Jeudi 17 mai 2012
4
17
/05
/Mai
/2012
15:08
Je m'en rappelle parfaitement. La première fois qu'on m'a demandé si je voulais voir "Avengers", j'ai répondu d'un air las : "bof...
J'connais de toute façon déjà l'histoire : ils vont se foutre sur la gueule les uns les autres, y'aura de l'humour, et les zentils gagneront à la fin...ou presque, parce qu'il y aura sûrement une
suite". Et, finalement, après des journées de boulot éreintantes, je me suis dit que ça pourrait me faire du bien de voir Hulk fracasser Thor, toute seule dans une grande salle noire en riant
bêtement tandis que mon cerveau se facepalmerait. C'est pourquoi j'y suis finalement allée. Pour me rendre compte que j'avais décrit parfaitement le film avant même de l'avoir vu.
Bon, qu'on se rassure tout de suite quand même : c'est beaucoup moins nul que ces horreurs que furent Iron Man 2 et Thor. Et Stellan Skarsgard sert enfin à un quelque chose. Enfin, un peu. Parce que faut quand même pas pousser mémé de la falaise.
Pitcho, mon pitch : mais qu'est-ce qu'ils ont tous avec leur cube magique ?! Après Transformers, voici qu'un nouveau cube dôté de pouvoirs est au centre des enjeux. Parce que si les gentils
l'ont en sa possession, les méchants le désirent ardemment... Et donc, revoilà le méchant Loki. Impossible de vous dire s'il était censé être mort dans "Thor" ou juste jarté du royaume, ce film
m'a tellement ennuyée que je ne me rappelle de rien sauf de leurs casques kitsch. Bref, Loki s'amène, fout le souk, et récupère le cube. Nick
Fury (aka Samuel L. Jackson) va alors faire appel à tous les superhéros qu'il a en stock pour tenter de reprendre son dû...
Il a quand même pas mal grossi depuis "Iron Man 2", Starck...
On reprend les mêmes et on recommence ! Ainsi, Iron Man, Captain America, la Veuve Noire, et Thor, accompagnés de Hulk et de
Oeil-de-Faucon vont encore devoir sauver le monde...mais cette fois-ci, pas chacun de leur côté, mais rassemblés. Autant dire que la confrontation de tels égos ne va pas être facile... Côté
plaisir coupable (façon : fantasmes de gosse), on est servi : Thor et Iron Man se mettent des pains, Hulk envoie bouler Thor dans un avion, Iron Man et Captain America font équipe...
L'humour est aussi présent, notamment dans la bouche de l'inégalable Robert Downey Jr., qui hérite de toutes les piques bien senties, tandis que Captain America, qui a hiberné durant près de 70
ans sous la glace (Hibernatus en plus sexy, quoi), fronce les sourcils quand ses camarades évoquent des événements récents. Côté casting, c'est aussi réussi, avec notamment un cast réussi pour
Hulk, personnage dans lequel Mark Ruffalo se glisse avec aisance dans des scènes de bataille parfaites visuellement.
La Warner, prête à tout pour faire le buzz, a diffusé la photo de ses héros alors qu'ils étaient au lycée. Pauvre Jeremy
Renner.
Mais, malheureusement, c'est l'écriture qui ne suit pas. On savait l'équipe Marvel pressée de sortir cet énorme blockbuster,
mais comme disait ma tata Jocelyne a: "Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation" (quelle sagesse, cette tata Jocelyne). Ainsi, Scarlett Johansson a beau s'écrier avec ses gros yeux :
"Loki vous manipule !!", on ne voit pas du tout comme ledit Loki, qui n'a pas rencontré tous les superhéros, pourrait être capable de quoi que ce soit. Et parlons-en, justement, de Loki : censé
être le grand méchant du film, obligeant une foule à se mettre à genoux devant lui pour son seul désir de gloire, il se fait méchamment ridiculiser dans une scène dont l'objectif comique est
certes atteint, mais qui du coup fait du dieu haineux une vulgaire marionnette ridicule. Pas glop pour le charisme. Le personnage, de plus, n'est absolument pas construit correctement : on aurait
pu envisager de jouer sur la pâleur maladive révélatrice de fragilité de Tom Hiddleston pour en faire un méchant ambivalent. Mais...non. Et le voilà transformé en simple faire valoir du film, qui
ne s'enfuit même pas quand on le laisse tout seul sans surveillance dans son coin. Incompréhensible. Faiblesse d'écriture aussi, la scène où les héros, sans se concerter, savent qu'ils doivent
tous se rejoindre à New-York. Alors, soit ils sont tous télépathes...soit ils savent que de toute façon, dans les films d'action et de SF, c'est toujours New-York qui prend, et que si les
extra-terrestres ou autres ennemis de la Terre veulent attaquer, ce sera là-bas. Je pourrai aussi vous parler des liens Veuve Noire- Oeil de faucon qui sentent la naphtaline alors qu'ils auraient
pu être électriques, ou encore de la mort-qui-est-censée-produire-le-choc-révélateur-dans-l'équipe mais qui voit la disparition d'un personnage, certes sympathique, mais pas assez important pour
que son élimination fasse réfléchir tout le monde, mais je m'arrêterai là.
Bref, "Avengers" est ce genre de film durant lequel on passe un bon moment , mais qui, 10 minutes après sa vision, s'évapore
déjà quelque peu dans votre esprit tant il ne renouvelle aucun code (même si le début avec ses fondus au noir et ses séquences sans son, remplaçé par de la musique ou une voix off, sont
surprenantes), et s'avère maladroit dans son scénario. Reste ce fameux plaisir coupable... et le pantalon extrêmement serré de Chris Evans/Scarlett Johansson.
Derniers coups de gueule et coups de coeur