The Artist : la critique

Publié le par Chippily

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Pitcho mon pitch : Georges Valentin (Jean Dujardin) est une véritable star du muet, que tous admirent, telle Peppy Miller (Bérénice Béjo), qui se rêve grande vedette. Malheureusement pour Valentin, la mode n'est plus au muet, mais au parlant. Et la star, refusant de céder aux sirènes du parlant, de sombrer dans la déchéance, tandis que Peppy Miller se fait une place de plus en plus grande à Hollywood...

Mais pourquoi diable faire un film muet en noir et blanc de nos jours ???

Hypothèse n°1 : Pour faire sauter la barrière de la langue. Aujourd'hui, le cinéma français se concentre sur ses acteurs...ou alors sur ceux québécois ou belges (oui, vive la diversité des langues). Parce que les sous-titres, oh là là, c'est cher à faire, et puis les acteurs étrangers aussi... Bref, où on ne se retrouve qu'avec des acteurs francophones, ou alors le film entier est tourné en anglais et ça nous donne des films "français" comme "Taken" ou "Le Transporteur". C'est là que Hazanavicius a fait fort : qui dit muet dit "on-s'en-fout-de-la-langue". Et vive alors les acteurs venus du monde entier ! (bon, d'accord, c'est essentiellement des acteurs américains ou anglais) Hello John Goodman ! Hello Malcolm McDowell ! Hello James Cromwell ! (et un duo Jean Dujardin-James Cromwell... c'est beau mes amis, c'est beau !).

Hypothèse n°2 : Pour rendre l'image plus expressive. Hazanavicius s'est demené pour avoir affaire à le moins de paroles, et donc au moins d'intertitres, possibles. Du coup, tout doit passer par l'image. Et le spectateur de redécouvrir que oui, on peut faire passer beaucoup de choses par une simple image ou un simple montage. La séquence où Jean Dujardin tombe amoureux de sa partenaire est à ce titre merveilleuse. Mais d'autres séquences reprennent (un peu) trop des schémas assez simplistes : la métaphore de l'escalier, les 3 singes... ainsi que des scènes redondantes par rapport à certains vieux films (la séquence montrant l'essor de Béjo par le générique fait beaucoup penser à une trouvaille d'Hitchcock, consistant à faire apparaître de plus en plus gros le nom du héros sur les affiches à travers le temps pour montrer son ascension vers le succès).

Hypothèse n°3 : Pour rendre hommage aux films d'antan. Impossible de ne pas voir les multiples références aux films de jadis évoquées dans le film. Quelques exemples : la pimbêche blonde de "Chantons sous la pluie", ou encore le repas qui voit se dégrader un couple de "Citizen Kane". C'est l'occasion aussi de revenir à un humour burlesque. Et avec Jean Dujardin et Bérénice Béjo (et le chien !), tous deux (trois !) excellents, ça dépote !

Hypothèse n°4 : Pour jouer avec les codes du muet...et les dépasser. Et là tout le monde gardera en tête la séquence du cauchemar, ou encore le jeu, extraordinaire, des pancartes (lors d'une scène finale très très stressante). Hazanavicius s'éclate avec les codes du muet, et joue sur les connaissances du spectateur (qui sait parfaitement, par exemple, que le parlant triomphera, contrairement au buté Georges Valentin qui s'obstine dans le muet).

Hypothèse n°5 : Pour faire bien. Ce qui me gêne le plus dans tout ça, ce sont les véritables intentions du réalisateur. Hazanavicius dit qu'il réalise avec "The Artist" un vieux fantasme. Mais qu'est-ce qui se cache là-dessous ? L'idée, très intellectuelle, qu'un film en noir et blanc muet a beaucoup plus de valeur qu'un film d'aujourd'hui ? (car, c'est bien connu, les films d'aujourd'hui sont tous des produits jetables). Et quel est le véritable apport de "The Artist" au cinéma d'aujourd'hui ? Quel est son but ? Refaire connaitre les classiques ? Redécouvrir certaines choses (comme qu'on peut rendre l'image plus expressive) ? Je doute encore...

Au final, et malgré les possibles intentions du réalisateur qui me gênent un peu (mais je sais que ça reste de l'ordre de l'hypothèse), "The Artist", notamment grâce à sa flopée de bons acteurs (Dujardin, Béjo, et Cromwell en tête) s'en sort haut la main. Malheureusement, le film pêche un peu au niveau du scénario (assez basique, avec une déchéance du personnage principal parfois assez redondante) et il manque ce petit plus qui aurait pu dynamiter les trouvailles (parfois excellentes, je l'avoue) d'Hazanavicius. 

Et mince, j'ai toujours pas répondu clairement à cette question : pourquoi donc vouloir faire un film muet en noir et blanc de nos jours ??? Peut-être bien pour être en phase avec son personnage principal : Georges Valentin, refusant le parlant et s'obstinant dans le muet, ne vit pas avec son époque. Un peu comme ce film, en quelque sorte...

étoile 2

Publié dans CiNéMa

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Commenter cet article

dasola 17/11/2011 18:14


Bonsoir, film pas désagréable du tout mais je ne comprends pas les intentions du réalisateur à part qu'il va être vu à Hollywood. Bérénice est craquante à souhait et a de belles gambettes. Bonne
soirée.


Chippily 17/11/2011 21:34



Oui, justement, ce sont aussi les intentions du réalisateur qui me gênent aussi... bonne soirée à toi aussi ;)