J'ai rien compris au nouveau projet de John McTiernan... mais j'y crois quand même, hein

Publié le par Chippily

Emmanuel Burdeau et John McTiernan lors de la masterclass de ce dernier, la semaine dernière, à Nantes.

Emmanuel Burdeau et John McTiernan lors de la masterclass de ce dernier, la semaine dernière, à Nantes.

Ca se passe dans un endroit dévasté par la guerre. Il y a une petite fille orpheline. "Elle essaye d'attraper la manche des touristes à l'aéroport, sauf que ça se passe au 16e-17e siècle." Trois étrangers arrivent. "La petite fille dit : vous avez quelque chose dans l'oeil." La femme enlève ses lunettes et ses yeux sont étranges, comme les yeux d'un chat. Alors, la petite fille dit : "Ma mère avait les mêmes yeux."

Et soudain, la femme de John McTiernan lui lance un regard noir. Chut. Plus de détails. Voilà donc les maigres - et étranges - informations qu'on aura réussi à chopper sur le prochain film du réalisateur de "Predator" ou "Die Hard", à sa masterclass organisée samedi 2 juillet à Nantes, dans le cadre du So Film Summercamp.

Sa principale erreur dans Die Hard ? Une cicatrice

Une masterclass intitulée "Comment réaliser un film d'action ?" où McT était venu en traînant la jambe. Mais en rigolant en voyant l'énorme fauteuil qui lui était consacré.

Interviewé par Emmanuel Burdeau, le gaillard reste d'abord évasif, avachi dans son "fat man chair". La scène à la Magritte dans son film préféré, "Thomas Crown", a dû être compliquée à tourner, non ? "Pas vraiment." Sa principale erreur dans "Die Hard with a vengeance" ? "La cicatrice de la fille. Pas assez grosse." Des anecdotes sur son film "Nomads" ? "J'ai pas de souvenir. C'est embarrassant."

Mais, au fur et à se mesure, il se détend, se lève, apostrophe le public, agite le doigt. "Evaluez ce que l'on a fait (artistiquement) depuis 5 000 ans et évaluez ce que valent Spider-Man et Captain America et toute ces conneries !" lance-t-il, rageur. Ou : "Dès qu'il y a un bond technologique, il y a un bond artistique en arrière !" 

"Tout cela n'a aucun sens"

Le soir, à la projection de "Predator", au Katorza, toujours à Nantes, le voilà calmé. Fatigué. "Pas beaucoup de questions", prévient Emmanuel Burdeau au début.

On lui demande pourquoi, "comme le Predator n'attaque que les gens armés, ils ne jettent pas tous leurs armes et vont prendre l'hélicoptère ?" Ca rigole dans la salle. "Parce que ça n'aurait duré que 5 minutes, fait McT. Il faut faire prendre conscience au spectateur que c'est du fun, lui dire : c'est un divertissement, détends-toi. Tout cela n'a aucun sens. Sauf un sens émotionnel. C'est comme les rêves. Ca n'a aucun sens après coup, mais quand vous l'avez vécu, vous l'avez cru."

La nuit est tombée sur Nantes. Juste avant de s'en aller, McT lâche encore quelques infos sur son prochain film : "Le scénario est écrit, on est en train de choisir les acteurs." Et lâche un titre très mystérieux, qui ressemble à quelque chose comme "Thouse 64". Avant de partir définitivement. Main dans la main avec Madame, il s'en va tranquillement, et disparaît au détour d'une rue.

J'ai rien compris au nouveau projet de John McTiernan... mais j'y crois quand même, hein

La saga "Die Hard"

"D'abord, le rôle principal devait être tenu par Richard Gere. Le personnage devait être sophistiqué, classe... Mais il l'a refusé. On a pris Bruce Willis, que je ne connaissais pas. Du coup, c'est le méchant qui est devenu le gentleman bien habillé. Quand on a commencé à tourner le premier, on avait 30 pages de script. J'ai envisagé ça comme une comédie de Shakespeare, une sorte de "Songe d'une nuit d'été". Pourquoi je n'ai pas réalisé le second ? C'était un truc de studios. J'ai lu le script et je ne l'ai pas trouvé bon."

Le danger Sonny ("Predator")

Sonny Landham, c'est Billy, le sorte d'Indien au 6e sens affuté dans "Predator". En vrai, un danger public. "On avait un garde-corps, un grand Mexicain, pas pour le protéger lui, mais pour protéger la ville contre lui ! Un soir, il est descendu du 8e étage à l'aide d'une corde, avec simplement un slip sur la tête. Il est arrivé au 4e étage, chez un couple d'Allemands qui ne comprenait rien à ce qui se passait." 

Des pompes pour Keanu Reeves

Jan de Bont, c'est le chef op' de "Piège de cristal". C'est aussi lui qui obtient les rênes de "Speed" avec Sandra Bullock...et surtout Keanu Reeves. "Il était considéré comme un mauvais acteur à l'époque. Mais c'est parce qu'il était trop stressé, qu'il se faisait trop de soucis... bref, qu'il était trop cérébral. Alors, j'ai dit à Jan : fais-lui faire des pompes ! C'est pour ça que, même dans les scènes calmes, Keanu a l'air à bout de souffle."

Le cas "Rollerball"

"Ce film, j'ai pu y faire ce que je voulais pendant les 2/3 du temps. Je voulais faire un "Spartacus" en dernière partie. Normalement, j'avais Matthew McConaughey pour faire le rôle. Mais le nouveau patron a dit : oh non, on a fait des recherches et l'acteur d'American Pie est mieux."

Publié dans HoRs-cHaMp

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