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"Imitation game", le film qui, en une phrase, terrorise tous les cinéphiles

Publié le par Chippily

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SPECIAL OSCARS

Pitcho, mon pitch : le combat du génie incompris Alan Turing (Benedict Cumberbatch) pour découvrir comment marche Enigma, la machine de cryptage des nazis...

Cela ne fait que quelques secondes que le cinéphile est assis sur son siège (rouge, évidemment) devant "Imitation game", quand une sueur froide lui coule derrière la nuque. Il a lu sur le grand écran la phrase qu'il ne voulait plus jamais lire au cinéma : "inspiré d'une histoire vraie".

Inspiré. D'une. Histoire. Vraie. Cinq petits mots de rien du tout, même pas un verbe pour conjuguer tout ça, mais pourtant, une phrase qui fait hérisser les poils, qui donne envie de claquer son siège, ou qui fait se murmurer, dans le silence d'une salle obscure : "Oh non."

Parce qu'"inspiré d'une histoire vraie" ne signifie pas seulement que ce film est tiré d'un fait réel, non, haha, ce serait trop simple ! Elle insinue beaucoup de choses. Beaucoup trop de choses.

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"Inspirédunehistoirevraie", inscrit avant un film qui sort en hiver, ça veut surtout dire ça : classicisme dégoulinant, émotion surjouée, musique pompeuse, acteurs qui gesticulent, grand drame... Bref, ça veut dire : film à Oscars.

Et, malheureusement, "Imitation game" n'échappe pas à la règle : ça ne sort jamais des sentiers battus niveau scénario, ce n'est jamais transcendé par sa réalisation, c'est simpliste au possible pour que tout le monde comprenne bien (on n'essaye même pas durant un quart de seconde de nous expliquer comment fonctionne la machine de Turing), la B-O ne ressort jamais... et ça se finit avec des inscriptions sur les images, en disant ce que sont devenues les personnes présentées. Argh.

Heureusement, Benedict Cumberbatch sait faire preuve de sobriété. Ouf. Et se laisse même parfois voler la vedette par le magnétisme de son compatriote britannique, Matthew Goode, déjà impressionnant dans "Stoker".

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Pas de bol pour le film : malgré ses insistants appels du pied, niveau Oscars, il se laissera voler dans les plumes par "Birdman". Soit un long-métrage filmé en un long plan-séquence avec le retour d'un acteur has-been. Donc pas du tout un film à Oscars. Pas du tout...

Publié dans CiNéMa

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Les Oscars, une affaire de slips ? (et autres questions à se poser après ce week-end)

Publié le par Chippily

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Neil Patrick Harris qui vient présenter les Oscars en slip...

Ne me dîtes pas qu'il n'y a pas du lobby derrière tout ça !!

Après un week-end de César et d'Oscars, l'heure est aux questions. Et j'en ai quelques unes en stock.

- Et s'il suffisait de brandir un sous-vêtement pour gagner une statuette dorée ? C'est une bien troublante coïncidence qui a eu lieu, dimanche soir, aux Oscars. En effet, l'Oscar du meilleur film et l'Oscar du meilleur film d'animation ont été décernés à "Birdman" et "Les Nouveaux héros", deux longs-métrages où figurent une scène dite de "la fête du slip" (une sortie à moitié nue dans la ville vs un caméo de Stan Lee...culotté). Le lobby du sous-vêtement serait-il derrière tout ça ? Le Gorafi a ouvert une enquête.

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En France aussi ?? (Jean-Paul Gauthier et Marilou Berry aux César)

- Est-ce qu'une Marion Cotillard version César 2015, c'est pratique pour faire du sport ?

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Assurément !

- Est-ce que Sean Penn, César d'honneur cette année, a tenu le coup pendant la cérémonie ?

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Pas vraiment.

- La cérémonie des César était-elle vraiment si longue que ça ?

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Pas du tout.

- Est-ce vraiment Edouard Baer sur cette photo ?

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Non.

- Est-ce que John Travolta est glauque ?

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Peut-être (voir quelques détournements ici).

- Est-ce qu'il y a une recette pour gagner un Oscar ?

D'après le site College Humour, oui.

oo

Publié dans N'ImpS !!!

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"50 nuances de Grey", le film WTF du moment

Publié le par Chippily

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Pitcho, mon pitch : c'est l'histoire d'un mec riche comme Crésus, qui a déjà eu plein de nanas et qui a une pièce secrète. Vous l'aurez deviné, il s'agit bien sûr de Barbe bleue Christian Grey, le sex-symbol SM de la saga littéraire "50 nuances de Grey", qui débarque au cinéma précédé d'une réputation sulfureuse (les deux acteurs se détestent, l'ambiance était pas terrible sur le plateau...). Allez, soyons fous, je tente !

SPOILERS !!!!

"Alors, c'était comment ?" Assise sur le canapé du salon, je me sens un peu perdue. Je lève la tête vers lui, j'essaye vainement de dire quelque chose. "C'était...euh..." Une heure que je suis sortie de la séance de "50 nuances de Grey" et j'ai toujours l'impression d'avoir ingurgité quelque chose comme un cocktail vodka-LSD-MM's hallucinogènes. C'est vrai ça, comment qualifier ce que je viens de voir ?

Je farfouille laborieusement dans mes souvenirs. Il y avait des choses pas mal, je crois. Par exemple, un dîner d'affaire et une séance shopping complètement décalés. Il y avait des choses surprenantes aussi, comme une Dakota Johnson qu'on voit nue sous toutes les coutures (vous êtes sûr que c'est un film américain ?)...alors qu'on ne verra que les fesses de son partenaire (est-ce du foutage de gueule ? La réponse est oui). Mais il y avait surtout des choses bizarres.

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Je vois encore Christian Grey (alias Jamie Dornan) dire que les grandes envolées romantiques, "les fleurs, les chocolats", c'est pas sa tasse du thé. Et ce n'est pas la tasse de thé du film tout entier non plus, qui rate à peu près toutes ses scènes fleur bleue, en y allant gaiement dans les clichés. 

=> le mec torturé, à l'enfance difficile, qui joue des mélodies sombres au piano, la nuit de préférence (il s'en fout, il a pas de voisin qui râle, il s'est acheté tout l'immeuble) ; le meilleur ami amoureux de l'héroïne ; la fille qui, après une première nuit d'amour, se met direct aux fourneaux pour le petit-dej de son amoureux (franchement, qui fait ça ?! Vous vous voyez, vous, investir la cuisine de l'homme que vous venez de rencontrer et lui proposer des pancakes ??) ; les amants qui s'envoient littéralement en air (par hélico et planeur)...

Et puis, surtout, il y a ces scènes complètement WTF. Du genre un contrat SM qui stipule ce que l'une des deux parties doit manger (!) ou Dakota Johnson qui a un orgasme à chaque fois qu'on la touche, même si c'est que l'oreille, c'est pas grave, elle hurle, cette fille, c'est juste la version humaine du jeu Docteur Maboul ou quoi ?! Ou des scènes du genre qu'on sait pas vraiment si c'est fait exprès que ça soit drôle ou pas, tellement c'est amené maladroitement (les fessées, les "à plus bébé"...).

"Alors ??" Il s'impatiente. "Mes collègues vont me demander demain comment tu l'as trouvé ! Tu leur conseilles ou pas ?" Je réfléchis. Cherche des mots. Lève à nouveau les yeux vers lui. "Tes collègues... Elles aiment le jeu Docteur Maboul ?"

Publié dans CiNéMa

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Comment l'Islande est devenu une planète extraterrestre

Publié le par Chippily

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Spoil : la planète de Matt Damon dans "Interstellar", c'était en fait l'Islande.

Mettez vos moufles et enfoncez votre bonnet jusqu'au nez : aujourd'hui, je vous emmène dans la nouvelle "place to be" des blockbusters américains, j'ai nommé : l'Islande. "Interstellar", "Prometheus" ou "Game of Thrones" y ont été tournés. Un choix esthétique, pratique... mais surtout très (très) intéressé de la part des producteurs.

C’est l’atterrissage. Les personnages d’"Interstellar", le film de science-fiction de Christopher Nolan, sont cramponnés aux sièges de leur vaisseau spatial, prêts à découvrir une nouvelle planète. Ils s’enfoncent dans les nuages, en heurtent un gelé, avant de découvrir avec stupéfaction les paysages glacés de la planète… de "Prometheus". A moins que ce ne soit la Terre post-apocalyptique d’"Oblivion". Ou les paysages où se lève le Mur de "Game of Thrones".

L'an dernier, assise dans ma salle de cinéma, j'ai eu plusieurs fois comme une impression de déjà-vu en contemplant les décors des films de science-fiction. Et pour cause : après une recherche rapide sur Google, je me rends compte qu'une grande majorité d'entre eux est tournée dans le même pays, l'Islande.

« La principale raison, c’est que nos paysages naturels ont le look parfait pour des films de science-fiction, me fait Einar Tómasson, de la Commission islandaise du film, en toute modestie. Et nous avons un grand nombre d’emplacements de tournage. Donc vous êtes toujours en Islande, mais vous voyez à chaque fois quelque chose de différent, de nouveau. »

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Quand le James Bond "Meurs un autre jour" s'amuse sur la glace islandaise.

Un pays que saluent tous sourires chaleureux réalisateurs et acteurs sur le site de la commission. « C’était une expérience d’un autre monde », s’enthousiasme Christopher Nolan, tandis que Darren Aronofsky, qui est venu y réaliser son "Noé", acclame « l’un des plus uniques et inspirants paysages de la planète » et que Tom Hiddleston, qui y a tourné pour "Thor : le monde des ténèbres", vante les mérites de ce « monde de ravins, de cascades, d’étendues de sable noir, et d’aurores boréales ».

Arf, stop ! N'en jetez plus ! Parce que si acteurs et réalisateurs s'arrachent l'Islande, oui, c'est en partie pour des raisons esthétiques. Mais seulement en partie.

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La scène du baiser entre Ygritte et Jon (Game of Trones) se passe en Islande,

comme toutes les scènes avec les "Sauvageons"

Imaginez : nous sommes à l'aube des années 2000, et les parlementaires de cette petite île de 325 000 habitants (ça représente à peu près la population de la ville...de Nice. Et encore, Nice est légèrement plus grande) se creusent la tête depuis des années pour promouvoir la culture, l'histoire, et la nature de leur pays. Un jour, ils ont une idée du feu de Dieu : rembourser, sous certaines conditions et temporairement un certain pourcentage des coûts liés à la production d’une série ou d’un film engendrés en Islande.

Après plusieurs modifications, la loi actuelle, étendue jusqu’en 2016, prévoit de rembourser jusqu’à 20% des frais occasionnés en Islande. Ajoutez à cela des distances réduites (je vous rappelle que l'île est toute toute minuscule), une lumière présente parfois jusqu’à une vingtaine d’heures par jour, des décors admirés par tous, ainsi qu’un grand nombre de professionnels du cinéma pour assister sur place les producteurs, et ça se bouscule déjà au portillon : Lara Croft, James Bond ("Meurs un autre jour"), Batman ("Batman begins") ou plus récemment Clint Eastwood (les "Mémoires de nos pères"), Benedict Cumberbatch ("Le cinquième pouvoir") ou Ben Stiller ("La vie rêvée de Walter Mitty") font la queue pour profiter de ce nouveau paradis glacé.

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Même quand Walter Mitty est en Afghanistan, il est en fait en Islande. Et oui.

« Je ne sais pas si on peut appeler ça un « boom ». Mais c’est vrai que, depuis 2001 (date de création de la commission du film et entrée en action de la loi, ndlr) on attire des films régulièrement, et que depuis 3-4 ans les tournages sont de plus en plus nombreux », se félicite Einar Tómasson.

Un succès qui dope l’économie islandaise, donnant du travail aux figurants et aux compagnies locales de production : pour "Mémoires de nos pères", l'équipe recrute pas moins de 1 000 figurants et 250 professionnels sur place !

Mais ce succès attire aussi (surtout ?) les touristes étrangers. Depuis fin 2013, le site Iceland Travel organise des « film-tours » sur les traces de Walter Mitty ou de la Garde de nuit de Game of Thrones. Le visiteur lambda pourra ainsi récolter des anecdotes sur le tournage, découvrir la grotte où Jon et Ygritte ont eu leur premier moment coquin mais aussi en savoir plus sur le mode de vie des Islandais d’autrefois et d’aujourd’hui dans ces régions.

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La nouvelle série "Fortitude" tournée en Arctique ? Nope, toujours en Islande.

« La production d’un film peut faire bien plus pour chaque partie de l’île que de les utiliser comme arrière-plans pour certaines scènes ou pour un film entier, me fait remarquer Sólveig Kolbrún Pálsdóttir, d’Iceland Travel. On veut aider ces régions à maximiser les bénéfices engendrés par leur présence dans une œuvre présentée dans le monde entier. En organisant ces tours, on a l’impression de les aider, pour qu’elles aient eux aussi leur part du gâteau. »

En un an, ce sont 200 personnes qui ont suivi les tours relatifs à Game of Thrones, « un très bon chiffre quand on considère le fait que toutes ces personnes sont venues juste à cause de la série, et qu’elles ne seraient pas venues visiter le pays autrement », se réjouit Sólveig Kolbrún Pálsdóttir.

Prochain objectif pour Iceland Travel : lancer un tour consacré à Hollywood et à ses James, Lara ou Walter. Quant à la commission du film, elle croise les doigts pour que l’accord dit du « remboursement à 20% » soit prolongé après 2016.

Bonus :  les photos du vrai glacier d'"Interstellar". Impressionnant.

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[Résolu] J'ai foiré mon premier "date" en allant voir "It follows". Comment je fais maintenant ?

Publié le par Chippily

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La chanson :

I, I follow

I follow you deep sea baby

I follow you...

En ces jours de pré-Saint Valentin, où coeurs rouge passion, petits anges souriants, roses délicates et déclarations d'amour telles celle-ci

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(Toi aussi, tu es ma plus belle histoire d'amour, chocolat)

ont envahi les rues, j'ai une pensée pour tous les wannabe couples.

Ceux qui se pressent dans les salles obscures, le palpitant battant la chamade, espérant décrocher un baiser furtif entre la publicité pour les volets roulants de la boite d'à côté et celle pour les tronçonneuses "et matériel agricole" d'une entreprise d'une zone industrielle paumée.

Je les imagine bien, le samedi soir, se retrouvant devant le panneau d'affichage pour décider quel film inaugurera leur idylle. Lui montre du doigt un film étrange, "It follows". Il ne sait pas vraiment de quoi ça parle, mais on lui a dit que c'était grave cool. Elle, elle s'en fout, elle veut juste passer un moment avec lui, alors elle dit oui. Ou vice-versa.

Au début, ça se passe bien : une fille court, comme ça, sans raison, puis s'enfuit carrément de chez elle pour se réfugier sur une plage abandonnée. Ca a l'air de faire peur. Ils sont contents. Ils se disent que, lors d'un sursaut, lors d'un geste incontrôlé de frayeur, ils se frôleront. Peut-être.

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Puis, on découvre l'héroïne, son flirt avec un garçon. Première scène de sexe. Le feu leur monte aux joues, elle et lui font tout pour ne pas se regarder.

Et soudain, ça dérape : le garçon attache la fille sur un fauteil, lui explique qu'il est porteur d'une malédiction assez grave. Depuis qu'il a couché avec cette nana rencontrée dans un bar, des gens le suivent et essayent de le tuer. Pas de bol pour l'héroïne, ça se transmet par voie sexuelle.

Elle et lui blanchissent. Parce que oui, mesdames messieurs, "It follows" est un film sur une foutue MST. Et la MST n'est pas vraiment un des sujets les plus folichons à aborder à la veille d'une relation. Et surtout pas une MST qui te donne l'impression qu'il y a un homme nu sur ton toît.

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- Mais qu'est-ce que vous faîtes tout nu sur mon toît, Monsieur ?

- Oh, rien, je profite de la vue.

En sortant de la séance, elle et lui ne savent pas trop quoi dire. Ils se regardent, bafouillent, font semblant de regarder des trucs au loin. Heureusement, tout n'est pas perdu pour eux. Voilà ce qu'on peut faire pour sauver les meubles.

Niveau 1 : s'enthousiasmer sur la réalisation

Pas besoin d'être un grand spécialiste du 7ème art pour remarquer le soin apporté aux images et à l'ambiance.

Le film de David Robert Mitchell recèle d'ailleurs de plans de folie. Comme par exemple celui-ci :

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(Bien sûr, l'inscription n'est pas dans le film, hein)

Mon préféré ? Celui qui tourne, allant de l'héroïne consultant l'annuaire des anciens élèves à cette fille au pull blanc qui avance lentement vers le bâtiment...

Niveau 2 : faire son expert en parlant des influences

J'entends Tourneur à gauche... Lynch ? Lynch aussi, d'accord... Charles Burns et son "Black hole", me dit-on au fond de la salle ?

Il faut dire que, si chacun y va de son petit pronostic sur qui est vraiment le père spirituel d'"It follows", c'est que le genre du cache-cache avec un être inhumain ne voulant que tuer ne date pas de 2014 (et la chasse à l'épuisement non plus). Et là aussi, on peut se faire une petite liste : "Terminator", "Mondwest", une tripotée de films d'horreur...

Mais s'il ne fallait garder qu'une référence, qu'une seule, voici celle qui m'est venue dès le premier plan :

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"Halloween", de John Carpenter

Même banlieue morose qui s'étire en routes infinies, même être surnaturel apparaissant toujours en arrière-plan... et même envie de musique bien bourrine euh présente pour souligner la présence du Mal. Et dans "Halloween" aussi, vaut mieux ne pas coucher pour rester en vie.

Niveau 3 : discuter représentation des genres dans le cinéma d'horreur

Il y a quelques jours, la blogueuse et illustratrice Diglee postait sur son site une BD fustigeant le sexisme d'"It follows", notamment dans sa manière de montrer des filles dénudées ou dans des tenues pas vraiment pratiques pour échapper à la Chose (cf. la première scène avec cette ado courant dans tous les sens en hauts talons).

Un reproche adressé assez régulièrement au cinéma d'horreur et qui peut très bien alimenter une conversation toute la nuit. Ou virer au pugilat. Aïe.

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Niveau 4 : philosopher

Cette Chose, qui poursuit des ados pour les tuer, ne serait-elle pas une métaphore de la Mort, qui peut nous attraper à chaque seconde ?, me fait mon amie Liza. 

Effectivement, et elle peut être la métaphore de plein d'autres choses aussi : la fin de l'innocence, avec le passage à l'âge adulte ; certains y ont vu une évocation de la peur de la perte de la virginité, du sida... Et même de la crise financière actuelle : la Chose n'a même plus un rond pour s'acheter un vélo et aller plus vite, la pauvre !

Bilan : ouf, ça y est, la glace est brisée entre lui et elle ! Peut-être qu'ils vont décider de discuter encore un peu ensemble, ou peut-être d'aller boire un verre quelque part... Mais ce qui est sûr, c'est que, par réflexe, ils regarderont souvent derrière eux pour vérifier qu'on ne les suit pas...

Publié dans CiNéMa

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Une journée cinéphile à Lyon partie 2 : et les Lumière furent

Publié le par Chippily

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Previously, on The Chippily Show : en balade à Lyon, j'avais poussé la porte du musée Miniatures et cinéma, où j'étais tombée sur des têtes décapitées, le masque mortuaire (ou presque) de Tom Cruise et la Reine Alien (rien qu'ça). Direction maintenant l'Institut Lumière, où l'on parle mômans, bébés bourrés, et surtout, cinéma.

Une fois le musée Miniatures et Cinéma écumé dans tous les sens, je bondis dehors et saute dans un métro... Enfin, presque parce que, euh, il est où exactement le métro ? "Ah non, ici, c'est pas comme à Paris, où il y a des bouches de métro, se marrent une maman et sa fille. A Lyon, c'est comme si on entrait dans un bâtiment !" Ouf, par contre, les gens bizarres et les témoins de Jéhovah sont toujours là, eux, sur la ligne D.

Je passe par des stations aux noms étranges ("Guillotère", "Sans souçi"...) avant d'atterrir enfin à "Monplaisir - Lumière". "Bah oui, on disait que les Messieurs laissaient leurs problèmes à "Sans souçi" avant de s'encanailler à "Monplaisir"", glisse malicieusement le guide du musée de l'Institut Lumière. Ah bah sympa le quartier des frères Lulu ! Mais, qu'on se rassure tout de suite : ils ne vivaient pas dans un taudis ou un immeuble malfamé façon Pigalle. Très loin de là.

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"Vous vous trouvez dans la maison d'Antoine, le papa", explique le guide d'un débit de mitraillette. Et chez Antoine, tu trouves le quatrième téléphone de la région, de l'art nouveau, un lustre de Murano et des pièces spéciales pour les plantes. Et surtout, une vue imprenable sur les usines immortalisées dans les premiers films de Louis et Auguste, les fistons.

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(maquette de la maison et des usines - aujourd'hui disparues)

"Chérie, tu pourrais jeter un coup d'oeil par la fenêtre et me dire si les ouvriers bossent bien s'il te plaît ?"

C'est une bonne situation ça, ouvrier des Lumière ? Il n'y a a pas de bonne ou de mauvaise situation... bien que là, c'est vrai qu'elle est plutôt bonne, cette situation ! Les patrons sont paternalistes au possible. Ils sont même parmi les premiers à offrir des congés de maternité, soit "une semaine de payée après la mise à bas" (oui oui, c'était bien le vocabulaire employé à l'époque).

Mais le papa, Antoine, n'a pas de bol : au lieu d'avoir des fils bien sages qui se contentent d'embêter les filles et de jouer aux billes dans la cour, il a de véritables petits inventeurs, qui sont soudés comme jamais. "Enfants, ils ont cru mourir un jour dans une grotte. Ils se sont alors jurés de toujours rester ensemble", raconte Thierry Frémeaux dans "Le Temps des Lumière".

Alors, soit, "Louis inventera et Auguste fera vivre ses inventions", lâche le guide en nous menant dans les différentes pièces de la maison, où il faut aussi chaud que dans un four, et qui sont bardées d'inventions, d'affiches et de photos.

Louis et Auguste déposent plus de 170 brevets - "oui, Edison en a 2500. Mais en vrai, seulement 150, il a tout piqué à ses collaborateurs. C'est un Américain", tacle le guide - et créent des choses étonnantes.

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Comme ces mains-pinces articulées, pour les soldats amputés de la Grande Guerre. Et puis, quand Louis, par exemple, a besoin de lunettes spécifiques, bam ! il les invente.

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Début des années 80 (1880, hein), c'est le jackpot : les frères lancent sur le marché leur dernière trouvaille, des plaques photographiques instantanées.

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A l'époque, la photo instantanée était un mythe. On restait assis pendant des heures avec une sorte de tenaille qui vous maintenait bien la tête pour pas être flou ; on bourrait les bébés pour qu'ils tiennent la pause...

Les plaques des frères Lumière sont alors un succès fou. La famille devient riche, et le paternel en perd même la tête. Il choppe un truc pas beau, "la maladie de la pierre", qui lui fait construire, comme ça, 22 maisons. Et une putain de chambre à coucher.

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Oui oui, il avait même pensé à un espace visiteurs,

pour que les gens puissent admirer toute sa thune.

Mais les frérots ne s'arrêtent pas en si bon chemin. Dans une des pièces de l'immense maison d'Antoine, le guide s'arrête devant le Graal des Graals : le cinématographe n°1, le tout tout premier monté par les Lumière.

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La première séance a lieu le 28 décembre 1895. [Et oui, à Lyon, pendant les hivers rigoureux des années 1890, on aimait déjà se rentrer bien au chaud devant un petit film, peinard.] Elle a lieu dans la salle d'un bar. On pousse le billard, on met 33 chaises et on attend.

Bien sûr, à 10-15 euros la projo - une fortune à l'époque - ce ne sont que les gens bien lotis qui viennent. Des gens aux noms qui évoquent quelques petits souvenirs aujourd'hui : Méliès, Gaumont ou Pathé, qui, encouragé par sa maman, se lancera dans le cinéma et prendra comme emblème une marguerite... Marguerite étant le prénom de sa mère (c'est trop choupi).

A la fin de la première séance, le patron est déçu. Il pensait faire plus d'entrées et croit que les futures séances des Lumière ne marcheront pas. Il aura tort. "Les gens se battront pour venir", affirme le guide. 

"C'est vrai que les premières personnes qui ont vu "L'entrée en gare de la Ciotat" se sont enfuies ?", demande une voix. Le guide opine du chef. "C'est marrant, hein ? J'espère que dans 100 ans, un guide dira aux gens qu'ici, il y a un siècle, les premières personnes à avoir vu un film en relief ont voulu attraper l'image et les petits bonbons Haribo."

Je sors de la torpeur de la maison-musée. Ouf, il fait plus frais dehors. J'atteris dans une rue au nom assez classe.

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Puis je longe un mur tout aussi classe, avec le nom des réalisateurs venus rendre hommage aux pères du cinéma.

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A quelques mètres de là, des usines des frérots, il ne reste plus que lui : le hangar du premier film, celui duquel sortent les ouvriers des Lumière. Une séquence pas du tout improvisée : les travailleurs sont en tenue du dimanche, et surtout, regardez bien, ils se grouillent UN MAX, parce que Loulou et Au-au leur ont dit que le cinéma, pour l'instant, ce n'était que des plans-séquences de moins d'une minute.

Une séquence d'anthologie notamment reprise en 1995 par de grands cinéastes, tels Jean Rouch, Bertrand Tavernier ou Jerry Schatzberg.

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Pas de bol pour moi, le hangar du premier film, devenu cinéma, ne projette rien aujourd'hui.

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(Si vous prenez les lunettes loupe de Louis, vous verrez qu'il reste l'ossature en bois originelle du bâtiment)

Mais par contre, il accueille souvent des guest...

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Publié dans HoRs-cHaMp

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Rennes, 1er février 2015

Publié le par Chippily

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Publié dans Instants tannés

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