Un film culte par une inculte : La Jetée

Publié le par Chippily

La Jetée lunettes flippant

Quoi ?! Un film français de science-fiction culte ?

Attendez, attendez... Vous êtes sûr qu'il est bien français ? Oui ? Bon. Et que c'est bien un film de SF ? Parce que, vous savez, ici en France, la SF, on en fait une fois tous les 4 ans et en plus à la Saint-Glinglin...

Oui ? Vous êtes certain ? Très bien.

Je suis alors obligée de le voir alors, c'est ça ?

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Pitcho, mon pitch : "La Jetée" de Chris Marker est un film d'anticipation de 1962. Cela veut dire qu'il essaye d'imaginer un futur probable, ici très sombre (une Troisième Guerre mondiale, des survivants vivant dans l'obscurité, un prisonnier que l'on envoie dans le passé pour ramener de l'espoir...).

Le court-métrage (il dure un peu moins de trente minutes) a d'ailleurs imaginé des éléments qui existent désormais dans notre réalité !

- Les lunettes fashion d'Yves Montand dans "l'Aveu" :

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- Le film "Prometheus" :

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(Y'a un pitit air de ressemblance, non ?)

- La Troisième Guerre mondiale (...quoi ? ah merde, c'est vrai qu'on n'est que en 2015 !! Oubliez, oubliez !!)

- Chuck Testa :

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- Et bien sûr, "La Jetée" a inspiré ses "remakes" : "l'Armée des douze singes" en film et en série.

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Mais, ce qui est intéressant, c'est que Chris Marker pioche aussi dans le passé pour créer son univers : il y a la présence d'Hitchcock qui plane, mais surtout celle de la Seconde Guerre mondiale encore toute fraîche. 

Avec ces geôliers du héros qui murmurent en allemand ; ces plans d'hommes au regard vide ou fou ; et surtout la structure du court-métrage, composé en majorité de photos en noir et blanc prenant uniquement vie grâce à une voix off, qui font penser aux documentaires sur la folie nazie, et notamment à "Nuit et brouillard" d'Alain Resnais, sorti en 1955.

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C'est d'ailleurs assez déroutant au début, ce photo-roman (parfaitement assumé par Chris Marker) qui se déroule à son rythme, laissant le temps au spectateur de scruter l'image ou de contempler avec effroi un Paris dévasté. C'est simple comme concept, oui, mais diablement efficace, laissant la place à l'imagination de chacun pour animer ces décors figés.

Reste l'histoire, tragique et poétique, qui valut en 2010 au court-métrage d'être déclaré "meilleur film de voyage dans le temps" par le Time. Alors, vraiment - et permettez-moi ainsi d'inaugurer mon premier jeu de mots pourri de l'année - dans "La Jetée" de Chris Marker, il n'y a rien à jeter.

Publié dans CULTE

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