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22 articles avec culte

Le film qui était moins célèbre que sa soirée cannoise

Publié le par Chippily

Le film qui était moins célèbre que sa soirée cannoise

Quelqu'un se souviendra-t-il, dans 20 ans, que "I, Daniel Blake" a remporté la Palme d'Or en 2016 ? Pas sûr. En 1995, "Underground" d'Emir Kusturica remportait le trophée. Deux décennies plus tard, on n'a retenu qu'une chose de l'oeuvre : la fête furieuse à laquelle elle a donné naissance.

Quoi ? Vous avez raté l'anniversaire ?? Ne vous inquiétez pas, vous n'êtes pas les seuls. En 2015, "Underground" d'Emur Kusturica fêtait les 20 ans de sa Palme d'Or... et tout le monde s'en fichait.

Tout le monde...sauf le magazine "Première", qui a regroupé les acteurs de l'époque pour faire revivre LA fameuse soirée. Imaginez-vous un peu : le réalisateur serbe vient de remporter le trophée. Ce film, il a mis "tout son sang dedans". Alors, ce soir, pour fêter ça, il va se mettre torchon chiffon carpette. Il s'installe avec son équipe sur une plage. Les stars arrivent : Johnny Depp, Carole Bouquet, Harvey Keitel... 

Et puis, soudain, sans trop qu'on sache pourquoi, tout part en vrille. Bagarre générale. Ca se bastonne sur la plage, ça se poursuit, et y'a Johnny Depp qui se planque sous une table avec les enfants pour échapper à tout ça.

Emir dans "Lendemain de cuite".

Emir dans "Lendemain de cuite".

Sûr qu'un souvenir comme ça, ça s'entretient et ça se raconte. Mais le film dans tout ça ? Quasi rien. Juste quelques petites lignes pour rappeler qu'il avait secoué la Croisette et donné lieu à une polémique (du genre "Kusturica est-il fasciste ou non ?").

Pourtant, il y a quantité de choses à dire sur "Underground", oeuvre véritablement foisonnante.

30 000 m2 sous la terre

On remonte les compteurs : début des années 90. Emir Kusturica veut faire depuis longtemps un film où il pourrait doser drame et comédie. Il tombe sur une pièce du scénariste Dusan Kovacecic, l'histoire de deux mecs amoureux de la même gonzesse. "Et de l'un qui écarte son rival par un subterfuge et l'enferme 20 ans dans une cave en lui faisant croire que la guerre continue", explique Kusturica dans le making-of de son film.

Emir a une idée. Il va rendre la chose politique. Car le "communisme était une grande cave, où on n'a pas dit aux citoyens que la Seconde Guerre mondiale était finie". Cette grande cave fera précisément 30 000 m2. C'est le chef décorateur Miljen "Kreka" Kljakovic (celui qui chopa le César pour "Delicatessen") qui l'a décidé.

"C'est vrai qu'elle était pas mal, cette fête cannoise..."

"C'est vrai qu'elle était pas mal, cette fête cannoise..."

Octobre 1993 : le tournage commence. Rectificatif : le cauchemar commence. Suffit de savoir la doctrine de Kusturica pour le deviner : "Joue et crève." Et de savoir comment on l'appelle sur le tournage : "Dieu."

Le script est modifié chaque jour, les acteurs sont trempés jusqu'à l'os, blessés. Dans la cave, bondée, la fanfare joue tout le temps, on crie pour faire danser le singe Charlie, la fumée qui y règne pique les yeux.

"Ca donne envie de me tuer"

Dans le making-of, Emir Kusturica, pâle, jette un oeil mauvais à la caméra : "Tout ce monde et cette ambiance... Ca donne envie de me tuer." Le tournage s'étire jusqu'en janvier 1995, le producteur n'en peut plus.

Sept ans plus tard, Emir s'est calmé. Il se souvient tranquillement du film pour une interview filmée. "Je voulais à travers cette histoire expliquer comment les hommes et les femmes de mon pays avaient pu traverser les années Tito et s'imaginer avoir eu une "belle vie"."

Résurrection de nazis

Le sujet est intéressant. Le film l'est tout autant. Sur le point politique, on l'a déjà dit : Marlo, l'infâme qui fait croire à son ami que la guerre toujours sévit, représente l'état communiste. Mais fait aussi référence à un metteur en scène...ou un réalisateur tout puissant qui écrit au fur et à mesure (tiens, tiens) son script.

Dans "Underground", le pouvoir de la fiction transforme, ressuscite (pas de bol, c'est des nazis), se mêle à la réalité (d'ailleurs, c'est marrant de voir que le trafiquant d'armes russe est joué par...le producteur de Kusturica).

Et puis, comment ne pas penser aux grands concepts de la philosophie quand on a une histoire qui ressemble bizarrement à l'allégorie de la caverne de Platon, mise en images par un réalisateur qui lit jusqu'à 3h du matin du Jung sur le plateau de son tournage ?

Foisonnant, je vous avais dit. Et qui mérite peut-être un peu plus qu'un article sur sa fête cannoise...

 

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Un film culte par une inculte : La Jetée

Publié le par Chippily

La Jetée lunettes flippant

Quoi ?! Un film français de science-fiction culte ?

Attendez, attendez... Vous êtes sûr qu'il est bien français ? Oui ? Bon. Et que c'est bien un film de SF ? Parce que, vous savez, ici en France, la SF, on en fait une fois tous les 4 ans et en plus à la Saint-Glinglin...

Oui ? Vous êtes certain ? Très bien.

Je suis alors obligée de le voir alors, c'est ça ?

La-Jetee-femme.jpg

Pitcho, mon pitch : "La Jetée" de Chris Marker est un film d'anticipation de 1962. Cela veut dire qu'il essaye d'imaginer un futur probable, ici très sombre (une Troisième Guerre mondiale, des survivants vivant dans l'obscurité, un prisonnier que l'on envoie dans le passé pour ramener de l'espoir...).

Le court-métrage (il dure un peu moins de trente minutes) a d'ailleurs imaginé des éléments qui existent désormais dans notre réalité !

- Les lunettes fashion d'Yves Montand dans "l'Aveu" :

L-aveu.jpg

La-Jetee-lunettes-plus-pres.jpg

- Le film "Prometheus" :

Prometheus-tete.jpg

La-Jetee-Prometheus.jpg

(Y'a un pitit air de ressemblance, non ?)

- La Troisième Guerre mondiale (...quoi ? ah merde, c'est vrai qu'on n'est que en 2015 !! Oubliez, oubliez !!)

- Chuck Testa :

Nope-Chuck-Testa.jpg

La-Jetee-nope-Chuck-Testa.jpg

- Et bien sûr, "La Jetée" a inspiré ses "remakes" : "l'Armée des douze singes" en film et en série.

larmee-des-douze-singes.jpg

Mais, ce qui est intéressant, c'est que Chris Marker pioche aussi dans le passé pour créer son univers : il y a la présence d'Hitchcock qui plane, mais surtout celle de la Seconde Guerre mondiale encore toute fraîche. 

Avec ces geôliers du héros qui murmurent en allemand ; ces plans d'hommes au regard vide ou fou ; et surtout la structure du court-métrage, composé en majorité de photos en noir et blanc prenant uniquement vie grâce à une voix off, qui font penser aux documentaires sur la folie nazie, et notamment à "Nuit et brouillard" d'Alain Resnais, sorti en 1955.

La-Jetee-regard-vide-fou.jpg

C'est d'ailleurs assez déroutant au début, ce photo-roman (parfaitement assumé par Chris Marker) qui se déroule à son rythme, laissant le temps au spectateur de scruter l'image ou de contempler avec effroi un Paris dévasté. C'est simple comme concept, oui, mais diablement efficace, laissant la place à l'imagination de chacun pour animer ces décors figés.

Reste l'histoire, tragique et poétique, qui valut en 2010 au court-métrage d'être déclaré "meilleur film de voyage dans le temps" par le Time. Alors, vraiment - et permettez-moi ainsi d'inaugurer mon premier jeu de mots pourri de l'année - dans "La Jetée" de Chris Marker, il n'y a rien à jeter.

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Hymne à Richard Matheson

Publié le par Chippily

Richard Matheson000

Top ! Je suis un célèbre auteur américain né en 1926 dans le New-Jersey ; J'ai écrit quelque 200 nouvelles souvent fantastiques ou de science-fiction ; J'en ai adapté certaines pour la télévision et le grand écran et j'ai lancé la carrière d'un certain Steven Spielberg ; Je suis aussi le scénariste de "L'homme qui rétrécit", je suis , je suis... Oui, Richard Matheson, bravo Paulette ! Vous gagnez un superbe dictionnaire Larousse Deluxe édition 2011 !

Précisons le de suite : Richard Matheson n'est pas mort. Certes, il ne publie plus romans, nouvelles, ou scénarii - car Monsieur fait de tout - mais à 86 ans il est toujours là, et son ombre plane encore sur le cinéma hollywoodien. Et c'est grâce à ce cinéma que je l'ai découvert. On est alors en 2007 et Will Smith l'a mauvaise parce qu'il doit affronter toutes les nuits des zombies assoifés de sang. C'est "Je suis une légende"...adapté d'un roman de Riri dâtant de 1954. Le film, j'aime pas (trop christano-guimauve), mais le livre, va savoir pourquoi, j'achète. Et la fin me scotche par son intelligence. Pourtant, ce n'est que quelques années plus tard que je remets la main sur une oeuvre de l'Américain multi-récompensé. Des nouvelles, cette fois-ci. Et encore une fois, c'est le choc : une écriture simple, mais efficace, des histoires inoubliables, et un final à chaque fois renversant. Du coup, on ne s'étonnera pas que quelques producteurs de télévision ont le coup de coeur pour certains récits. C'est ainsi que Matheson devient tout naturellement un des scénaristes de l'illustre série "La Quatrième Dimension".

Richard-Matheson-ours.jpg(Capture d'écran de l'épisode "Cauchemar à 20 000 pieds")

Mon Dieu, il y a un ours sur l'aile de l'avion !!! ... Ah non, au temps pour moi, c'est d'un monstre qu'il s'agit...

Les épisodes cultes signés par la plume de Richard s'accumulent. Et les pitchs sont juste géniaux : des astronautes qui tombent sur un vaisseau spatial où ils trouvent leurs propres cadavres, un bébé qui disparait dans une autre dimension, ou encore un homme qui est le seul à s'apercevoir qu'un monstre est en train de détruire l'avion dans lequel il vole... Le dernier vous dit quelque chose ? Normal, puisqu'il sera transposé au cinéma par George Miller dans le film rendant hommage à la série. Car Hollywood ne sera pas en reste pour ouvrir ses portes à l'écrivain : il signera le scénario de "L'Homme qui rétrécit", de quelques adaptations de Poe... mais surtout adaptera pour la TV sa nouvelle "Duel" qui révélera Spielberg. D'ailleurs le téléfilm fut jugé tellement bon qu'il sortira finalement en salles en 1971.

Richard-Matheson-duel.jpg

Mais qu'est-ce qu'il fout ce camion ?? Le conducteur a eu son permis dans une pochette surprise ou quoi ?!

1954, 1971... pffou, c'est loin tout ça ! Alors pourquoi je vous parle de mon cher Riri encore aujourd'hui ? Simplement car, à l'instar de Philip K. Dick ou H.P (non, pas Harry Potter) Lovecraft, il continue d'inspirer les foules. "The Box" avec Cameron Diaz qui fait la duck face (comment ça c'est son expression naturelle ??), c'est lui ! (mais en plus court et moins tarabiscoté). "Real Steal" avec Wolverine qui montre des muscles et fabrique un robot ? C'est encore lui ! (ça, par contre, je viens de l'apprendre, et ça m'a bien surprise). Donc, les amis, il est temps de se mettre à la page et de dévorer toutes ses nouvelles et tous ses romans, histoire de connaitre d'avance tous les prochains projets d'Hollywood. Et parce que c'est mignon tout plein - et que ça montre que quand on y croit on peut atteindre des sommets - je ne résiste pas à l'envie de vous mettre ces quelques mots de Ray Bradbury, l'auteur bien sûr de "Fahrenheit 451".

"Au milieu des années 1950, j'ai commencé à recevoir des lettres d'un jeune homme qui brûlait de devenir écrivain. Je ne me rappelle pas combien de lettres il y a eu ni de quelle manière j'y ai répondu. Je me souviens seulement d'avoir remercié le jeune écrivain pour ses compliments sur mes propres livres et, me semble-t-il, de lui avoir conseillé de ne pas laisser passer un jour sans écrire. En tout cas, j'espère lui avoir dit cela. car, les années passant, le résultat est là. Richard Matheson"

P.S : ne le dites à personne, mais certains des épisodes de la "quatrième dimension" signés Matheson sont visibles sur Youtube...

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Petits commentaires sur "La Guerre des mondes" (pas celui avec Scientologue-man, l'autre, le vieux)

Publié le par Chippily

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Pas très original le pseudo de Barry Lyndon pour se lancer dans le cinéma...
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"I'm sexy and I know it"
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Après le célèbre flegme britannique, voilà le flegme américain : le monde est en train de se faire détruire par des êtres étranges venus de l'espace, mais on s'en fout, mangeons des beignets et buvons du café !!
Guerre-monde-lance-flammes.png
Attaque lance-flammes !!!
Désolé de ne pas être très présente en ce moment, mais j'ai vraiment beaucoup de boulot ce temps-ci. Au point de ne plus avoir le temps de rédiger un véritable article digne de ce nom, ou de presque m'endormir, épuisée devant les films... dont celui-ci, "La guerre des mondes" de 1953.
Pourtant, il était diablement intéressant, ce film ! Si les passionés d'Histoire pourront se délecter des allusions à la Guerre Froide (époque durant laquelle a été tourné ce film...et époque qui nous a donné les incontournables "bad guys" de cinéma à l'accent russe), les cinéphiles pourront s'amuser à comparer la version de Byron Haskin (celle-ci) avec celle de Steven Spielberg, qui ajoute l'idée de la famille, un des thèmes chers de sa filmographie (mais n'oublie pas de rendre hommage à son prédecesseur en jouant avec le sentiment de "déjà vu" dans la scène de la cave, ou en donnant le rôle des grands-parents aux héros de la première version).
Et puis les autres pourront toujours utiliser ce film pour apprendre leur leçon sur les planètes (cf l'introduction nous expliquant toutes les caractéristiques de chaque planète du système solaire) ou alors constater avec effroi la condition de la femme à l'époque (pauvre Ann Robinson) : celle-ci ne sert qu'à ramener un petit goûter aux soldats, et est montrée comme une véritable cruche (du genre à dormir pendant qu'il y a du danger ou alors répondant simplement "Ah" et s'en allant devant le nez d'un personnage qui lui annoncait presque texto son sacrifice).
P.S : et quand vous rigolerez devant les effets spéciaux du film, pensez à ceci : ils ont gagné l'Oscar en 1954.

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Envie de faire le "time warp" ensemble ? (Interlude musical)

Publié le par Chippily

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Un peu de musique dans ce monde de brutes ! Et quelle musique ! Je vous propose de finir en beauté cette semaine avec des chansons qui ne vous lâchent plus dès la première écoute : celles du "Rocky Horror Picture Show", film culte de 1975. Le film se gauffra complètement à sa sortie mais connut un succès foudroyant dans les fameuses séances de minuit, où les fans n'hésitaient pas à revenir et re-revenir, grimés en leur personnage préféré, et dansant devant l'écran (voir l'épisode de "Cold Case" qui y est consacré !). Résultat : le film est toujours à l'affiche dans certains cinémas ! Si la musique, entêtante, y est pour beaucoup, il ne faut pas oublier les acteurs, lâchés dans un délire total, Tim Curry en tête. Vous savez...Tim Curry ! Le gars dont personne ne se souvient jamais la tête ! (oui, comme Hugo Weaving et Ron Perlman). Et pour cause, il apparait comme ça dans ses principaux rôles :

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Alors qu'à la base le bonhomme ressemble quand même à ça :

Tim Curry normal000

(On peut le voir - souvenez-vous - en "apparence normale" dans "Maman j'ai raté l'avion 2")

Bref, trêve de blablas, voilà quelques morceaux de choix qui vont permettront de mieux comprendre pourquoi il choqua l'Amérique profonde.

 

(la VRAIE version vidéo est )

Let's do the time warp again : le morceau le plus entrainant...et le plus soft aussi...

 

Là, ça devient un peu plus chaud, avec Tim Curry proclamant qu'il est un "sweet transvestite" (avec les magnifiques chaussures qui vont avec)

 

Et là c'est carrément à ranger dans la catégorie "à-ne-pas-faire-écouter-à-mémé-sous-peine-d'infarctus". Parce que oui, vous avez bien entendu, Susan Sarandon chante bien "touche-moi, je veux être une trainée" (oooh...so romantic)

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Un film culte vu par une inculte : Le bon, la brute et le truand

Publié le par Chippily

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Pitcho, mon pitch : 1 trésor (des pièces d'or, bien sûr), 3 bandits prêts à tout (Blondin le Bon, Sentenza la Brute et Tuco le Truand) , et 2 noms de légende derrière les manettes (Sergio Leone pour la réalisation et Ennio Morricone pour la musique).

Vous avez sans doute remarqué que par ici, ça cause pas souvent western. Pas du tout, même. Faut dire que ce genre a tendance à me passer largement au-dessus de la tête avec ses histoires ultra convenues (la quête d'un magot, une vengeance, des batailles contre les indiens...(rayer la mention inutile)) et ses personnages plus que stéréotypés. Mais ça, c'était avant de voir "Le
bon, la brute, et le truand".

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Argh, sacrilège ! Lee Van Cleef a osé copier le look d'un des personnages de Lucky Luke pour son rôle !!!

Car Sergio Leone réussit là où tant d'autres ont échoué. Tout d'abord, par la création d'un style unique, le sien, rentré depuis dans l'Histoire du cinéma : plans d'une lenteur extrême, mentions écrites, esthétique du visage (souvent buriné par le soleil, et contrastant ainsi avec la clarté des yeux, occupé par des mouches, et filmé en gros plan), importance du silence (il faut tout de même attendre la 10ème minute du film pour avoir la 1ère ligne de texte !!)... D'un coup, le western, genre usé jusqu'à la corde, devient quelque chose de tout à fait personnel, Leone mixant sa vision des choses aux codes du genre (le côté enfantin du western, avec la récurrence dans ce genre de l'étranger annonçant sans détour où se trouve la cachette d'un trésor (ils en ont du bol, ces personnages de western...)), tout en remettant en question de façon humoristique ces stéréotypes du genre, notamment lors de la fameuse scène du bain : le truand Tuco est tranquillement en train de se laver quand un cow-boy, intéressé par la prime offerte à quiconque livrera aux autorités le brigand, arrive, fier de lui, le pistolet à la main. Alors que celui-ci commence à exprimer sa joie dans une vraie logorrhée , Tuco l'interrompt prestamment d'un coup de feu, avant de lancer à son cadavre : "Quand on tire, on raconte pas sa vie !" (N.B : il est déconseillé d'utiliser cette phrase, aussi brillante soit-elle, comme message perso sur MSN. Sortie de son contexte, elle peut paraître bizarre et annoncer quelques étranges sous-entendus. Je le sais, j'ai testé).

...et Ennio Morricone a osé voler la musique de la pub de GDF-Suez !!! Mais où va le monde ??

Les personnages, dépeints dans toute leur ambiguïté, s'émancipent aussi des carcans du genre : Tuco (Eli Wallach) est annoncé comme le méchant, alors qu'il devient sûrement le personnage le plus sympathique aux yeux des spectateurs (plein d'une "tendresse et d'une humanité blessée", dira Leone en le qualifiant), Blondin (Clint Eastwood) est "Le Bon" alors que la bonté de ses actions laisse à désirer... D'ailleurs leur duo, au fonctionnement propre des tandems de comédie (deux personnes que tout oppose (physique, morale...) obligées de poursuivre la route ensemble), entre amour et haine, est aussi un des rouages clefs de la réussite de ce film. Gravite autour de ce duo le terrible Sentenza à la froide cruauté, qu'on aimerait voir plus souvent dans ce film, le personnage que dépeint Lee Van Cleef étant tout à fait intéressant, et figurant sans doute en bonne place dans la liste des meilleurs méchants du cinéma.

Au final, "Le bon, la brute et le truand" a beau partir d'une trame basique, elle est dynamitée avec brio par Sergio Leone, qui remanie le genre du western en brossant (avec l'aide de ses scénaristes) des personnages complexes et donc marquants, chacun ayant sa propre musique de Morricone. Bien sûr, tout n'est pas parfait dans cette oeuvre : par exemple, la séquence de la rencontre des soldats devant le pont, trop naïve, semble droit sortie d'un livre tel "Martine va à la guerre" (d'ailleurs cette séquence a été raccourcie dans la version française). Mais il est trop dur de bouder son plaisir devant un tel chef d'oeuvre du cinéma. A voir, revoir, et re-re-revoir.

L'anecdote gore : vous avez réussi à lire tout ça ?! Waouh, félicitations ! (ou alors vous avez vu le mot "gore" et vous êtes venus directement à ce paragraphe... dans ce cas là, je vous ordonne de commencer la lecture depuis le début, espèce de fainéants !) Ca mérite bien une petite récompense. Ce sera en l'occurence une petite anecdote, glanée sur Wikipédia : Leone ne trouvait pas de "faux" bon squelette pour la scène finale, et les services médicaux ne pouvaient lui en procurer un vrai. Il s'adressa donc à une femme louant le squelette de sa mère, actrice de son vivant, qui désirait "continuer sa carrière même après sa mort"... La petite histoire ne précise pas si le nom de la mère est inscrit ou non au générique...



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Les Inconnus et le cinéma français

Publié le par Chippily

Il fut une époque où les comiques français étaient drôles. Si si. Même, ils arrivaient à se moquer avec intelligence de la société. Je vous assure ! Mais alors, qu'est-ce qu'il s'est passé pour que ces vidéos hilarantes, ces bandes-annonces mordantes, disparaissent du paysage audiovisuel français au profit de caméras cachées gonflantes et de vidéos à base de crétins s'amusant à se faire mal ? Réponse : la séparation des Inconnus. Groupe comique mythique des années 90, tous sont passés à leur moulinette : le fisc, les émissions sportives, les bobos, les jeux télévisés débiles... et même le cinéma français. Qui en a pris pour son grade. Et bien. Vérifiez par vous même...

Cinéma cinémas

Où l'on apprend (enfin !) ce qu'il y a derrière ses fichues portes !
(la deuxième partie, c'est ici)

Allons au cinéma

Les critiques hypocrites ? Mais non ! Pas du tout...

Les Césars

Ambiance sibérique, monologues interminables, actrices hystériques... nul doute : les Inconnus ont brillamment réussi à saisir l'essence même des Césars.

Le chevalier de Pardaillec

Une production purement française. Comment ça, il était inutile de le préciser ??



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Un film culte vu par une inculte : Easy Rider

Publié le par Chippily

Le pitch : Deux amis décident de faire une virée en motos jusqu’à la Nouvelle Orléans, où se déroule le carnaval.

Vendredi soir. Vers 22h. En zappant, je tombe sur « Easy Rider ». Ah oui, que je pense, un film avec des mecs qui font de la moto, ça me dit vaguement quelque chose… Et puis, y’a pas Jack Nicholson dedans ? Bon, allez, hop, je regarde. Premières images. Ouh là là, ça sent la réalisation poussiéreuse des années 60, ça ! Tant pis, je continue à regarder. Et, au fur et à mesure, à me plonger dedans. Le film semble à moitié improvisé, un bon vent de spontanéité et de fraîcheur souffle sur l’œuvre, mêlant vues de paysages prises sur le vif et échanges scénarisés entre ploucs de l’Amérique profonde et nos héros chevelus. « Born to be wild », qu’elle dit la B.O. Et puis le final. Pan. Brutal. Odeur de souffre. Fin. Je suis sous le choc. Un vrai coup de génie de Dennis Hopper, le réal. Bon sang, mais il a complètement réussi à capter l’ambiance d’une époque ! Ses rêves, ses illusions, son envie de liberté mal vue par la « Deep America »…et sa fin, aussi. Si le (very bad) trip final des héros semble un peu too much, j’ai vraiment l’impression que les MM’s mangés durant le film contenaient des produits illicites tant je semble planer. Faudrait que je regarde sur l’emballage. On sait jamais.

Le lendemain. Samedi. La présentatrice télé prend un air grave. Dennis Hopper est mort.



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La séquence de la traversée du miroir dans "Orphée" (1949, Cocteau)

Publié le par Chippily

Se moquer de Juliette Binoche, d’Uma Thurmann, s’extasier sur le deuxième Astérix, c’est bien beau, mais c’est quand qu’on parle des grands, des vrais cinéastes, qui en ont (de la technique) et qui ont révolutionné à leur manière le 7ème art ??? Et bien…tout de suite, si vous le voulez bien, avec le grand artiste français Jean Cocteau. Si vous voulez, Cocteau, c’est celui à qui les films d’horreur actuels ont tout piqué : notre petit Jean fait bouger tout seul les draps d’un lit dans « La Belle et la Bête » ? Hop, « Paranormal Activity » lui pique l’idée ! Il monte la séquence où Jean Marais enlève des gants à l’envers pour accentuer le côté mystérieux ? Ni une, ni deux, « The Grudge » fait pareil avec la scène de la Madame qui descend l’escalier ! (sauf que, bon, ça fout un peu plus les chocottes cette fois-ci)

Plus sérieusement, ses effets spéciaux sont quand même dingues pour l’époque (1949, tout de même !). Parce que à côté, « Les dix commandements », tourné 7 ans plus tard, peut vraiment aller se cacher avec son feu qu’on-dirait-qu’ils-l’ont-dessiné-à-l’écran-tellement-c’est-moche…



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La réplique culte : Otis, dans « Astérix et Obélix : mission Cléopâtre »

Publié le par Chippily

Je me souviens que, quand nous étions jeunes (et larges d’épaules ?), c’était à celui qui connaissait le mieux la réplique d’Edouard Baer. Autant dire que, avec ma mémoire de lapin de Pâques en chocolat, c'était pas vraiment ça...



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