Un lieu, un film, une visite : Alceste à bicyclette et l'île de Ré

Publié le par Chippily

Un lieu, un film, une visite : Alceste à bicyclette et l'île de Ré

Ça vous dirait un peu de tourisme ? Aujourd'hui, on découvre l'île de Ré grâce au film "Alceste à bicyclette". Au programme : équipe d'Espagne, église bicolore et ânes en culottes.

16 euros ! Je cligne des yeux, regarde à nouveau la facture. Oui, c'est bien ça. 16 euros. Soit la somme hallucinante dont il faut se délester pour pouvoir rejoindre l'île de Ré. Presque autant qu'un ticket d'entrée pour un parc d'attraction.

Je grommelle, passe la barrière du péage et me voilà sur le pont de Ré, qu'emprunte au début du film "Alceste à bicyclette" un Gauthier Valence (Lambert Wilson) angoissé. Et pour cause : lui, star adulée de la télévision, vient chercher un vieil ami retiré du show-biz, Serge Tanneur (Fabrice Luchini), pour monter "Le Misanthrope" de Molière.

Le péage de la peur.

Le péage de la peur.

Pour retrouver la maison de Luchini dans le film, direction Ars-en-Ré, l'une des dix communes de l'île. Ré est la quatrième plus grande île de la France métropolitaine. 85 km2 pour 17 723 habitants l'hiver...et un poil plus l'été (hum hum).

A Ars-en-Ré, les ruelles sont étroites, les roses trémières en nombre et il flotte une douce odeur d'été. Au pied de l'église blanche et noire qui a le mérite de se voir de loin des villageois partagent un repas en papotant, pendant qu'un groupe fait gémir un accordéon sur scène. Ce samedi soir, on fête la Saint-Jean. Et... c'est quand même par ces cinq pauvres palettes empilées, le feu de la Saint-Jean ??? "J'ai bien peur que oui", soupire le crêpier, un peu débordé.

J'engloutis ma galette et vais voir le spectacle. Ca caille et l'accordéon grince toujours. Je file.

Ré la blanche et son église au clocher bicolore.

Ré la blanche et son église au clocher bicolore.

Si le néo-retraité Luchini a choisi un coin tranquille comme Ars-en-Ré, pas étonnant que le flamboyant Lambert Wilson ait choisi de poser ses valises à Saint-Martin-de-Ré, ville fortifiée par Vauban.

Ici, les rues grouillent de monde. Les terrasses sont bondées de touristes, ça lèche de la glace tous les deux mètres (c'est vrai que le parfum chocolat noir intense de La Martinière vaut largement la léchouille) et l'âne en culottes (spécialité locale pour protéger l'animal travaillant dans les marais) a son exemplaire dans chaque boutique.

Si on en veut un en porte-clef, il ne faut pas hésiter à faire un crochet par le bar-tabac, où on en trouve à 4 euros (on se fait gruger de 90 cts dans les autres magasins).

LA tendance 2016 du Marais.

LA tendance 2016 du Marais.

Pas possible de rentrer dans la maison où loge Wilson et d'où l'on voit passer les bateaux, mais un coup d'oeil aux tarifs du restaurant adjacent permet de suite de comprendre qu'on se trouve dans un coin huppé.

Petite balade trankilou devant chez Lambert.

Petite balade trankilou devant chez Lambert.

C'est bon, Lambert Wilson a réussi à convaincre Fabrice Luchini de jouer dans sa pièce...ou presque. Le malin le met à l'essai et lui propose un deal : ils répètent quelques jours et voient si ça matche entre eux.

Pour prendre l'air entre deux répétions à l'talienne, Luchini déniche deux vélos (dont un sans frein, sympa) pour donner quelques coups de pédale sur l'île. Car, outre les marais et les ânes culottées, la spécialité de l'île, c'est bien le biclou. C'est simple, il y a des voies cyclables partout. Et, pas de panique, pas besoin de se farcir un vieux truc tout déglingué, boutiques et hôtels en proposent des flambant neuf avec un large choix : vélos enfants, tandems... et même des exemplaires originaux.

Bah, y'a pas de petit panier pour mettre le chien-chien ? (vu à Saint-Martin-de-Ré)

Bah, y'a pas de petit panier pour mettre le chien-chien ? (vu à Saint-Martin-de-Ré)

J'enfourche un modèle un peu plus moderne, et me voilà qui file au vent... ou presque. La faute aux routes ? Non, elles sont toutes plates. Tout comme mes cuisses, qui auraient bien besoin d'un peu d'entraînement avant un retour sur Ré. 

A part Wilson et Luchini, on voit des stars à l'île de Ré ?

Il y a quelques jours, j'ai pu voir l'équipe de foot d'Espagne, logée à Sainte-Marie-de-Ré, au relais thalasso.

Mais, dégoûtés par leur élimination de l'Euro 2016, Iniesta, De Gea ou Ramos ont sûrement filé direct à la maison après leur raclée. Dommage, ils mettaient l'ambiance sur l'île, qui avait rebaptisé ses communes et déployé gendarmes et drapeaux rouge et jaune partout pour les accueillir.

Quant à Saint-Martin-de-Ré, elle n'en revenait pas : c'est son petit terrain communal qui a accueilli les internationaux. Un endroit où l'équipe s'entrainait en public, pendant que Shakira se baladait à vélo sur le bord des marais. En toute simplicité.

Espagne ou Italie ? Le Bois-Plage a choisi son (mauvais) camp.

Espagne ou Italie ? Le Bois-Plage a choisi son (mauvais) camp.

Le sourire des Espagnols. Comme vous l'aviez deviné, c'était avant l'Italie...

Le sourire des Espagnols. Comme vous l'aviez deviné, c'était avant l'Italie...

Mais LA grosse star de l'île, c'est lui. Car oui, si Lionel Jospin a décidé de se retirer de la vie politique, c'est pour se la couler douce au milieu de l'océan Atlantique.

Un lieu, un film, une visite : Alceste à bicyclette et l'île de Ré

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