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Le dernier cinéma avant l'océan

Publié le par Chippily

Le dernier cinéma avant l'océan
Le dernier cinéma avant l'océan
Le dernier cinéma avant l'océan

Ca vous prend tout de suite au nez. Cette odeur de sel, de vase, de vacances, en quelque sorte. A Port-Navalo (Bretagne), quand vous sortez du bus, il y a la mer, les bateaux, mais surtout ce drôle de cinéma, "La Locomotive", qui surplombe la grande bleue. Histoire de rêver dans la salle, mais de s'en prendre plein les yeux aussi en sortant.

Publié dans HoRs-cHaMp

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Dîtes à Sofia Norlin que ses films sont ennuyeux, elle adorera ça

Publié le par Chippily

Dîtes à Sofia Norlin que ses films sont ennuyeux, elle adorera ça

Deux festivals consacrés au cinéma des pays nordiques se sont déroulés en Bretagne début 2015 : Travelling Oslo, à Rennes, qui a mis à l'honneur la Norvège et les Rencontres du cinéma européen de Vannes, axées sur le cinéma scandinave. Coup de chance, j'ai pu grignoter quelques séances à droite, à gauche dans chacun des deux. Compte-rendu.

Bon, d'accord, ce soir-là, je n'étais peut-être pas dans une condition physique optimum. Quand je me suis posée sur un des sièges du cinéma Garenne de Vannes, j'avais déjà eu une journée bien remplie derrière moi, à sillonner Quimper et à me remplir la tête de légendes de la ville.

Mes préférées : le roi Gradlon obligé de jeter sa fille à la mer pour sauver sa ville ; l'ermite Corentin qui arnaque le roi avec son poisson et celle de Yann an Aod (Jean de la Grève), un mauvais esprit qui te provoque, et, si tu as le malheur de lui répondre, qui te suit en voulant te frapper ! (on plaisante pas avec les mauvais esprits bretons...)

Dîtes à Sofia Norlin que ses films sont ennuyeux, elle adorera ça

Saint-Corentin : Eh, roi Gradlon, regarde comment je fais pour me nourrir chaque jour (mdr) ! Je découpe une part de ce poisson, et quand je le replonge dans l'eau, hop, il se reconstitue et je le repêche ! Et je fais ça chaque jour (lol)

Roi Gradlon : Waouh !!! Pour te montrer mon admiration, je te donne mon château, et je te fais premier évêque de mon royaume !

Saint-Corentin : Euh... D'accord !

Mais la réalisatrice suédoise Sofia Norlin est arrivée tout en sourires et en éclats de rires, et je me suis dit que, finalement, j'allais peut-être passer une bonne soirée devant les films de cette cinéaste que je ne connaissais pas.

Dîtes à Sofia Norlin que ses films sont ennuyeux, elle adorera ça

Au programme de la soirée : un court-métrage avec Sara Forestier, tout juste sortie de "L'Esquive" de Kechiche ("Les Courants") et son premier long-métrage, "Broken hill blues", film qui suit la destinée de quelques ados dans une ville, Kiruna, en train de s'effondrer à cause de la mine sous ses pieds (ce qui est encore plus flippant, c'est que cette ville existe vraiment).

Juste le temps d'étouffer un baillement et "Les Courants" commence. Sara Forestier, tout en froncements de sourcils insolents, incarne une jeune SDF qui va semer la zizanie dans la vie d'une ado innocente. C'est bien filmé, ça joue bien... mais on ne sait pas vraiment où ça veut en venir. L'écran s'assombrit devant une salle perplexe, qui met quelques looongues secondes à applaudir la réalisatrice. Par politesse.

Dîtes à Sofia Norlin que ses films sont ennuyeux, elle adorera ça

Mais allez, le deuxième va être mieux, je le sens. "Broken hill blues" suit les errements d'adolescents habitant une ville tombant en ruines. Le premier rêve d'un garage, le deuxième a des problèmes avec son paternel et la dernière photographie des papillons en photos (?!), nage et marche dans les piscines vidées la nuit (allez comprendre).

Pas de doute, la photographie est superbe, toutes en teintes glacées. Elle a d'ailleurs remporté l'Oscar suédois en la matière. Et le cadre est exceptionnel, avec cette ville qui tremble sans cesse. 

Dîtes à Sofia Norlin que ses films sont ennuyeux, elle adorera ça

"C'est en lisant un article dans Le Monde que je l'ai connue et que j'ai eu envie de faire un film là-bas, explique Sofia Norlin. C'est une ville magnifique, qui s'effondre à cause de l'argent, ce qui est une métaphore de notre société. On y a tourné et on a dû changer d'hôtel en plein tournage, tellement le bâtiment menaçait de s'effondrer. Quand on y est retourné, de l'herbe avait commencé à y pousser."

Une vision que la réalisatrice reprendra lors de séquences oniriques avec des enfants qui marchent seuls au milieu de la nature, mais aussi des rennes qui tournent en rond... (Terrence Malick, es-tu là ?) Le tout au son de quelqu'un dans la salle qui souffle dans un tuyau. Ah non, pardon, c'est dans le film.

"Je voulais créer de la musique avec des objets présents dans le long-métrage, précise Sofia Norlin. On a soufflé sur des bouteilles ou alors sur des verres, car le père d'un des personnages, Daniel, est alcoolique."

Dîtes à Sofia Norlin que ses films sont ennuyeux, elle adorera ça

Côté personnages, si la fille ne sert pas à grand chose, les deux garçons sont assez intéressants, notamment de par leur relation avec leur père : l'un a sa famille qui l'oblige quasiment à aller travailler là où son géniteur est mort (la mine) tandis que l'autre a son paternel qui passe son temps à picoler avec ses potes sur le canapé du salon.

Donc, récapitulons : Sofia Norlin a le cadre, les personnages... et pourtant, on s'ennuie un peu (beaucoup) dans son film. Et c'est frustrant. Il ne se passe rien, ça tourne en rond (comme ces rennes) et il y a foison de scènes inutiles, comme lors de ce passage où le garçon nommé Marcus dit à son ami qu'il veut monter un garage et que celui-ci lui répond...en faisant le poirier.

- Chérie, t'as aimé ma tarte aux pommes ?

Dîtes à Sofia Norlin que ses films sont ennuyeux, elle adorera ça

- ... Ok.

Et puis, surtout, j'ai la paupière qui bat furieusement et qui menace de gober mon oeil. Une conséquence de mes pérégrinations à Quimper, peut-être. Mais la lenteur de ce que je vois à l'image combinée à la moelleusité de mon siège n'y sont sûrement pas étrangers non plus. Une fois le film fini (euh...comment il se finit déjà ?), j'applaudis énergiquement. Mais c'est surtout pour me réveiller. 

"Il y a une productrice qui m'a que mon film était dans une sorte de torpeur, entre sommeil et éveil", commence Sofia Norlin. Ouais, que c'était chiant, quoi. "Et c'est exactement ce que je voulais faire, donc ça m'a fait plaisir, s'exclame la réalisatrice. Parce que c'est aussi ça, la vie."

Sur le coup, ça me réveille entièrement. Une réalisatrice qui veut faire un film ennuyeux et qui est ravie quand on le lui dit, j'avais jamais vu ça. "J'ai construit "Broken hill blues" comme un poème", ajoute Sofia Norlin, qui explique aux spectateurs qu'en VO le long-métrage se nomme "Ömheten. Ca veut dire "tendresse", mais c'est aussi pour parler de la douleur après un coup."

Sofia Norlin s'en va, et me laisse un peu sonnée sur mon siège. C'est peut-être bien ça, l' "Ömheten".

Publié dans CiNéMa

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On tente des trucs !

Publié le par Chippily

On tente des trucs !

Tout a changé sur ce blog, alors moi aussi, zou, je change tout ! Vu que je ne connais pas le nouvel Overblog, je vous demande un peu d'indulgence... Attendez-vous à des essais plus ou (surtout) moins concluants...

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