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Sarkozy a raison : La Vie des autres est un « film merveilleux »

Publié le par Chippily

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Photos AFP/Océans Films

Scoop : un homme politique a dit quelque chose de sensé ! La Vie des autres est un « film merveilleux », a déclaré Nicolas Sarkozy jeudi dernier. Cela méritait bien un article.

On laissera de côté les grandes envolées lyriques. Les remarques cyniques. Les symboles érigés en bouclier. Dans sa tribune de fin de semaine dernière, l’ex-président de la République française Nicolas Sarkozy a dit beaucoup (trop ?) de choses. Et, en face, la majorité a fait pareil. Elle a crié au scandale. S’est indignée tout rouge. A tapé du poing sur la table. Et tout ceci à la veille d'élections municipales. Comme les hasards sont étranges, parfois.

Mais, s’il y a bien quelque chose qu’on gardera, c’est ça.

"Aujourd'hui encore, toute personne qui me téléphone doit savoir qu'elle sera écoutée. Vous lisez bien. Ce n'est pas un extrait du merveilleux film La Vie des autres sur l'Allemagne de l'Est et les activités de la Stasi. Il ne s'agit pas des agissements de tel dictateur dans le monde à l'endroit de ses opposants. Il s'agit de la France."

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Non, pas l’évocation à la Stasi, les parallèles toujours bien mesurés, la tension dramatique qui monte au fur et à mesure du paragraphe (si, si). Mais ce bout de phrase : le « merveilleux film La Vie des Autres ». Peut-être une tentative de l’ex-chef de l’Etat de nous montrer qu’après avoir pris Proust comme repose-main lecture, il se cultive encore. Mais surtout quelque chose d’enfin sensé dans toutes les affaires qui sont déballées à tour de bras en ce moment.

Pour ceux qui ne connaitraient pas Das Leben der anderen (en VO), sorti en 2006, il s’agit du premier long-métrage réalisé par Florian Henckel von Donnersmarck - le même qui, quatre ans plus tard, sera l’auteur du décrié The Tourist, thriller politico-johnnydeppesque rayé des annales du cinéma.

Le pitch est simple : dans une Allemagne de l’est sous le joug du communisme (comprenez la France, d’après N.S), un méchant et sévère officier de la Stasi, Gerd Wiesler (François Hollande, donc, en plus maigre et sans lunettes) se met à écouter le couple composé de la talentueuse actrice Christa-Maria Sieland (Carlaaaa) et de l’écrivain Georg Dreymann (Nico, en plus grand).

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Sauf qu’au fur et à mesure, l’affreux-sale-et-méchant Gerd Wiesler va découvrir la lecture, la musique, et s’ouvrir au monde. Un brin clichetonneux, certes (et je vous passe l’éternel stéréotype de la femme qui pleure sous la douche, lui aussi présent dans La Vie des autres).

Mais le film a certaines choses que Nicolas Sarkozy et consorts n’auront jamais : 1) Ulrich Mühe. Son regard bleu froid et perdu. Sa figure de Droopy. Initialement grande figure du Mal du film, il devient peu à peu le héros malheureux du film 2) Une intrigue plausible, doublée d’une leçon d’Histoire sacrée aux Oscars et aux César, qui, malgré une réalisation minimaliste, vous prend là, quelque part dans le ventre, et ne vous relâche qu’au générique de fin. Bien plus passionnant qu’un combat de coqs politiques.

On éteindra donc son poste de télévision pour lancer le DVD du film dans son ordinateur, en pensant qu’en Allemagne, bien avant Sarko, on faisait référence à La Vie des autres dans la vie politique (ici ou ). Tout en se demandant : si Gerd = François et Georg = Nicolas, qui serait le gros mec dégueulasse qui couche avec Christa-Maria = Carla ?

Publié dans buZZ

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Que vaut "Avant que de tout perdre", le court-métrage français sélectionné aux Oscars ?

Publié le par Chippily

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Pour l'instant, cela ressemble à un rêve éveillé pour Xavier Legrand, réalisateur d'"Avant que de tout perdre", court-métrage avec Léa Drucker et Denis Menochet. Après avoir raflé plusieurs prix au festival de Clermont-Ferrand, il empoche le César du meilleur court-métrage et sera en compétition ce soir aux Oscars. Mais, que vaut vraiment son film ?

Pitcho, mon pitch : "Un jeune garçon fait mine de se rendre à l'école et se cache sous un pont. Une adolescente en larmes attend prostrée sur le banc d’un arrêt de bus. Une femme vient les chercher tour à tour et les conduit sur le parking d'un hypermarché. Les enfants sortent du véhicule, la femme ouvre le coffre pour en extraire un gros sac poubelle. Ils entrent alors tous les trois précipitamment dans le magasin…" (Allociné)

Cela commence doucement, dans une bourgade paisible, dans le mystère le plus complet. Avant de s'achever de manière tonitruante, au rythme d'une course folle sur un parking. "Avant que de tout perdre" est comme ça : il vous agrippe au fur et à mesure des minutes, distillant ici et là des petits éléments accrocheurs. Et vous ravit finalement au détour d'une crise de panique d'un enfant.

Le court-métrage de Xavier Legrand ne brille pas par son scénario sophistiqué - loin de là, on attendrait même plus de rebondissements. Mais il réussit à installer une tension formidable, asphyxiant son spectateur, le faisant scruter maladivement chaque rayon de supermarché d'où le Mal pourrait surgir. Et laissant encore quelques minutes après la fin son coeur battre à toute allure. Reste à savoir si l'Amérique en aura elle aussi le souffle coupé.

Edit : pas de souffle coupé pour les Américains qui ont préféré au petit frenchy le court-métrage..."Hélium".

Homer 3

Publié dans CourtS-MétrageS

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