Japon : trois ans après sa retraite, l'aura de Miyazaki toujours intacte

Publié le par Chippily

Le chat-bus de "Mon voisin Totoro" dans une boutique de Tokyo.

Le chat-bus de "Mon voisin Totoro" dans une boutique de Tokyo.

C'est simple, on a l'impression d'en croiser partout. Dans une ruelle étroite de Kamakura, petite ville côtière du Japon fameuse pour son immense Bouddha. Au pied de la Tokyo Skytree, deuxième plus grande tour au monde. Ou même dans le sous-sol de la très fréquentée gare de Tokyo. 

Les "Ghibli shops" sont partout. Et, à chaque fois, c'est la même ambiance forestière. Des plantes, des (faux) arbres, des présentoirs en bois. Avec, dessus les bouilles des personnages de Hayao Miyazaki : Totoro, Jiji (le chat de Kiki la petite sorcière) ou le Chat-bus, déclinés en tout et n'importe quoi (assiettes, jouets, torchons, etc.). Il y a même un immense Totoro en peluche qui ronfle derrière une vitre.

Chui caché.

Chui caché.

L'intérieur de la boutique située à la Tokyo Skytree.

L'intérieur de la boutique située à la Tokyo Skytree.

Trois ans après le dernier film du réalisateur japonais ("Le Vent se lève"), difficile de croire qu'il est bel et bien à la retraite. Ses films, ses personnages, qui ont même leur musée dédié (rarement visitable l'été, car souvent pris d’assaut), sont loin d'être représentés uniquement dans les "Ghibli shops" : ils investissent les pubs, le centre-ville (notamment avec une horloge gigantesque, voir ci-dessous ou cliquer là), les magasins et même les expositions. 

L'horloge Ghibli à Shiodome.

L'horloge Ghibli à Shiodome.

"Waouh, super ce sac Jiji !"

"Waouh, super ce sac Jiji !"

"Euh... C'est quoi cet animal mort que tu te trimbales sur le dos ?"

"Euh... C'est quoi cet animal mort que tu te trimbales sur le dos ?"

Cet été se tenait ainsi, au 52e étage de la tour Mori (Tokyo), une grande exposition dédiée au studio Ghibli à l'occasion de ses trente ans. Malgré l'entrée payante, on suffoquerait presque ce 13 août tant la file est longue et fournie. Dans un coin, des hôtesses distribuent des éventails aux couleurs du studio.

La queue se mouve lentement. Sitôt le fameux ticket empoché, on se retrouve... dans une autre queue. Après plusieurs autres minutes, on débarque dans le hall de l'exposition. Et, en jetant un coup d'oeil aux fenêtres, on se rend compte que oui, on est bien au 52e étage. 

Comment ça ils ont repeint la Tour Eiffel en rouge ??

Comment ça ils ont repeint la Tour Eiffel en rouge ??

Le début de la visite signera...le début de la galère. On est des centaines à pénétrer dans les petites allées en même temps. Pas le temps de s'arrêter pour admirer, sinon on se fait pousser ou piétiner. On avance au ralenti, on a chaud et on ne peut pas prendre de photos.

Sur les murs, des dessins originaux, des affiches, des photos de Miyazaki et de ses collaborateurs tout sourire. On croise un Totoro géant derrière un bar. La foule est vraiment dense, on continue d'étouffer.

Et là... on arrive sur une autre file. Un Chat-bus immense peut accueillir une poignée de visiteurs et bien sûr tout le monde veut poser ses fesses sur les sièges poilus. On y va au compte-goutte. Il faut faire vite : dans un coin, une femme a les yeux rivés sur un chronomètre.

Pff, le Chat-bus, il roule même pas comme un vrai bus...

Pff, le Chat-bus, il roule même pas comme un vrai bus...

Bouffée d'air frais : on arrive dans la salle consacrée aux maquettes et il y a moins de monde. Un bateau volant monte et descend. On reprend son souffle pour affronter le pire : la boutique.

Japon : trois ans après sa retraite, l'aura de Miyazaki toujours intacte

Avant, je n'étais jamais entrée dans une boutique grâce à un ticket. Mais ça, c'était avant. Après une nouvelle (très) longue file, on checke nos tickets d'entrée pour pénétrer dans les lieux. Et là, ce n'est juste plus possible.

"Tu as vu là-bas les Jiji ? Trop mignons !"

"Tu as vu là-bas les Jiji ? Trop mignons !"

"T'as vu, à gauche y'a des goodies du film La Tortue rouge !!"

"T'as vu, à gauche y'a des goodies du film La Tortue rouge !!"

"Vraiment sympas ces T-shirts !"

"Vraiment sympas ces T-shirts !"

J'attrape au vol des cartes postales et me précipite vers la caisse avant de finir broyée par la foule.

On sort de l'exposition éreintées. Ca tombe bien, il y a un MacDo pas loin où se poser. Et ils ont de quoi nous requinquer. 

Oui oui, vous voyez bien : au Japon, les "grandes frites" du MacDo font la taille du plateau.

Oui oui, vous voyez bien : au Japon, les "grandes frites" du MacDo font la taille du plateau.

Publié dans HoRs-cHaMp

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