Et si Jurassic World avait été "LE" blockbuster intelligent de l'été ?

Publié le par Chippily

Et si Jurassic World avait été "LE" blockbuster intelligent de l'été ?
Publicité

Les enfants : Père Raptor, raconte-nous une histoire !

Père Raptor : D'accord, d'accord les enfants. Connaissez-vous l'histoire de ce film qui se fait passer pour un gentil divertissement très bête mais qui, en fait, détruit tout ce qui se fait à Hollywood actuellement ?

Les enfants : Non !!!

Père Raptor : C'est l'histoire d'un parc... En réalité, c'est la même histoire que "Jurassic Park" mais comme personne ne doit le savoir, ça s'appelle "Jurassic World". Sauf que cette fois, le méchant dinosaure répond au doux nom d'Indominus-Rex, soit I-Rex, preuve que, dans le futur, Apple s'est même mis au clonage d'espèces disparues. Un jour, des enfants pas très malins comme vous décident de le visiter. Et bien sûr, c'est ce jour là que rien ne se passe comme prévu...

Et si Jurassic World avait été "LE" blockbuster intelligent de l'été ?

Et dire que j'ai failli ne pas aller voir "Jurassic World" car je trouvais les effets spéciaux de la bande-annonce affreux. Même si je n'ai pas changé d'avis après les deux heures et quelque du film, j'ai quand même bien fait d'avoir pris mon courage à deux mains : le long-métrage de l'inconnu Colin Trevorrow est certainement un des blockbusters de l'été qui m'a fait le plus réfléchir.

Je ne parle pas de la sous-intrigue avec des dinosaures vus comme des armes de guerre : la saga "Alien" nous avait déjà fait le coup. Je ne parle pas non plus de la vision de la société de consommation du film, qui est pourtant assez bien vue, avec ses touristes du parc accros aux nouvelles technologies et qui en demandent toujours plus.

Je parle du vrai sujet de "Jurassic World" : pas les dinosaures, pas la "cool attitude" de Chris Pratt mais... "Jurassic Park", le premier opus de la saga, signé Steven Spielberg.

Publicité
Et si Jurassic World avait été "LE" blockbuster intelligent de l'été ?

Je n'ai jamais vu une suite autant hurler à l'oreille du spectateur que le premier opus était le meilleur. Tout est dit, tout est fait pour le rappeler tout le temps : c'est ces notes de musique échappées d'un autre temps, c'est cet employé moustachu qui ne cesse de le grommeler en affichant fièrement son T-shirt "Jurassic Park", c'est cette cathédrale plongée dans les ténèbres (l'ancien centre) dont on extrait des reliques (des images, des voitures), histoire de définitivement faire entrer le film sorti en 1993 dans la mythologie...

Et puis, surtout, c'est cette fin, terrible et géniale, qui dit tout, signant l'échec du film qui, de son propre aveu, ne pourra jamais aussi bien faire que le premier (SPOILERS !!!!) : les humains ne sont plus que des ombres, le vrai héros est autre part et, dans un rugissement, nous fait savoir qu'il est le seul, et qu'il sera toujours le seul et unique maître de la saga.(FIN DES SPOILERS).

Un film pas terrible, qui en a conscience et qui le clame haut et fort... Il fallait oser. Une provocation qui peut aussi être vue comme une métaphore d'Hollywood, employant toujours les mêmes vieilles recettes, mais qui ne marchent plus très fort : la réalisation doit verser dans la surenchère (dinosaures toujours plus impressionnants/CGI toujours plus moche), et plus personne n'y croit vraiment (cf la fin du film, bien trop belle et bien trop simpl(ist)e).

Comment un film entre dans la légende ("Jurassic Park") et ne peut être recréé, malgré l'argent et les nouvelles technologies, comme ces dinosaures qui ne seront plus jamais aussi réalistes qu'avant : voilà le vrai propos de "Jurassic World". Et c'est sûrement une des choses les plus surprenantes et intelligentes que j'ai pu entendre cet été.

Publié dans CiNéMa

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article