveux, sa petite bouille pâle et ses habits simples ?

Un tournage en Birmanie

Khin Sandar Mynt nous le confirme sans détour : "Dès qu'une comédie marche, les producteurs la reproduisent à la chaîne. Il n'y a plus que ça et les gens en ont marre."

Le tournage continue dans le jardin. Les acteurs et actrices sont réunis en cercle, tandis que le réalisateur, assis sur une chaise minuscule (une grande mode en Birmanie), regarde les rushes sur un téléviseur tenant miraculeusement sur un tout petit tabouret.

"Le problème, c'est le budget des acteurs, renchérit la productrice. Ils représentent 1/3 du budget total d'un film. Du coup, les producteurs diminuent les autres dépenses pour leur tournage." Et galèrent à trouver des techniciens pour mettre tout ça en boîte. "S'il y avait plus d'écoles consacrées à la culture et à l'art, ça irait beaucoup mieux", conclut Khin Sandar Mynt.

Un tournage en Birmanie
Un tournage en Birmanie
Un tournage en Birmanie
Un tournage en Birmanie

Publié dans HoRs-cHaMp

Partager cet article

Repost 0

"Pourquoi elle s'appelle Cécile De France si elle est Belge ?"

Publié le par Chippily

Lundi 2 mai, l'équipe du film "Ôtez-moi d'un doute" était en tournage dans les rues de Vannes. Et j'y étais... (photo : Osterwoman)

Lundi 2 mai, l'équipe du film "Ôtez-moi d'un doute" était en tournage dans les rues de Vannes. Et j'y étais... (photo : Osterwoman)

Et soudain, c'est le drame. Il pleut. Mais pas de la vraie pluie, non. C'est l'autre, en haut, qui nettoie la façade de l'immeuble avec un jet d'eau. Et ça éclabousse ! Et ça fait un boucan de tous les diables !

En bas, dans la rue Francis-Decker, à Vannes (Morbihan), ça jette des regards inquiets vers l'hurluberlu. C'est qu'on veut tourner une scène, bordel ! Et que y'a François Damiens qui attend en tirant sur sa clope.

Ca s'appellera "Ôtez-moi d'un doute", répète l'assistante en menant les piétons égarés derrière les barrières. Et oui oui, c'est un film qui sortira sans doute l'an prochain.

Tout le monde regarde l'acrobate des airs...et personne ne semble remarquer la petite pharmacie qui clignote. Et pourtant...

Tout le monde regarde l'acrobate des airs...et personne ne semble remarquer la petite pharmacie qui clignote. Et pourtant...

Le bruit a cessé. Mais c'est que l'acrobate s'est emmelé dans ses cables, le con ! Il redescend enfin en rappel, traverse la rue, penaud. Ca soupire de soulagement en bas. Les choses sérieuses vont commencer. Parce que y'a pas que François Damiens qui attend : deux voitures sont prêtes à faire hurler les moteurs et les figurants piétinent.

On répète. Cécile de France traverse la rue d'un pas sévère, emmitouflée dans une grosse veste, une lettre à la main. François Damiens, en pull, la suit en courant. "Madame ! Madame !" 

Derrière les barrières, ça commente sec. "Il est où, François Damiens ? C'est qui ?" "C'est celui avec le crâne presque chauve. C'est le père dans La famille Bélier." "... Je vois pas qui c'est, je vais pas voir tous les films au cinéma, moi !" ; "Mais si, tu sais, il a joué dans des caméras cachées ! Si ça se trouve, il en a fait à Vannes..." ; "Elle est belge, Cécile de France ?! Mais pourquoi elle s'appelle De France, alors ?" "Ca doit être un pseudo."

Trouveras-tu sur cette photo : un gars qui a froid ? un gars qui s'ennuie et qui textote ? la direction du quartier médiéval ? le floutage de plaque très discret ? François Damiens en train de tirer sa clope ?

Trouveras-tu sur cette photo : un gars qui a froid ? un gars qui s'ennuie et qui textote ? la direction du quartier médiéval ? le floutage de plaque très discret ? François Damiens en train de tirer sa clope ?

On coupe. Un cycliste se faufile. S'arrête devant la scène du tournage et dégaine son smartphone pour prendre des photos.

De l'autre côté, y'a Cécile de France et François Damiens qui soufflent. Un coiffeur réajuste les cheveux blonds de la Belge, qui a dû troquer sa veste d'hiver contre une petite en cuir pour les vraies prises de vue. La réalisatrice lui glisse un : "Tu dois être plus ferme, ta vie en dépend." François Damiens, pourtant sous le soleil, prend un parapluie.

Entre les prises, ça "selfise", ça prend des photos à la dérobée, ça dit des choses à l'oreille de François Damiens en rigolant. L'équipe râle. Elle va voir l'agent complètement dépassé par l'événement, lui murmure qu'il faut que ça cesse, que ça déconcentre les acteurs. Il hoche la tête, fait reculer tout le monde.

"Pourquoi elle s'appelle Cécile De France si elle est Belge ?"

Y'a pas que les passants qui reculent. Cécile de France aussi. Elle heurte un curieux. "Excusez-moi Monsieur, hein", grince-t-elle. Depuis le petit train touristique, on essaye de choper des photos du tournage, pendant que les assistants gueulent sur les spectateurs. "Madame, je vous ai dit d'aller plus loin !!"

C'est fini. L'agent, toujours aussi dépassé, renâcle à laisser partir la foule. "Mais si, tu peux !" lui fait tranquillement son collègue de l'autre côté de la route. Une voiture de police bloque la voiture d'une assistante. "Hé ! Il faudrait que quelqu'un la déplace ! Je peux pas sortir !" crise-t-elle. Les agents la toisent : "Bah, appelez la police !"

A quelques mètres de la fameuse pharmacie...

Les curieux se sont précipités vers François Damiens. L'assistante a réussi à prendre sa voiture...qu'elle amène dix mètres plus loin pour permettre à Cécile de France de s'y engouffrer aussitôt. Dernières photos, puis la voiture démarre et les vitres teintées se referment sur les visages des acteurs belges.

Les baudauds se dispersent. Les équipes techniques plient bagage. Dans quelques minutes, la rue Francis-Decker sera rendue à la circulation et au lèche-vitrine. Tout le monde sera parti et n'aura même pas remarqué la petite enseigne à la croix verte clignotante. Une pharmacie discrète et, pourtant, qui fut tenue par un certain Monsieur Resnais. Le père d'Alain. Et sûr que, s'il avait été là, collé à la vitre, fourré entre les boites de Smecta et les Doliprane, il aurait bien ri devant tout ce cirque, le petit Alain.

Publié dans HoRs-cHaMp

Partager cet article

Repost 0

J'ai vu la nouvelle série de France 3 et y'a de l'espoir (un peu)

Publié le par Chippily

J'ai vu la nouvelle série de France 3 et y'a de l'espoir (un peu)

Ce samedi 7 mai au soir passera sur France 3 ce qui sera sans doute les épisodes pilotes de la nouvelle série de la chaîne (qui attend de voir les audiences avant de se lancer dans de nouveaux tournages) : "Agathe Koltès". L'histoire d'une femme commandant qui débarque à Vannes pour des raisons mystérieuses et qui va servir sous les ordres de sa fille...qui a un peu une dent contre elle. J'étais à l'avant-première.

Une femme a levé la main. Vite, le micro passe de spectateur en spectateur. Elle le saisit. Le son grésille un peu. "D'abord félicitations, j'ai bien aimé, commence-t-elle d'une voix assurée. Bon, il y a quelques petits défauts..."

Les 260 personnes présentes ce lundi 2 mai dans la salle de projection du Palais des Arts de Vannes éclatent de rires. Sur l'estrade, même l'équipe de la nouvelle série de France 3, "Agathe Koltès", qui vient de présenter son bébé, rit de bon coeur. 

"Ah bon ?" se marre Julien Dewolf, producteur délégué. "Comment ça ?" La dame ne perd pas son aplomb. "On va dire que y'a un peu de surjeu, hein... Mais bon, c'est normal, les acteurs veulent tout donner !" Et soudain, elle bat en retraite. "Mais comme on dit, une symphonie sans fausse note n'est pas parfaite !"

Je coule un regard amusé vers ma voisine. C'est vrai qu'"Agathe Koltès" a "quelques petits défauts". Il y a ce jeu parfois peu naturel. Cette réalisation qui fait de drôles de trucs (c'est quoi ce zoom et dézoom en panoramique sur une inscription ??). Des situations attendues, des clichés, des rapports entre des personnages qui évoluent trop vite ou qui sont étranges (mais pourquoi Fontaine a-t-il directement dans le nez Koltès ?)... Mais...

J'ai vu la nouvelle série de France 3 et y'a de l'espoir (un peu)

Mais il y a cette intrigue pas si en toc que ça. Il y a aussi cette volonté de sortir des images cartes postales du Golfe du Morbihan en filmant les côtes à marée basse, dans la brume, dans un hiver maussade.

Et puis, même s'ils sont pour l'instant un peu en roue libre, il y a les acteurs. Et surtout lui :

J'ai vu la nouvelle série de France 3 et y'a de l'espoir (un peu)

Serge Riaboukine, en vieux flic dandy, qui, bien exploité, peut nous faire des étincelles. Je vous le dis, en vérité, il y a de l'espoir et du potentiel dans "Agathe Koltès". Il faut juste savoir l'exploiter. Et ça, c'est pas forcément gagné...

 

PS : Je connais bien Vannes. Et c'est toujours marrant de comparer les lieux de fiction et la réalité. Parce qu'en vrai, Madame Koltès, on peut pas se garer sur le port comme ça, au milieu de l'esplanade piétonne ; et encore moins se promener sur les pontons, c'est réservé aux gens qui ont un bateau. Mais le pompon c'est quand même que vous avez votre bureau là :

J'ai vu la nouvelle série de France 3 et y'a de l'espoir (un peu)

 Et que là, c'est le château de l'Hermine, un hôtel particulier construit sur les ruines de la résidence des ducs de Bretagne, et auquel on n'accède pas vraiment comme ça. De sacrés veinardes, ces forces de l'ordre...

Publié dans SéRiEs

Partager cet article

Repost 0

Le manoir magique : Sarkozy contre Tonnerre le chaton

Publié le par Chippily

Le manoir magique : Sarkozy contre Tonnerre le chaton

A première vue, "Le manoir magique" a tout l'air d'un film d'animation banal et inoffensif : l'histoire d'un petit chat, Tonnerre, qui cherche à sauver le manoir d'un magicien habité par des animaux et des jouets magiques... sur lequel veut faire main basse l'infâme neveu, agent immobilier.

Le film, adapté d'un court-métrage 4D d'un parc d'attraction belge, se veut être un (très édulcoré) parcours de maison hantée : on voit parfois la scène à travers les yeux du chat, des objets jaillissent à l'écran, il y a des péripéties en tout genre... 

Comme ça, ça a l'air gentillet, mignon comme tout, parfait pour une soirée en famille devant le feu qui grésille... Sauf que. Sauf que "Le manoir magique" n'est pas un simple film d'animation car :

HYPOTHESE N°1 : C'est un film d'anticipation politique

En cause ? Le méchant du film :

Le manoir magique : Sarkozy contre Tonnerre le chaton

Un brushing impeccable, un costume cravate, un air à tout le temps manigancer quelque chose... Mais oui ! C'est Nicolas Sarkozy, l'ancien président de la République française !!

Le manoir magique : Sarkozy contre Tonnerre le chaton

Et là, ça change tout.

On reprend le film depuis le début : c'est l'histoire de Nicolas Sarkozy qui vient de perdre les élections présidentielles ("Le manoir magique" est sorti en 2013). Alors, comme il faut bien se réorienter, parce qu'il ne va quand même pas rester en politique avec toutes les casseroles qu'il se traine (hum hum), il réfléchit à un nouveau métier.

Il se dit que, quand même, il a réussi à faire croire aux autres dirigeants européens que la France était un grand Etat, fort, puissant. Oui, il pourrait faire gober n'importe quoi aux gens, hahaha. Et faire vendre n'importe quoi. Allez ! Il deviendra agent immobilier.

Ca tombe bien, son oncle, le magicien Lorenz (inspiré par Pierre Richard !!) a une chouette baraque : un immense manoir... mais où vivent de pauvres animaux vieux ou abandonnés et des jouets tout mignons. Mais vu que Nicolas est une caricature de la droite dure, tout ce qui l'intéresse, c'est le pognon, et il va tout faire pour se débarrasser de ces occupants.

Ca tombe bien, il a encore des amis riches et bling-bling qui pourraient être intéressés par l'affaire.

Le manoir magique : Sarkozy contre Tonnerre le chaton

Je ne vous dévoilerai pas la fin mais vous laisse deviner si la reconversion de Nicolas était gagnante ou non.

HYPOTHESE N°2 : C'est le récit de la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012

Un récit tout en métaphores bien sûr. Où le méchant essaye de piquer la place d'un homme qui a le contrôle d'un manoir. C'est marrant, justement le surnom de l'Elysée, c'est le Château...

Reste plus qu'à deviner qui sont les animaux qui lui résistent et l'empêchent de s'approprier les lieux : les Français ? Ses adversaires politiques ?

Maintenant qu'on en parle, le vieux lapin grincheux, ça pourrait être... 

Le manoir magique : Sarkozy contre Tonnerre le chaton

Non, non, je vous laisse imaginer. Et quant au couple d'oiseaux qui fait caca partout, je ne veux même pas me demander qui ça pourrait être...

Ce mercredi 4 mai, à 20 h 55, sur France 4.

Publié dans CiNéMa, N'ImpS !!!

Partager cet article

Repost 0