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Quoi ?!?

Publié le par Chippily

J'en reviens pas : "Ce qu'il restera de nous", l'horrible court-métrage dont je vous parlais (souvenez-vous : la meilleure surexposition, le plan le plus moche du cinéma, tout ça)...a été nominé aux Césars. Incompréhensible.

Cesar-court-metrage.jpgHeureusement, certaines autres nominations des Césars paraissent déjà plus logiques : si vous voulez les découvrir, c'est ici

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"Le Débarquement", "Le Vol des Cigognes" : quand Canal+ déçoit

Publié le par Chippily

     Le Débarquement000

"Le Débarquement" nous promettait une tranche de rires haut de gamme, sorte de "Saturday Night Live" à la française, tandis que "Le Vol des Cigognes" nous faisait déjà décoller avec ses teasings mystérieux aux images léchées. Au final, deux déceptions profondes. Remboursez ?

"Le Débarquement" n'aura pas lieu

Au départ, un casting de luxe : Dujardin, Canet, Cotillard, Lellouche et Cie. Au départ, une idée géniale : proposer une émission d'humour décapante en direct. Et au final ? Une émission bancale. Et surtout, pas drôle pour un sou. D'accord, les acteurs osent tout et surtout n'importe quoi (cf. Guillaume Canet n'hésitant pas à se ridiculiser dans un sketch sans queue ni tête avec un cirque, ou alors Marion Cotillard qui...enfin, regardez par vous-mêmes), prennent un pied fou à jouer...mais un bon jeu ne comble en rien une écriture faiblarde (l'écriture ne serait-elle pas d'ailleurs une faiblesse française dans le monde de l'audiovisuel ?), et les maladresses sont nombreuses (JoeyStarr joue encore une racaille, le sketch sur le magazine "Tavu" - sosie de "Voici" - ressemble plus à une vengeance personnelle mesquine envers cette presse qu'à un véritable sketch comique...). Le meilleur dans l'histoire ? Un sketch censé se dérouler en 2045, déroutant, cruel, d'un humour noir absolu...et donc absolument génial. C'est peu pour une émission d'une vingtaine de saynètes...que Canal+ a décidé de renouveler.

Le crash des cigognes

"Le vol des cigognes " avait tout pour plaire : un réal français bien barge (Jan Kounen), des images magnifiques, un casting international (coucou Rutger Hauer), et une histoire tirée d'un livre du célèbre Jean-Christophe Grangé..Et pourtant, après la vue de la première partie (sur deux), la déception est grande. Le téléfilm a un mal fou à démarrer, l'histoire patauge, et le tout se regarde avec un ennui poli. Pire, à la fin de ce premier épisode, (presque) tous les enjeux dramatiques semblent déjà résolus. Alors, on allume sa TV pour la 2ème partie ? Pas sûr...

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Les plus belles poses des Golden Globes 2013

Publié le par Chippily

Golden-globes-2013-glenn-close0000.png

(Ou presque)

C'est la nuit dernière que se sont tenues aux Etats-Unis les "Golden Globe Awards", sorte d'anti-chambre des Oscars, où les meilleurs films et séries de l'année ont été récompensés. Pas de bol pour nous : si "Amour" - coproduction franco autrichienne - est reparti avec le trophée du meilleur film étranger, "The Intouchables" ainsi Marion Cotillard et son orque sont repartis bredouille. Pas grave, y'avait plein de trucs chouettes à voir lors de cette édition 2013. Par exemple un Autrichien qui reçoit son trophée des mains d'un Autrichien, tandis qu'un autre Autrichien en remporte un ; Tommy Lee Jones même pas récompensé pour ses travaux capillaires ; ou encore Jennifer Lawrence qui dit sur le ton de la plaisanterie quelque chose qui pourrait être totalement vrai.

Golden-globes-2013-jennifer.jpg

A signaler que pour les stars aussi c'est la crise : n'ayant plus assez d'argent pour s'acheter des chaussures, elles ont misé sur la robe longue pour cacher leurs petons nus.

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(sinon, le palmarès complet [des films et séries primés, pas des robes longues, hein], c'est ici !)

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On en est ravis...

Publié le par Chippily

Lena Dunham

Traduction : Lena Dunham à la Première de la série "Girls" : "Je ne porte pas de sous-vêtements" (article issu du site People.com)

[Un jour il faudra que je fasse un article sur la presse américaine, sur ses Unes pas du tout étranges et sur ses articles aux informations indispensables]

Publié dans N'ImpS !!!

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De la triste fin des méchants

Publié le par Chippily

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!! ATTENTION !! Article à base de concentré de spoilers des films "The Dark Knight Rises" et "Avengers" !!!

Cet été, les blockbusters "The Dark Knight Rises" et "Avengers" ont fait le buzz. Mais ont réservé un triste sort à leurs méchants respectifs, en les faisant disparaitre de l'intrigue en trois coups de cuiller à pot. Pourquoi une telle haine ? "The Chippily Show" tente d'expliquer cette cruauté en trois points :

- A cause du "symptôme du twist". Le twist ? Une manière habile de renverser au dernier moment l'histoire, de révéler un retournement de situation totalement inattendu. Dans le dernier Batman, c'est le rôle de Marion Cotillard qui soudain prend une importance considérable, reléguant le grand méchant Bane au second plan. Du coup, qu'est-ce qu'on fait de ce gros musclor ? On l'élimine rapido presto, et en plus on fait une petite blagounette. Sale temps pour les méchants.

- Pour faire des gags cartoonesques. Ok, on fait une petite blagounette une fois Bane éliminé, ce qui n'est vraiment pas gentil, vous en conviendrez. Mais dans "Avengers", c'est pire. Après avoir donné un charisme de fou à Loki - aka Tom Hiddleston - , le montrant comme un pilier de l'empire du Mal que rien n'arrête, on se tape un petit délire, et on décide subitement que Hulk va faire joujou avec le Dieu nordique. Hilarant. Mais en terme de dramaturgie, drôlement plombant, puisque le Dieu du Mal se fait couvrir de ridicule, ce qui ne fonctionne pas du tout dans l'intrigue. Et, encore une fois, ceci aussi au nom du twist, puisqu'un méchant encore plus méchant que le méchant (vous avez suivi ?) fait son apparition, et que le méchant pas tellement méchant que ça au final, on en a plus vraiment besoin.

- A cause de... François Hollande. D'accord, un Bane shooté dans le dos ce n'est pas vraiment héroïque. C'est plutôt assez bête comme mort. Comme dans la vraie vie, quoi, où les morts ne sont pas toutes glorieuses, loin de là. Ce qui est donc normal. Normal ? Vous avez dit normal ? Mais attendez... c'est le crédo de notre nouveau président de la République !! Les Américains se seraient-ils alors inspirés de notre François national ? Après les films reaganiens des années 80 - reprenant le nom de ce célèbre cow-boy président de Ronald Reagan - les années 2010 seraient-elles les années hollandaises ?

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Du Grain à Démoudre : un festival fort de café

Publié le par Chippily

Festival-du-grain-a-demoudre.png

Y'a pas que Deauville ou Cabourg comme festivals de cinéma en Normandie ! Depuis 2000, "le festival Du Grain à Démoudre", organisé par des jeunes de 12 à 25 ans, fait son petit chemin. Portrait de ce festival atypique et petit aperçu de ce qu'a réservé l'édition 2012.

En novembre, j'ai eu envie de prendre l'air. Alors je suis partie à Paris. Ah, Paris... La capitale ! La ville romantique ! Mais aussi la ville où dans les gares le sandwich basique est à 4 euros, et où tu te demandes si tu vas pas piquer un peu de papier hygiénique, histoire de rentabiliser les 50 centimes dont il faut s'acquitter pour pénétrer dans l'antre sacrée des toilettes. Nothing to do here ! J'ai remis mon sac à dos (bon, pour de vrai j'avais une valise à roulettes, mais c'est pour l'image, hein) et j'ai pris le prochain train qui entrait en gare, direction la Normandie. Ah, la Normandie... Ses vaches, ses vertes contrées... En fait plutôt ses immenses grues du Havre et son vent glacial. Mais il faisait beau, et n'ayant pas envie de poursuivre jusqu'en Angleterre, j'ai décidé de me poser là. Et voilà pas qu'au détour d'un chemin, devinez sur quoi je tombe ???

festival-du-grain-a-demoudre-020.JPGUne sculpture bizarre. Et quand je me retourne :

festival-du-grain-a-demoudre-021.JPGfestival-du-grain-a-demoudre-022.JPGUn festival de cinéma. Un festival de cinéma !!! Je ne suis pas à Cabourg. Ni à Deauville. Non. Je suis à Gonfreville l'Orcher, où on célèbre la 13ème édition du Festival Du Grain à Démoudre.

A l'origine, une association conçue pour rapprocher les jeunes et le cinéma. Un festival est lançé dans la foulée, en l'an 2000. Objectif : trouver des pépites audiovisuelles et les ramener pour les projeter - et les juger - en Normandie. Et ce sont les jeunes, âgés de 12 à 25 ans, qui se déplacent dans toute la France pour les dénicher. Festival de Cannes, de Montpellier, de Deauville... Ils sont infatiguables. Et,lors du festival, donnent le tournis. Ils organisent un atelier maquillage de zombies, accompagnent une Claire Keim - membre du jury  - fredonnant un air de musique jusqu'au buffet, lancent une soirée morts-vivants, présentent tout sourire réalisateurs et acteurs québécois, slovènes ou américains qu'ils ont eux mêmes convaincu de venir... Et tout ça rien qu'en carburant au Coca et aux friandises, oui Monsieur. Petit récapitulatif en trois points du week-end de compétition de l'édition 2012 si vous avez manqué ça :

festival du grain à démoudre 006Le (jeune) homme du festival : Antoine Olivier Pilon

Il arrive d'un pas décontracté, en T-shirt, jeans, basket, puis, en se voyant à l'écran, lâche un : "Avec mes cheveux longs, on aurait dit Justin Bieber !". Lui, c'est Antoine Olivier Pilon, acteur titre du film québécois "Frisson des collines", à peine 14 ans et déjà une aisance  et une auto-dérision à faire pâlir les plus grands. Au départ, pas un enfant de la balle : "personne de ma famille ne travaillait dans le cinéma. Ce qui m'a donné envie de devenir acteur, c'est quand j'ai vu des jeunes de mon âge à la télé". "Frisson des collines", c'est son premier rôle. L'histoire d'un enfant des sixties rêvant absolument de participer au festival de Woodstock, mais qui va devoir faire face à la mort de son père. Un film léger, sympa, parfois un peu naïf et cheap, mais dans lequel le jeune Antoine fait des merveilles - il remportera lors du festival un prix pour son interpération et le film se verra sacré long-métrage préféré des spectateurs. "J'avais certains points communs avec le personnage, ça a aidé, et j'avais une coach pour me préparer", avoue le jeune homme. Depuis, Antoine s'est trouvé un nouveau rôle : celui d'un jeune hockeyeur sur glace dans le film québécois "Les Pee Wee 3D". Et partage en souriant ses découvertes françaises. "Chez nous, au Québec, on a pas de Citroën... Et puis le truc pour se sécher les mains où il faut tirer pour pouvoir essuyer ses mains, j'ai pas osé y toucher !". Un étonnement qui continuera lors du festival : "Comment ça, vous dites pas "les chemises de l'archi-duchesse" ?!?".

Ce-qui-restera-de-nous.png

Le film qui a fait jaser : "Ce qu'il restera de nous", de Vincent Macaigne

Ca commence par une présentation bizarre. Vincent Macaigne, venu avec son équipe présenter son court-métrage "Ce qu'il restera de nous", bafouille, baragouine, se reprend, s'emmêle... Jusqu'à hurler un : "Bon, de toute façon tout le monde s'en fout !". Et puis, après, il y a le film. L'histoire d'un marginal, qui touche l'héritage de son père. Ou quelque chose comme ça. Le héros gueule sur des gens, récupère un pot d'échappement qu'il enterre dans un jardin, se déshabille devant la copine de son frère, prend son bain dans des positions bizarres, une femme se barbouille de rouge à lèvres... Ajoutez à ceci la palme du plan le plus moche et la palme de la plus belle surexposition et vous aurez...3 prix au festival de Clermont Ferrand. Fin du film. Deux personnes se lèvent et applaudissent. Ma voisine est en train de s'étrangler de rire. Et dans le reste de la salle, c'est un silence de stupéfaction. Grosse arnaque ou film du siècle ? Le grand jury a son opinion en sous-entendant séchement au réalisateur que son film aurait toute sa place dans un canisite. Et chez les organisateurs on se refile la patate chaude : "ah bah non, c'est pas moi qui l'ai sélectionné ce film ! D'ailleurs j'ai toujours pas compris comment il s'était retrouvé dans la sélection officielle...".

Curfew

Le film qui a tout raflé (ou presque) : "Curfew" ("Couvre-Feu" en VF)

Un homme est en train de se suicider dans son bain. Le téléphone sonne. C'est sa soeur, qui se met à l'engueuler pour qu'il garde sa fille, car "de toute façon il n'a rien de mieux à faire". L'homme accepte. Tel est le début totalement frappé, sidérant, donc génial de "Curfew", le court-métrage de Shawn Christensen, film sur la relation entre deux êtres qui apprennent à se découvrir. C'est un succès foudroyant : sur les 5 jurys composant le festival, "Curfew" remportera l'adhésion de 4 d'entre eux pour le prix du meilleur court-métrage. Dommage que le réalisateur n'ait pas fait le déplacement. Mais du côté des organisateurs, on préfère en rigoler : "Il va halluciner quand il va recevoir tous ses trophées par la Poste !". Des prix qui ont peut-être porté chance à Shawn Christensen : il vient d'être nominé dans la catégorie Meilleur Court-Métrage des Oscars 2013.

Et voilà, c'en est tout de mon résumé de cette (géniale) édition 2012 du festival Du Grain à Démoudre. Pour voir tous les résultats, vous pouvez cliquer ICI. J'ai juste une petite déception concernant la compèt, que le court-métrage "Tuba Atlantic" n'ait pas été primé, rien que pour son histoire de dingue : un grand-père, grand amateur de massacres de mouettes, apprend qu'il n'a plus que 6 jours à vivre, et reçoit la visite d'une jeune fille du Club Jésus, qui, pour monter dans sa hiérarchie et devenir "ange de la mort", doit accompagner quelqu'un jusqu'à ce qu'il meure. Et le grand-père n'est pas son premier client...

FILLE : J'ai déjà essayé avec 2 personnes avant, mais ça n'a pas marché.

GRAND-PERE : Pourquoi ?

FILLE : Elles ont survécu.

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Mesdames, pour être belles en 2013...

Publié le par Chippily

...faites comme Jennifer Lawrence :

Jennifer-Lawrence2.jpg

     Mangez des fleurs !

(Une du "Vanity Fair" de février. J'vous jure, ils savent plus quoi inventer pour leurs photos...)

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Rencontre avec Michel Ciment

Publié le par Chippily

En 2012, on n'a pas que fêté la non-fin du monde, non. On a aussi fêté :

Oscars-2012-0027-2.jpg

"Positif" ? C'est une revue de cinéma éternelle concurrente des "Cahiers du Cinéma", qui propose des entretiens et des analyses de malade (par contre faut pas l'acheter si vous voulez pas vous faire spoiler la fin des films), et qui peut se vanter d'être "la meilleure revue de cinéma du monde" selon Martin Scorsese. En 2012, la revue fondée en 1952 à Lyon par Bernard Chardère soufflait ses 60 bougies. L'occasion de rencontrer son directeur de publication et grand analyste du cinéma, Michel Ciment, venu à Strasbourg en début d'année parler de son métier, de "Positif"...mais aussi venu balancer sur Langmann, "The Artist" ou encore Spielberg.

Il arrive la mine sérieuse. Presque grave. Michel Ciment ne plaisante pas avec le cinéma. Ni avec le métier de critique de cinéma. "On devrait créer un permis critique, comme il y a un permis de conduire, avec une auto-école, pour ne pas mener le spectateur dans le fossé", plaisante t-il dans le film qu'il est venu présenter aux étudiants de l'université de Strasbourg, Le cinéma en partage, oeuvre de Simone Laine à son honneur sortie en 2009. Initiative de la réalisatrice qu'il encourage vivement. "Il n'y a pas beaucoup de portraits de critiques... J'espère que ça donnera envie à certains de faire de pareils films. C'est important d'avoir une mémoire du cinéma". Mais quand on l'interroge sur la qualité des critiques actuels, Michel Ciment se montre tout d'abord sceptique. "A l'époque, les critiques en savaient plus que leurs lecteurs, et donc leur apprenaient des choses. Mais aujourd'hui, grâce au développement des livres sur le cinéma, des DVD – vous vous rendez compte, à mon époque La Règle du jeu était introuvable ! - les spectateurs en savent plus que les gens qui tiennent une rubrique de cinéma dans un journal !". Et pourtant, il reconnait que "paradoxalement, on a jamais aussi bien écrit sur le cinéma". Car, grâce aux DVD et livres, force est de constater que le cinéma s'est démocratisé et qu'il est aujourd'hui un des arts les plus populaires. "Regardez les Oscars ! Il y a 50 ans, personne ne s'y intéressait !".

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Mais si on sait l'amour que porte Michel Ciment au cinéma, difficile de savoir quels genres de films il aime. "J'aime le cinéma qui établit un rapport avec le spectateur, mais je ne suis pas du côté des cinéastes qui cherchent à tout prix à plaire", assure t-il (avec en arrière-pensée le dernier film de Spielberg, Cheval de Guerre qu'il trouve "très décevant" ?). Les documentaires n'ont pas l'air d'être sa tasse de thé non plus. "Il y a moins de Fellini, de Godard, dans le documentaire que dans la fiction, observe t-il. C'est souvent le sujet qui prime dans le documentaire. Jamais je ne me suis dit : "oh, c'est une véritable révolution formelle !". C'est un genre limité, car le réalisme est limité. Mais, incontestablement, il y a des chef d'oeuvre dans le documentaire : Le Chagrin et la pitié n'a pas d'équivalent dans la fiction". La comédie aussi semble le rebuter : ne déclarait-il pas à Libération, il y a 10 ans, que ce genre en France était en "crise grave", manquant de "nuance, d'élégance [et d'] invention"? "La comédie, c'est le genre le plus difficile, avoue Michel Ciment. Elle n'est parfois pas reconnue à sa juste valeur. Il y a toujours eu des auteurs de comédie de talent : De Broca, Pierre Salvadori... Ou alors les auteurs de Mammouth ! Mais Bienvenue chez les ch'tis, c'est le degré zéro de la mise en scène ! Intouchables, c'est vrai que c'est un peu mieux. Il y a aussi un côté élitiste dans le monde du cinéma qui dit qu'on ne doit pas faire d'efforts artistiques pour la comédie. Ce genre est rarement novateur de manière formelle, on privilégie surtout auteurs et acteurs. En France, le grand problème, c'est qu'au-delà d'un certain budget, on ne prend plus de risques". Malgré tout, Michel Ciment reconnait des coups de coeur dans les sorties actuelles. "On a beaucoup aimé Bullhead à la rédaction. Et The Descendants aussi". Mais n'hésite pas à froncer les sourcils pour d'autres. "The Artist... C'est pas le film de l'année. C'est juste un bon petit pastiche".

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On l'aura compris, Michel Ciment ne fait pas dans la langue de bois. Et ses victimes s'accumulent au fur et à mesure de son discours : Thomas Langmann (qui "se permet de cracher sur les petits qui lui font de l'ombre"), le journal Le Monde ("leur présentation du box-office de la semaine est aberrante. Au restaurant, on ne va pas dire : c'était excellent, mais il n'y avait personne dans la salle donc ce n'était pas bien"), la 3D ("Je n'y crois pas. A part Avatar et Pina et parfois quelques moments d'Hugo Cabret... Et voir 4 films dans la même journée avec des lunettes sur le nez, c'est très inconfortable"), Jean-Luc Godard ("Film Socialisme, on ne va pas en parler si on a pas aimé", "Il n'y a que Godard pour reprocher aux Français de ne pas avoir fait de films contre l'Occupation en France")... et les Cahiers du Cinéma en général ("ils ont assassiné certains cinéastes pour prendre leur place"). Pourtant, quand on lui pose la question de la guerre entre les deux magazines, le directeur de la publication de Positif s'empresse d'affirmer que tout va bien. "Nous ne sommes pas des frères ennemis. Aujourd'hui, j'ai de très bons rapports avec Stéphane Delorme. Il y a beaucoup de choses qui nous séparent, mais j'aime ça. La France est le seul pays où il y a 2 revues en émulation". De même, alors qu'il affirme dans un premier temps que "le critique et le cinéaste font le même travail", il rit au nez de ceux l'interrogeant sur ses envies de cinéastes. "Excusez-moi, mais c'est une question bateau ! Il faut une nécessité profonde pour passer à la réalisation, et ce n'est pas mon cas. Les gens n'entrent pas à Positif pour devenir metteurs en scène, car sinon on veut bien se faire voir et ça fausse tout".

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Sournois, Michel Ciment ? Peut-être. Mais son envie et sa passion envers le cinéma et sa revue le pardonnent. Ainsi, après plusieurs questions sur sa personne et ses impressions, il lance un vibrant : "Mais parlons un peu de Positif, vu que c'est les 60 ans !". Car c'est avant tout un anniversaire que Michel Ciment est venu fêter avec l'université de Strasbourg. Un anniversaire marqué par l'apparition de la couleur dans le magazine. Car celui qui affirmait que le cinéma était avant tout "un art commercial" ("quand on devient commercial, on perd son talent, disent certains. Mais le cinéma est commercial ! Les arts du spectacle doivent remplir des salles. Au théâtre, je ne connais aucun grand dramaturge qui n'ait jamais eu de succès") ne cache pas sa volonté d'attirer de nouveaux publics pour lesquels "la couleur était un manque". Changement esthétique, certes, mais pas de mentalité. "Je suis trop âgé pour changer de manière de penser. Et puis, maintenant, on a une vitesse de croisière". Avant de conclure malicieusement : "donc rassurez-vous, ou inquiétez vous, il n'y aura pas de changement éditorial".

 

 

Publié dans HoRs-cHaMp

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2012, année du Cheval...ou pas

Publié le par Chippily

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A l'image d'un PSY mimant des cavalcades endiablées dans les écuries de Corée du Sud, ils ont été de nombreux réalisateurs à avoir pris comme animal fétiche le cheval en 2012. Et, contrairement au fougueux asiatique, nombreux à s'être viandés en beauté. Retour sur ces films qui ont été (très très très) loin d'atteindre le milliard de vues de "Gangnam Style".

Cheval-sport-de-filles0.pngSport de filles - Patricia Mazuy - sorti le 25/01

C'est l'histoire de Gracieuse, cavalière émérite brute de décoffrage, qui du jour au lendemain, se fait piquer la jument qu'on lui avait promise. Vénère, Gracieuse va alors proposer ses services de palefrenière dans les écuries de Josiane Balasko, où le fatigué Bruno Ganz donne des cours de cheval à la Haute. Gracieuse va jeter son dévolu sur un bourricot rejeté par tous...et c'est là que les ennuis commencent. Pas pour Gracieuse, non. Mais pour moi, pour raconter l'histoire, parce qu'ils semblerait que certains journaux n'aient pas assisté au même récit que votre humble serviteur. "Le Monde" y voit une "tragi-comédie enlevée, un truculent manège qui allume la lutte des classes" avec une "sorte de Jeanne d'Arc burlesque" agrémenté de "riffs rageurs" de John Cale, alors que je n'y vois qu'un film pataud, où une  pauvre fille pas rigolote pour un sou tente de se faire une place parmi les richards et ne les remet jamais vraiment en question, le tout sous des airs de guitare mous du genou. Seuls points positifs : les chevaux de "Sport de filles" ne sont pas idéalisés, ni romantisés, et sont de simples vecteurs de pouvoir, ce qui a le don de trancher avec les habituelles grandes histoires d'amitié cheval/homme...et la tribune de Patricia Mazuy, la réalisatrice, dans "Le Monde " du 21 janvier, dénonçant des "sports sans filles", dans une société où on oublie (très) facilement les sports féminins.

Cheval-de-guerre.jpgCheval de Guerre - Steven Spielberg - sorti le 22/02

Un film de Steven Spielberg, c'est un peu l'événement qu'attendent les cinéphiles chaque année. On s'impatiente, on espére qu'on sera épaté, subjugué, et qu'on ressortira de la salle un grand sourire aux lèvres... Et c'était bien parti pour cette année : tonton Spielby avait décidé d'adapter un bouquin de Michael Morpurgo - auteur britannique (re)connu pour ses livres de jeunesse - retraçant une belle histoire d'amitié entre un jeune homme et son cheval sur fond de 1° Guerre Mondiale. Ca sentait les plans et séquences sublimes, le tout avec un casting international de folie (coucou Niels Arestrup)... Et ce fut une véritable plantade. Trop de lyrisme, de naïveté pour les uns, un sujet (la guerre) trop sensible pour plaire aux jeunes enfants pour les autres... Au final, et ce malgré sa séquence de tranchée hallucinante, "Cheval de Guerre" atteindra  difficilement les 650 490 entrées en France, bien loin des 4 millions d'entrées pour "La Guerre des Mondes" en 2005 - le plus gros succès des années 2000 de Spielberg à ce jour en France.

Cheval-ma-bonne-etoile0.pngMa bonne étoile - Anne Fassio - 11/07 ET Après la bataille - Yousry Nasrallah - 19/09

Je l'avoue, je n'ai pas vu ces deux films là. Et ceci pour une raison très simple : les critiques ne m'en ont pas donné envie tant elles ont été assassines. "Ma bonne étoile", récit d'une jeune femme bravant vents et marées pour sauver le haras de son père, est ainsi décrit comme un film beaucoup trop mielleux, quand la sélection au festival de Cannes du film "Après la bataille", l'histoire d'un des cavaliers de la place Tahrir, provoque des cris d'indignation chez certains journalistes ("le cinéma est grand mais Yousry Nasrallah n'est pas son prophète", lâche Eric Neuhoff dans "Le Figaro"). Et il semble que le public a suivi ces critiques en désertant les salles : seulement 73 000 sepctateurs pour "Ma bonne étoile" et...un box-office même pas communiqué pour le second.

Jappeloup.jpg

Bilan ? Pas glorieux. Pas de hennissements de plaisir pour nos réalisateurs en 2012. Mais peut-être que l'année 2013 portera chance aux amateurs d'équidés. Dès le 13 février, Fabien Onteniente se mettra au "Turf", et Guillaume Canet tentera sa chance avec "Jappeloup" (photo) dès le 13 mars avec un scénario finaliste du Prix Sopadin en 2009. Histoire de lever la malédiction ?

Publié dans CiNéMa

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Bonne année 2013 à tous !!!

Publié le par Chippily

Et voilà, je suis encore à la bourre. Mais vaut mieux tard que jamais, nan ? (proverbe sans doute inventé par un de mes aïeux pour justifier ses retards incessants). Donc c'est certes trois jours après, mais avec bonne humeur et allégresse que je vous souhaite à toutes et à tous une bonne et heureuse année 2013 !!! En espérant qu'elle soit parsemée de bons et agréables films ;)

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