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179 articles avec cinema

Le Tour du MONDE des plus beaux cinémas : le Tuschinski, à Amsterdam

Publié le par Chippily

Le Tour du MONDE des plus beaux cinémas : le Tuschinski, à Amsterdam

A la base, c'est un Tour de France des plus beaux cinémas que j'avais commencé avec ceux de Arzon, Josselin et Redon, mais aussi Mutzig.

Mais là, je suis obligée d'étendre ce Tour aux Pays-Bas. Parce que :

1) Après tout, le Tour de France, le vrai, ne démarre-t-il pas de pays étrangers chaque année ? ;)

2) Je ne pouvais pas faire autrement : le cinéma Tuschinski, basé à Amsterdam, est tout simplement magnifique.

Le Tour du MONDE des plus beaux cinémas : le Tuschinski, à Amsterdam

Comme son nom l'indique, le bâtiment fut financé par Abraham Ticek...Tuschinski, un entrepreneur polonais-néerlandais. C'est Hijman Louis le jeune qui fut collé à sa réalisation.

Et, avec un budget de 4 millions de florins, il se fit plaisir : Art déco, Art nouveau, école d'Amsterdam... Plusieurs styles sont mélangés dans ce bâtiment, qui ouvre ses portes en 1921.

Le hall d'entrée (photo whatsupamsterdam).

Le hall d'entrée (photo whatsupamsterdam).

Malheureusement, comme une certaine famille Frank habitant pas loin, Abraham fut arrêté pendant la Seconde Guerre mondiale et déporté à Auschwitz, où il mourut.

Son cinéma, quant à lui, est toujours sur pied, sous la bannière Pathé. Et il se visite même chaque matin (je crois que c'est de 9h30 à 11h30) pour 10 euros. Et oui, le prix d'une séance de ciné... mais sans le film. Mais ils sont sympas, ils vous offrent un thé à la fin.

Dans les couloirs... (photo Rapsak sur Flickr).

Dans les couloirs... (photo Rapsak sur Flickr).

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Un lieu, un film, une visite : le Bossu de Notre-Dame et sa cathédrale

Publié le par Chippily

Moi sur la cathédrale, en train de m'ambiancer toute seule.

Moi sur la cathédrale, en train de m'ambiancer toute seule.

Aujourd'hui, défi de fou : entrer dans Notre-Dame de Paris. Et pire : monter sur ses tours. Et, pour pimenter le tout : un samedi ensoleillé, premier jour des vacances scolaires. L'attente risque d'être longue...

En la regardant, ça donne le vertige. Non, pas Notre-Dame de Paris, plantée là, rayonnante, sur l'île de la Cité. Mais la grande et dense file qui s'étire devant elle... et qui est hélas le passage obligé pour entrer dans la cathédrale.

Heureusement, lieu saint oblige, le miracle se produit. En un minuscule quart d'heure, je suis à l'intérieur.

La première pierre de la cathédrale a été posée en 1163. Elle a dû en voir passer, des pigeons !

La première pierre de la cathédrale a été posée en 1163. Elle a dû en voir passer, des pigeons !

Cela fait depuis 1996 (donc 20 ans, oui, bravo le calcul mental) que je rêve de ce moment. Depuis mon tout premier visionnage du "Bossu de Notre-Dame". Les chansons étaient trop chouettes, surtout celle du juge Frollo qui se faisait une vilaine intoxication au monoxyde de carbone devant sa cheminée.

Et puis, Esmeralda, elle dansait et chantait trop bien, particulièrement quand elle était seule, piégée, dans Notre-Dame de Paris.

Moi c'était tout pareil. Sauf avec un groupe de Chinois au fond à gauche, deux Espagnols derrière Esmeralda et un gosse russe qui se fait chier à droite.

Moi c'était tout pareil. Sauf avec un groupe de Chinois au fond à gauche, deux Espagnols derrière Esmeralda et un gosse russe qui se fait chier à droite.

Difficile de savoir ce qu'elle ressentait tellement il y a du monde ce jour-là. Les allées sont envahies de touristes parlant toutes les langues de la terre ou de mini-échoppes proposant des bijoux avec Jésus dessus. Euh... Les marchands du temple... la Bible... ça dit quelque chose à quelqu'un ?

Difficile aussi de faire une prière pour les bannis "qui ont droit d'amour". Déjà parce que c'est payant et puis surtout qu'il y a tout un groupe qui attend déjà. Bonjour l'intimité du moment de recueillement.

Les confessionnaux ont aussi beaucoup changé depuis l'époque de Quasimodo. Maintenant, on "échange" avec un prêtre dans un espace vitré, assis à un bureau. Etrange.

Confess !!! (crédit : paris.catholique.fr)

Confess !!! (crédit : paris.catholique.fr)

En dépassant un groupe de Chinois prenant en photo au flash un objet dans une vitrine, je me dis, déçue, que Notre-Dame ressemble plus à un musée qu'à un lieu sacré. Ça parle fort, ça fait plein de photos, ça se bouscule...

Et soudain, autre miracle : un rayon de soleil passe dans la rosace (magnifique) de la cathédrale. Avec la musique religieuse (diffusée à plein volume), c'est sûr que ça a son petit effet.

Moi devant la rosace avec ma chèvre.

Moi devant la rosace avec ma chèvre.

Pour monter sur les tours, il faut ressortir... et faire encore la queue. Comme Dieu ne connait pas l'adage "jamais deux sans trois", un troisième miracle ne se produira pas : la file s'éternise, les gens sont pris au compte-goutte.

Un homme nous fait mettre deux par deux. Je ne sais pas à quoi ça sert vraiment, mais au moins ça fait bouger et permet de se réchauffer dans cette rue où le soleil est cachée par l'immense édifice religieux.

Une heure plus tard, je suis dedans. Une petite fille fait des yeux ronds devant une vigile. "Esmeralda existe !" Le service de sécurité s'esclaffe. Maintenant, il va falloir monter. On s'avale une première flopée de marches jusqu'à la billetterie. Sur la porte, un écriteau mentionnant une attente de sept minutes.

"Tout est minuté", me confirme le jeune homme qui vérifie les billets. Le temps de montée, de descente... 

Tout le monde a pris son billet (gratuit pour les moins de 25 ans, ça vaut le coup), on peut aller jusqu'au sommet. Je commence vite. Trop vite. Les poumons brûlent, le souffle est court. Et elles viennent ces tours, oui ??

Paris vue du ciel (ou presque).

Paris vue du ciel (ou presque).

Enfin, de la lumière. Et l'émerveillement. D'ici, on voit tout. Le Sacré-Coeur à gauche. La Défense tout au fond. La Tour Eiffel. Et la longue file de personnes attendant leur tour pour entrer dans Notre-Dame. 

Les gens.

Les gens.

Le diable qui se fout de la gueule des gens.

Le diable qui se fout de la gueule des gens.

Impossible toutefois de rendre hommage à Quasimodo en se faisant un petit surf sur les toits : tout est grillagé. Mais des petits malins ont fait des trous assez grands pour y passer un portable, voire un appareil photo. 

Je baisse la tête pour entrer dans la tour de droite. Deux grosses cloches pendouillent du plafond. Dans la cabine du gardien, un livre est posé sur le banc : "Notre-Dame de Paris", de Victor Hugo. Quel hasard.

En ressortant, j'avise quelque chose gravé dans la pierre. Chouette, un écrit d'époque ! Euh... Pas vraiment en fait.

...

...

Après s'être émerveillé sur la vue depuis la tour de gauche, du passage entre les deux tours, et de la tour de droite, il est temps de redescendre. Des centaines de marches plus tard et un tournis bien avancé, me revoilà sur la place. Un dernier coup d'oeil à la vieille dame et je pars. J'ai d'autres files à fouetter.

Publié dans HoRs-cHaMp, CiNéMa

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Que vaut le livre "La fille du train" ?

Publié le par Chippily

Emily Blunt dans le film "La fille du train".

Emily Blunt dans le film "La fille du train".

"La fille du train", avec Emily Blunt, sort le 26 octobre chez nous. Mais que vaut le bouquin de Paula Hawkins, dont est tiré le film et qui cartonne en librairie ?

Depuis "Gone girl" de David Fincher, tout le monde semble le redécouvrir : LES APPARENCES SONT TROMPEUSES. Et ouais. Paraît qu'il y a même un proverbe là-dessus, avec les habits d'un moine ou je ne sais quoi, mais plus personne ne s'en rappelle.

Quoi, cette jolie jeune femme n'aurait donc pas forcément un coeur d'or alors ?

Que vaut le livre "La fille du train" ?

Ce jeune homme, beau comme un Dieu, ne serait donc pas obligatoirement une âme charitable, avec un destin de médecin humanitaire auprès des enfants d'Haïti ?

Que vaut le livre "La fille du train" ?

Et ce Monsieur...euh...

Que vaut le livre "La fille du train" ?

Laissez tomber.

Donc, les apparences sont trompeuses et Rachel, l'héroïne du livre "La fille du train", va vite le découvrir. Chaque matin, assise dans son RER D train, elle voit un joli petit couple qui lui semble idéal (il faut dire que la fille a la même tête que Jennifer Lawrence). Elle leur donne même des petits noms, Jason et Jess, c'est trop choupi.

Sauf qu'un jour, elle voit Jess avec un autre homme. Et, quelques jours plus tard, elle apprend que Jess a disparu...

Que vaut le livre "La fille du train" ?

Je ferme là le robinet à ironie, car force est de constater que Paula Hawkins maîtrise son sujet : changements de points de vue et suspense ne cessent de relancer le récit. Et on se prend très vite au petit jeu de deviner qu'est-ce qui s'est vraiment passé. Dur dur alors de lâcher le bouquin.

De plus, l'auteure a eu le cran de faire de son héroïne une femme névrosée et alcoolique, bref pas vraiment un modèle à suivre, à qui on a souvent envie de botter le derrière.

Alors, tant pis pour le postulat gnangnan de départ : les 453 pages (version livre de poche) se lisent d'une traite. Et pour dire, même Télérama a été convaincu.

Publié dans LIVREs, CiNéMa

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Qu'est-ce que "Les sept mercenaires" a piqué aux autres ?

Publié le par Chippily

Qu'est-ce que "Les sept mercenaires" a piqué aux autres ?

Voir le nouveau "Les sept mercenaires", c'est faire un décompte. Un décompte de toutes les choses qu'on a déjà vu dans d'autres films et qui se retrouvent là. Et à la fin... ça fait pas mal ! Alors, d'après moi, "Les sept mercenaires" ont volé...

Le visage de Jennifer Lawrence

A gauche, Haley Bennett dans "Les sept mercenaires". A droite, Jennifer Lawrence dans "Hunger games".

A gauche, Haley Bennett dans "Les sept mercenaires". A droite, Jennifer Lawrence dans "Hunger games".

J-Law était occupée (ou avait senti le désastre à venir) ? Pas grave, on prend un de ses clones de visage. La petite Haley Bennett par exemple. D'ailleurs, Jennifer Lawrence ne devait pas être disponible non plus pour l'adaptation ciné de "La fille du train", car devinez qui on retrouve au casting, hum ?

Une scène de "Django Unchained"

Qu'est-ce que "Les sept mercenaires" a piqué aux autres ?

Vous vous rappelez la séquence dans "Django unchained" (Quentin Tarantino) où King Schultz, après avoir fait sa petite affaire dans un saloon, sort et explique à tout le monde qu'il est mandaté pour attraper les voyous ?

Remplacez Christoph Waltz par Denzel Washington et vous aurez une des premières scènes des "Sept mercenaires".

Hodor à Game of Thrones

Hodor est à droite.

Hodor est à droite.

Comment ça, c'est Vincent d'Onofrio ???

Tout à Sergio Leone

Qu'est-ce que "Les sept mercenaires" a piqué aux autres ?

Inévitable de penser au maître du western spaghetti en regardant tout film où il y a des canassons avec des Messieurs à chapeaux dessus. Ça ne ratera pas avec "Les sept mercenaires". Tout y est : la musique, les plans...

Et puis, il essayerait pas de pomper Clint Eastwood, Chris Pratt, avec ses mimiques ??

La tendance "je mange un organe d'animal mort cru" de Danse avec les loups

Qu'est-ce que "Les sept mercenaires" a piqué aux autres ?

La scène : après une séance de chasse intensive aux bisons, les indiens offrent à John Dunbar un foie de cet animal, qu'il doit manger.

Ce que les producteurs de "Les sept mercenaires" ont retenu : LES INDIENS MANGENT DES ORGANES CRUS ! D'où une scène un poil bizarre dans le film.

Publié dans N'ImpS !!!, CiNéMa

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Non, "Elle" ne fait pas l'apologie du viol

Publié le par Chippily

Non, "Elle" ne fait pas l'apologie du viol

Paul Verhoeven serait-il infâme ? C'est la question sur laquelle s'écharpent critiques et internautes depuis la présentation de son dernier film à Cannes, "Elle", avec Isabelle Huppert. En cause : pour Delphine Aslan, co-fondatrice de l'association qui se dit féministe FièrEs, le long-métrage surferait sur la "vague malheureusement bien connue de la culture du viol". Perso, je pense que c'est un peu plus complexe que ça...

SPOILERS A MORT !!!!

Le chat gris n'en perd pas une miette. Assis près d'une table, il dévore des yeux ce qui semble être une scène d'amour, pendant que des râles de plaisir montent crescendo. La caméra bifurque sur le couple. L'homme a une cagoule. La femme est à terre, du verre brisé autour d'elle. Il y a du sang sur ses cuisses. L'homme part. La femme reste sonnée. Malaise.

En moins de cinq minutes, Isabelle Huppert et le mystérieux homme en noir ont provoqué le scandale. "Il est génial ce film, raille Delphine Aslan. Il permet aux journalistes pourfendeurs de la bien-pensance de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas : les femmes, au fond, elles aiment quand on les force." Euh... Vraiment ?

Quand Isabelle Huppert se fait violer, elle ne rêve pas que l'inconnu revienne : elle s'imagine en train de lui fracasser la tête. Même, elle va acheter une jolie hache et une bombe lacrimo pour se défendre (et elle n'hésitera pas à s'en servir).

Non, "Elle" ne fait pas l'apologie du viol

"Vous voulez savoir ce qu'est un thriller féministe ? Ce serait un film où l'héroïne poursuit son violeur, le retrouve, découvre qui il est, l'émascule, le défigure, le fait enfermer ou se venge d'une manière ou d'une autre", dénonce Delphine Aslan... alors qu'Isabelle Huppert prend exactement le même chemin.

Elle s'arme, mène une enquête, se défend (aïe aïe aïe le ciseau enfoncé dans la main) et découvre finalement qui est son agresseur. Et là...ça se complique. Et ça devient très intéressant. Non, Isabelle Huppert ne va pas se venger de manière cliché comme le préconise la co-fondatrice de FièrEs. Et c'est ça qui fait tout le sel du film. 

Non, "Elle" ne fait pas l'apologie du viol

Le long-métrage sombre dans l'ambiguïté, devient retors. Quels sont les vrais sentiments d'Isabelle Huppert, au passé plus que trouble ? Son véritable objectif ? Elle, la sadique qui fait exploser un couple, humilie sa mère, veut blesser la nouvelle compagne de son ex, à qui d'ailleurs elle défonce l'avant de la voiture.

Le film "Elle" "décrit la rencontre improbable et fusionnelle de deux monstres", écrit Jean-Baptiste Morain dans les Inrocks. Et ce n'est peut-être pas l'homme qui mène la danse, comme le clame avec colère Delphine Aslan.

Certains parleront de danse macabre. J'y vois plutôt une corrida. Où le toréador joue avec un être noir. Le provoque, puis s'esquive. Avant la mise à mort finale.

Dès le générique de fin, j'ai voulu rembobiner "Elle". Y dénicher d'autres indices. Y comprendre des sous-entendus. Y revoir la scène terrible et mystérieuse de la prison. Et être sûre, que, à la fin, ce sont deux copines qui partent ensemble... ou si c'est le bourreau qui emmène entre les tombes sa nouvelle victime.

Publié dans CiNéMa

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Trois raisons de voir Le Crabe-Tambour

Publié le par Chippily

En route pour les eaux glaciales du Canada, trois hommes se souviennent d'un quatrième, qu'ils surnommaient le Crabe-Tambour. Ou Jean Rochefort AVANT...

En route pour les eaux glaciales du Canada, trois hommes se souviennent d'un quatrième, qu'ils surnommaient le Crabe-Tambour. Ou Jean Rochefort AVANT...

1. Pour briller en société. L'histoire se passe sur le navire Le Jauréguiberry. Et c'est toujours classe de sortir "Jauréguiberry" d'une traite, en parlant du film, à table, entre le repas et le dessert. Mon astuce mnémotechnique pour retenir ce nom : penser à la phrase "J'aurais Gui Berry !" (Gui Berry étant, comme tout le monde le sait, le père du célèbre Ri Berry).

2. Parce qu'avant de faire n'importe quoi, Jean Rochefort était un acteur sérieux. Et même qu'avec son rôle de commandant sec et froid dans "Le Crabe-Tambour", il a remporté le César. C'était en 1978.

Sa réplique phare dans le film : "Pas de sermons, docteur ! Pas de sermons !"

Sa réplique phare aujourd'hui : "C'est un piaf bien pépère qui chille sur un arbre chéper et s'envoie un petit Babybel des familles."

...et Jean Rochefort APRES.

...et Jean Rochefort APRES.

3. Parce que les chats noirs ont aussi leur mot à dire. Stuper à Minouland ! Le 20 mai, Slate dégainait son article, véritable pavé dans la mare : "Pourquoi le cinéma hollywoodien caste-t-il toujours le même chat ?" accompagné de photos de matous...roux. Bon, l'article ne répond pas vraiment à la question, hein, même si à un moment on ose un : "Les chats roux passent bien à l'écran."

Et là, lever de boucliers, miaulements furieux des chats d'autres couleurs criant au racisme, blocage des usines de croquettes pour protester... Cloturons tout de suite cette polémique : non, il n'y a pas que les chats roux qui sont cinégénique. La preuve, dans "Le Crabe-Tambour", on adopterait bien le chat noir du héros, nommé Monsieur ma conscience.

Trois raisons de voir Le Crabe-Tambour

LA VRAIE CRITIQUE DU FILM

Le Jauréguiberry plonge. Doucement, le navire s'enfonce dans les flots, tel un sous-marin rejoignant le fond de l'océan. Et soudain, il se redresse, dans un éclat de vagues et d'embruns.

S'il y a bien une chose qui est réussie dans "Le Crabe-Tambour", c'est ça : ces prises de vue impressionnantes d'un bateau malmené par les flots et chopées par Raoul Coutard, le célèbre chef-opérateur. Qui organisera d'ailleurs une séance spéciale avec uniquement ces rushes devant des marins ébahis.

La peine des hommes

Il y aura aussi cette véritable séquence de pêche au large de Saint-Pierre-Miquelon, comme un petit bout de documentaire qui s'est fait une place dans un autre film. En l'envoyant rejoindre ces travailleurs par zodiac, le réalisateur Pierre Schoendoerffer aurait dit à son opérateur Dominique Merlin : "Ramène-moi la peine des hommes !"

Tout suinte le réel dans "Le Crabe-Tambour". Cette manière sèche de parler quand on dirige un navire ("Je prends !"). Jean Rochefort qui se balade en tenue de commandant. Ces moments d'attente dans le ventre du navire. Les valeurs défendues par les officiers (honneur, donner sa parole...) Il faut dire que tout a été validé par la Marine et que les acteurs ont tourné en mer, avec les membres du vrai équipage.

Le problème, c'est la fiction

Non, le problème, dans ce film, c'est la fiction. Jean Rochefort, Claude Rich et un Breton alcoolo échangent sur un individu qu'ils ont bien connu, le Crabe-Tambour. Au moyen de flash-backs, dans un récit dense, ils recousent leurs souvenirs sur un homme qu'ils semblent tous porter en estime. Pour quelle raison ? On ne sait pas trop. Et c'est bien ça le problème.

Tout est axé sur le Crabe-Tambour, qui, malgré son charisme et son chat noir, manque de grandeur. Et pourtant, pour qu'un commandant tel Jean Rochefort soit autant en admiration devant lui, c'est qu'il en avait, le bonhomme ! 

Miné par ses longues séances de parlotte, une intrigue parfois complexe pour celui qui ne connait pas bien l'histoire de France, et manquant de lyrisme, le "Crabe-Tambour" sombre. Car Schoendorffer, trop collé à la réalité, a oublié de donner une envergure romanesque à son récit.

Mais, comme Le Jauréguiberry, soudain, à travers quelques séquences (celles documentaires, mais aussi du procès, par exemple), le film remonte miraculeusement au-dessus des flots. Et, à ce moment là, semble insubmersible.

Publié dans CiNéMa, N'ImpS !!!

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Julieta : du rouge, de l'Eurovision...et du déjà vu

Publié le par Chippily

Julieta : du rouge, de l'Eurovision...et du déjà vu

Je vous arrête tout de suite, avec votre "festival de Cannes ceci, festival de Cannes cela...". Ca suffit ! Déjà, hein, chez moi aussi y'a de l'eau et des bateaux, hein.

(photo Le Télégramme)

(photo Le Télégramme)

Chez moi aussi y'a de grands palaces et un immense palais des festivals consacré au cinéma.

Julieta : du rouge, de l'Eurovision...et du déjà vu
Julieta : du rouge, de l'Eurovision...et du déjà vu

Et déjà que la grande salle, elle est vachement grande ! Ouais ouais !

Julieta : du rouge, de l'Eurovision...et du déjà vu

En plus, on comprend rien à vos tweets. Ils ont hué la projection ou non, bordel ??!

En plus, on a même eu "Julieta" en avant-première, sans faire de queue de 2 h et sans badge rose, vert ou arc-en-ciel !

Pitcho, mon pitch : Julieta traine une tristesse infinie dans des rues de Madrid gorgées de soleil et de couleurs. D'ailleurs, c'est marrant, le film est comme une sorte de "Où est Charlie ?" mais avec la couleur rouge, qu'il faut trouver à chaque scène.

Julieta : du rouge, de l'Eurovision...et du déjà vu
Julieta : du rouge, de l'Eurovision...et du déjà vu
Julieta : du rouge, de l'Eurovision...et du déjà vu

Là... là... là...

Mais bon, de toute façon, "Julieta" a un souci avec les couleurs. Parce que, comment ça se fait que l'héroïne passe tout le film avec des cheveux blonds et qu'ils soient bruns sur l'affiche, hein ??

Julieta : du rouge, de l'Eurovision...et du déjà vu

Un jour, Julieta tombe sur une amie d'enfance de sa fille. Fille qu'elle n'a pas revu depuis belle lurette. Alors, hop ! Elle prend un cahier et commence à écrire tout ce qu'elle aurait voulu dire à sa fille. Par exemple, comment elle a chopé un ancien chanteur de l'Eurovision (je suis désolée, mais quand on s'appelle Xoan, on ne peut que être un ancien chanteur de l'Eurovision).

Julieta : du rouge, de l'Eurovision...et du déjà vu

Elle va d'ailleurs TOUT lui raconter. Par exemple, comment ils se sont branchés en parlant de cerfs en rut (moment chelou n°1). Ou comment ils ont copulé après le suicide d'un homme (moment chelou n°2).

Elle va lui conter les grandes épopées de sa vie...que sa fille connait déjà en fait. Mais on s'en fiche, fallait bien un prétexte pour commencer cette histoire, non ? Et puis, arrosons ça de musique angoissante à la Hitchcock, pour bien que ça fasse mystérieux...

Mais il y a un gros souci quand même : ce film, on l'a déjà vu mille fois. Au moins.

Julieta : du rouge, de l'Eurovision...et du déjà vu

La gouvernante flippante ? Déjà vu, et en mieux fait en plus. Le fameux événement dramatique ? Déjà vu, sans surprise et trop facile. Le refrain sur la reproduction des mêmes schémas et des mêmes erreurs de génération en génération ? Mille fois chanté. Un certain Emile Zola nous avait d'ailleurs déjà fait toute une série au 19ème siècle sur la transmission de tares de père en fils.

Alors bon, qu'est-ce qu'on sauve ? Une certaine langueur plaisante au début mais fatiguante à la fin (comment ça, il n'a duré que 1h40 et pas 2h30 ??). La beauté des plans. Le jeu des actrices. Le coup de la serviette, bien évidemment. Et...il semblerait que ce soit tout. Bien léger pour un candidat à la Palme d'Or...

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Le manoir magique : Sarkozy contre Tonnerre le chaton

Publié le par Chippily

Le manoir magique : Sarkozy contre Tonnerre le chaton

A première vue, "Le manoir magique" a tout l'air d'un film d'animation banal et inoffensif : l'histoire d'un petit chat, Tonnerre, qui cherche à sauver le manoir d'un magicien habité par des animaux et des jouets magiques... sur lequel veut faire main basse l'infâme neveu, agent immobilier.

Le film, adapté d'un court-métrage 4D d'un parc d'attraction belge, se veut être un (très édulcoré) parcours de maison hantée : on voit parfois la scène à travers les yeux du chat, des objets jaillissent à l'écran, il y a des péripéties en tout genre... 

Comme ça, ça a l'air gentillet, mignon comme tout, parfait pour une soirée en famille devant le feu qui grésille... Sauf que. Sauf que "Le manoir magique" n'est pas un simple film d'animation car :

HYPOTHESE N°1 : C'est un film d'anticipation politique

En cause ? Le méchant du film :

Le manoir magique : Sarkozy contre Tonnerre le chaton

Un brushing impeccable, un costume cravate, un air à tout le temps manigancer quelque chose... Mais oui ! C'est Nicolas Sarkozy, l'ancien président de la République française !!

Le manoir magique : Sarkozy contre Tonnerre le chaton

Et là, ça change tout.

On reprend le film depuis le début : c'est l'histoire de Nicolas Sarkozy qui vient de perdre les élections présidentielles ("Le manoir magique" est sorti en 2013). Alors, comme il faut bien se réorienter, parce qu'il ne va quand même pas rester en politique avec toutes les casseroles qu'il se traine (hum hum), il réfléchit à un nouveau métier.

Il se dit que, quand même, il a réussi à faire croire aux autres dirigeants européens que la France était un grand Etat, fort, puissant. Oui, il pourrait faire gober n'importe quoi aux gens, hahaha. Et faire vendre n'importe quoi. Allez ! Il deviendra agent immobilier.

Ca tombe bien, son oncle, le magicien Lorenz (inspiré par Pierre Richard !!) a une chouette baraque : un immense manoir... mais où vivent de pauvres animaux vieux ou abandonnés et des jouets tout mignons. Mais vu que Nicolas est une caricature de la droite dure, tout ce qui l'intéresse, c'est le pognon, et il va tout faire pour se débarrasser de ces occupants.

Ca tombe bien, il a encore des amis riches et bling-bling qui pourraient être intéressés par l'affaire.

Le manoir magique : Sarkozy contre Tonnerre le chaton

Je ne vous dévoilerai pas la fin mais vous laisse deviner si la reconversion de Nicolas était gagnante ou non.

HYPOTHESE N°2 : C'est le récit de la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012

Un récit tout en métaphores bien sûr. Où le méchant essaye de piquer la place d'un homme qui a le contrôle d'un manoir. C'est marrant, justement le surnom de l'Elysée, c'est le Château...

Reste plus qu'à deviner qui sont les animaux qui lui résistent et l'empêchent de s'approprier les lieux : les Français ? Ses adversaires politiques ?

Maintenant qu'on en parle, le vieux lapin grincheux, ça pourrait être... 

Le manoir magique : Sarkozy contre Tonnerre le chaton

Non, non, je vous laisse imaginer. Et quant au couple d'oiseaux qui fait caca partout, je ne veux même pas me demander qui ça pourrait être...

Ce mercredi 4 mai, à 20 h 55, sur France 4.

Publié dans CiNéMa, N'ImpS !!!

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Une phrase pour résumer...

Publié le par Chippily

Une phrase pour résumer...

The Assassin

"J'ai rien compris"

Le livre de la jungle

"Il en faut, peu pour être heureux..."

Une phrase pour résumer...

The Assassin

Il souffle un air froid dans la salle de cinéma. Le Monsieur à côté de moi a pris son sac dans ses bras pour se réchauffer. Et ce n'est pas le film qui va nous apporter un tant soit peu de chaleur, tant il nous laisse de glace.

Dans la Chine du IXe siècle, une jeune femme élevée par une nonne experte en arts martiaux doit tuer son cousin, qui était autrefois son fiancé. Pour l'instant, c'est clair. La suite le sera beaucoup moins. Il y est question d'oiseau bleu (pourquoi ?), d'un gouverneur qu'on veut assassiner (pourquoi ?), d'une femme masquée qui veut tuer l'héroïne (pourquoi ?)...

Tant de mystères qui peuvent envouter ou définitivement laisser le spectateur de côté. Je vous laisse deviner dans quel camp je me situe...

Une phrase pour résumer...

Le livre de la jungle

"Le livre de la jungle", je n'y suis pas allée en sifflotant tel un Baloo (le gentil nounours du film) se laissant flotter, heureux, sur l'eau. Ah non. J'y suis plutôt allée en trainant la patte, comme une bête que Shere Khan (le méchant tigre) aurait blessée.

"Quoi ?! Tu veux que j'aille voir cette horreur CGIsée ?? je lançai à l'infâme qui voulait m'y emmener. Tu n'as pas vu les dernières horreurs en la matière qu'on nous a infligées ?? Et en plus, c'est un remake ! En 3D !"

(Vous remarquerez avec stupéfaction et euphorie les merveilleuses rimes qui parsèment ce dernier paragraphe)

Lasse (et devant la programmation médiocre), je me laissais convaincre. Et ce fut...une bonne surprise ! Les effets spéciaux ne sont pas si vilains que ça, c'est entrainant, divertissant, ça s'éloigne un peu du dessin animé...

Mais par contre, ça vous laisse les deux-trois chansons du film collées au fond de la tête pendant au moins deux jours. Oh woupidou, voudrait marcher comme vou-ou-ous...

Publié dans CiNéMa

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Trois trucs chelous dans "Rencontre avec Joe Black"

Publié le par Chippily

Brad Pitt et Anthony Hopkins en train de regarder "Rencontre avec Joe Black" : "Et bah, c'est pas terrible, terrible..."

Brad Pitt et Anthony Hopkins en train de regarder "Rencontre avec Joe Black" : "Et bah, c'est pas terrible, terrible..."

C'est l'histoire d'Anthony Hopkins qui entend tout le temps quelqu'un lui murmurer à l'oreille : "Ouiiii..." Ca pourrait être une voix off d'un film de Terrence Malick qui s'est égarée, mais non, c'est la MORT (en majuscules, pour faire plus peur) qui veut TUER notre Hannibal préféré et ceci dans un film qui dure 3 HEURES.

Heureusement, les deux parties concluent un deal : Hopkins doit faire découvrir la vie à la grande faucheuse, et il aura encore le temps de souffler les bougies de son énorme gâteau d'anniversaire.

Personnellement, j'aurais préféré qu'il le tue TOUT DE SUITE, ce qui m'aurait épargné 3 HEURES à somnoler sous une couverture, mais bon, ça aurait été dommage, car le film est plutôt intéressant. Non, pas cinématographiquement parlant, mais plutôt niveau "grand n'importe quoi". Trois exemples.

3. La drague de Brad Pitt

Une femme rencontre un inconnu dans un bar et il lui plaît. Non, ce n'est pas un cliché, mais une séquence de "Rencontre avec Joe Black".

Susan, la fille préférée d'Anthony Hopkins, maquée avec le terrible-pas beau-cupide Drew, s'entiche ainsi de Brad Pitt. Qui commence sa drague par quelque chose comme : "Les femmes et les hommes n'ont rien à faire ensemble."

...

Trois trucs chelous dans "Rencontre avec Joe Black"

Je ne connaissais pas cette technique de drague, mais je suis curieuse d'essayer pour voir si j'arrive au même résultat.

2. L'envolée lyrique d'Anthony Hopkins

Si vous avez bien suivi, Anthony Hopkins a donc une fifille préférée, Susan, qui passe son temps à se mordre la lèvre et à faire de grands yeux tristes et qui est avec un gros beauf, ce qui le chagrine un peu. Par contre, son autre fille, qui se décarcasse pour lui assurer un anniversaire du feu de Dieu, il s'en fout, mais ROYALEMENT. 

Voilà pas que Susan et Hopkins se retrouvent dans la même voiture. Et le père de s'enquérir de l'état de la relation amoureuse entre sa fille et l'abominable Drew. Mais papa, tu te mêles de tes oignons, oui ?!? La fille minaude, Hopkins comprend que ce n'est pas le grand amour, et il s'enflamme. 

Il veut qu'elle soit folle amoureuse, transportée par Cupidon, qu'elle brûle, qu'elle "entre en TRAAAaaaNSE !!!" s'exclame-t-il.

Euh... c'est gentil papa. Rappelle-moi...c'est quand la dernière fois que tu as pécho ? Hum ? Parce qu'il faudrait t'y remettre là. Vite. Très vite.

3. La blague toute pourrie (mais vraiment, vraiment toute pourrie) du mari de la fille-que-personne-n'aime

La famille est à table. Susan a décidé d'entrer en "TRAAAaaaNSE" en se rapprochant de la Mort (qui a pris l'apparence de Brad Pitt, car la Mort ne se fait pas chier). L'autre fille d'Hopkins est triste car son père et le spectateur du film n'en ont toujours rien à faire d'elle. Son mari mange trankilou et Hopkins se lance dans un discours improvisé sur ses deux "petites filles".

A ces mots, le mari de la fille-pas-préférée arrête de manger. Son regard se perd dans le vide. Et il articule : "Moi, j'aime bien les petites filles."

L'image s'est arrêtée. En fait, c'est ma pote qui partage la même couverture et la même somnolence que moi qui a mis le film sur pause. Et qui est en train littéralement de s'étouffer de rire.

Je tente tant bien que mal de la réanimer - j'aime pas trop quand des gens meurent chez moi - et elle se redresse enfin, haletante, les larmes aux yeux. "Mais attends, souffle-t-elle, prête à recommencer une autre crise de rires. Dans quel contexte cette phrase n'est-elle pas horrible ?"

Bonne question. Auquelle on n'aura probablement jamais la réponse. 

Publié dans CiNéMa

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