Voir Hunger Games au Capitole et (ne pas) mourir

Publié le par Chippily

Une semaine après les attentats de Paris, j'allais voir Hunger Games. Comme si de rien n'était. Comme si...

Une semaine après les attentats de Paris, j'allais voir Hunger Games. Comme si de rien n'était. Comme si...

Samedi 21 novembre. La rue est glacée. On marche les mains dans les poches, on souffle un air gelé. Ce soir, ça y est : on va voir le dernier Hunger Games au Capitole. Enfin, à quelques mètres de lui, puisque c'est sur la place Jean-Jaurès que le métro toulousain nous crache.

On pousse la porte d'un cinéma. "Il ne nous reste plus qu'une place", grimace la caissière. On attend dans un café, les genoux serrés, en regardant des visages jeunes passer derrière la vitre.

Une demi-heure avant la séance, on y va. Le hall est bondé et ça n'avance pas. Et pour cause : les vigiles se sont mis dans l'idée de fouiller dans tous les sacs et de s'assurer que personne n'a mis ce soir sa plus belle ceinture d'explosifs. On monte cahin-caha les escaliers. On trouve vite fait un siège.

"Si j'étais un terroriste..."

Une fille derrière moi mâchonne son pop-corn en pointant du doigt les sorties de secours. "Si j'étais un terroriste, je rentrerai par là. Je me mettrai sur la scène avec mon flingue et je tuerai tout le monde."

Les lumières s'éteignent. Au bout de quelques minutes, il y a déjà un de mes acteurs fétiches qui meurt. Mais ça lui arrive souvent dans ses films. Ca doit être stipulé dans ses contrats qu'il ne peut finir qu'en prison ou une balle dans la tête. Katniss Everdeen, elle, est toujours là, la démarche assurée, le regard froid. Dans la banlieue parisienne, elle tente tant bien que mal de survivre, malgré les pièges des créateurs des jeux.

On sursaute un peu trop

Sont un peu cons ces créateurs de jeux. Ils laissent trop de chance aux gens de s'échapper. Mais, heureusement, ils ont de sales mutants qui font le boulot. Quand ils hurlent, on sursaute un peu trop dans la salle.

Des personnages importants meurent, oui. Mais on s'en doutait un peu. Il ne faut jamais être trop proche de l'héroïne dans un film américain, ni trop parler de ses projets après la guerre.

Le film s'achève sur une scène baignée d'une lumière crépusculaire. Des ricanements s'élèvent. Puis on reprend les escaliers, cahin-caha. Le foid nous a attendu. On remet nos mains dans les poches. Des gyrophares bleus clignotent dans la nuit. On se fige un peu trop. 

Le froid nous rappelle à l'ordre. On s'engouffre dans le métro. Et on repense à ce poème de Valéry qui a inspiré nombre de réalisateurs : "Le vent se lève... Il faut tenter de vivre."

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