Annecy, jour 4 : père violent, pirates, Filippetti et salades hors de prix

Publié le par Chippily

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Noémie était bénévole au festival international du film d'animation d'Annecy, qui s'est tenu début juin. Elle nous raconte jour par jour l'événement vu de l'intérieur.

"Mercredi 11 juin : Hello !

Quelle est cette motivation qui m'anime soudain à tenir ce journal ?

Oui je suis levée à 7h30 après m'être couchée après minuit, tout cela dans le but de tenir à jour ce journal souvenir. Eh bien, mercredi : grosse journée.

J'ai commencé par un petit déjeuner conférence avec les réalisateurs des courts-métrages de la veille. Super intéressant, l'univers de chacun est différent, et leurs inspirations diverses : souvenirs d'enfance, souvenir d'adulte, histoire totalement fictive... Les sujets sont vastes, et les courts métrages, que je n'ai malheureusement pas pu voir, ont l'air passionnants ! Surtout La chair de ma chère d'Antoine Blandin, qui raconte la destruction d'une vie de famille. [Je souligne, deux semaines après la fin de ce festival, que la gagnante coréenne du meilleure court-métrage, Dahee Jeong était présente et qu’elle s’est assise à côté de moi et elle est juste adorable. Voilà, fin du quart d’heure je me la raconte.]

Qui a dit que les films d'animation étaient pour enfant ?

Moi à une période. J'ai vite changé d'avis après avoir vu The Fake de Sang-Ho Yeon de Corée du Sud. L'histoire d'une fausse église qui demande à ses paroissiens de faire des dons pour construire une Eglise, au nom de la puissance de Dieu. Accompagné d'un prêtre bien complexe, un arnaqueur qui manipule à tout va, notamment une jeune fille désirant de poursuivre ses études à Séoul. Après avoir travaillé d’arrache-pied pour se payer son université, son père débarque et lui prend l'argent qu'elle avait conservé dans son tiroir.

Filipetti et les créateurs de "Moi, moche et méchant" en guest-stars

Ce père va passer la plus grande partie du film à aligner au minimum deux insultes à chaque phrases prononcées, frapper sa femme et sa fille, mais surtout chercher des problèmes à l'arnaqueur échappant à chaque fois à la mort par miracle.

Histoire forte, mais qui ne nécessitait pas l'animation, à mon avis. C'est une histoire très réaliste, qui prend toute sa forme par le jeu des acteurs. Pour moi, l'animation doit faire appel à l'imaginaire d'un réalisateur, sortir du réalisme au niveau visuel.

Après cette séance, j'ai le temps de grignoter une salade ceasar (7 euros et quelques le menu, Welcome to Annecy!), et c'est parti pour une après-midi de contrôle des badges au Marché du Film. Première journée d'ouverture, il y avait du monde, des gens de Disney, les créateurs de Moi, moche et méchant, France Télévision, Aurélie Filippetti...

Bon, je n'ai pas vu tout le monde, et pas la ministre. J'ai contrôlé les badges, sans vraiment avoir le temps de lire leurs noms ou leurs professions. En tout cas, c'est ici que les futurs films se font ! On sent une ambiance très business, mais à la cool, sans trop de prises de tête. Ai-je essayé de rechercher des producteurs pour mes propres projets ? Non, je n'ai pas eu l'idée de préparer mes pitchs, sachant que mes projets n'ont rien à voir avec l'animation. A moi de m'arranger pour me retrouver bénévole au bon endroit. A Cannes par exemple ??

A la fin de mon service, je suis repartie à la recherche de nourriture, en attendant ma prochaine séances intitulé The last Hijack de Femke Wolting et Tommy Pallota, un film belge, allemand, hollandais et irlandais. Vive l'Europe !

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Un film étrange car nous nous retrouvons avec très peu d'images d'animation, même si les quelques images auxquelles nous avons droit sont absolument sublimes. Une sorte de métaphore des pensées du « personnage » principal. Nous suivons quelques pirates de Somalie, grâce à des interviews du chef des pirates et sa famille (père, mère, épouses). Nous essayons de comprendre les motivations qui peuvent pousser ces pêcheurs à devenir des pirates : le manque d'argent, une violence constante dans un pays en trouble depuis des années ou la volonté de récupérer une richesse perdue. Un film fort qui aurait mérité un peu plus d'animation dans un festival qui lui est consacré.

Et oui, je n'ai pas fini (j'étais courageuse hier), j'ai pu assister à quatre courts-métrages mexicains : Sans soutien de René Castillo Rivera et Antonio Urrutia (1998) ; Croque la mort de Castillo Riviera (2001) ; Syndrome de la ligne blanche de Lourdes Villagomez (2003) ; Sans contrôle de Sofia Carrillo (2008), pour une séance intitulée Mexique : la danse des morts, sur une séance d'une heure et demi.

Des anciens courts-métrage certes, mais amusants, surprenants en matière d'animations et des histoires courtes, mais prenantes. J'ai malheureusement dû partir avant la fin du quatrième court (faute de bus de nuit !) qui était bien plus effrayant que les trois premiers (poupées qui tournent bizarrement en grinçant, pas d'yeux et continuent de pleurer... Sympa avant de se glisser dans la nuit pour choper son bus !).

Voilà, trois films plus une après-midi peu passionnante au contrôle des badges.

Voyons ce que me réserve ma journée de jeudi ! Bon festival !"

Yeeeah, week-end ! On fait un break, on revient lundi ;)

Publié dans HoRs-cHaMp

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