Un film culte vu par une inculte : LA HAINE

Publié le par Chippily

"C'est l'histoire d'une société qui tombe et qui, au fur et à mesure de sa chute, se répète sans cesse pour se rassurer : "Jusqu'ici, tout va bien, jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici, tout va bien..." Mais l'important c'est pas la chute. C'est l'atterrissage."

*** C'est l'histoire de... 3 gars, 3 potes, 3 banlieusards paumés : Vince, qui se prend pour De Niro devant son miroir et qui se ballade avec un flingue qu'un policier a perdu lors des émeutes , Saïd, le plus jeune, le plus fougueux, et Hubert, le pacifiste, qui veut s'en sortir à tout prix. Le jour, ils se balladent sans but, sans espoir dans une cité triste à mourir, traînant leur ennui jusqu'à Paris. Mais, à chaque coin de rue, les policiers sont là, et les attendent...***

La Haine, c'est le film coup de poing de Kassovitz, une oeuvre avant-gardiste brûlante et malheureusement toujours d'actualité. L'histoire d'une bavure policière, d'émeutes, de jeunes qu'on regarde comme les bêtes d'un zoo ,comme cette journaliste planquée avec son cameraman dans sa voiture, n'osant les approcher. Abdel, un jeune du quartier, se fait tabasser par un policier, et c'est toute la cité qui est en flammes. "J'te jure, si Abdel meurt, ils vont le payer !" crache Vince en remuant son flingue. Combien de fois a-t-on vu ça devant notre télé ? Combien de fois a-t-on vu un Hubert calmer le jeu devant tant de fureur ? "La haine apporte la haine !" clame t-il. Tout au long de leur périple, il essayera de calmer Vince le révolté qui veut "buter tous ces batards" de policiers. Voyage initiatique alors ce "no-man's land" ? On pourrait le croire...jusqu'au final. Une scène mémorable, dramatique, violente qui laisse beaucoup à réfléchir. Parce qu'au fond, tout n'est que recommencement. Le cercle vicieux, qu'on pensait brisé, n'est en fait qu'à peine égratiné. La chute a été longue, mais l'atterrissage est brutale. Et soudain, c'est toute notre vision des choses qui change. On enressort titubant, presque bouleversé par ce chef d'oeuvre criant de vérité. Et dire que depuis 1995, date de sortie du film, rien n'a changé...

Alors, décidemment, non, Monsieur le président, ce n'est pas au karcher qu'il faut nettoyer ces cités. Mais plutôt au respect et au droit au rêve.



Publié dans CULTE

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pauline 01/06/2008 23:51

si malheureusement rien n'a changé depuis la sortie du film, c'est que ce film n'était pas d'avant garde quand il est sorti ^^'