"Steven, tu as les droits d'un film que je rêve d'adapter. C'est La liste de Schindler"

Publié le par Chippily

Steven Spielberg et Billy Wilder.

Steven Spielberg et Billy Wilder.

Steven Spielberg : "A mes débuts, j'ai fait en sorte de parler avec le plus grand nombre possible de réalisateurs que j'admirais (Billy Wilder, William Wyler, King Vidor, Michael Powell, Henry Hathaway...)."

"En parlant avec eux, j'ai pu constater leur frustration terrible. Ils avaient le sentiment que la communauté à laquelle ils avaient tant contribué sur le plan artistique et commercial, ou en gagnant des Oscars, bref sur le plan de la culture cinématographique en général, leur avait tourné le dos et avait décrété qu'il était temps qu'ils cessent de travailler. Aucun d'entre eux ne voulait arrêter. Aucun."

"Billy Wilder voulait tourner. J'ai vécu un moment très triste en sa compagnie. J'imagine qu'il ne lisait pas la presse professionnelle, c'était la fin de sa vie, il n'était plus très au courant de ce qui se passait dans le business. Bref, il m'appelle un jour : Steven, il faut que je te parle, j'ai quelque chose de très important à te dire."

"J'étais toujours ravi de passer du temps avec Billy, je l'invite donc à venir me voir. Il s'assoit et me dit : Steven, tu as les droits d'un livre que je rêve d'adapter pour en faire mon dernier film. Après, je pourrai me retirer définitivement. C'est un bouquin qui raconte en quelque sorte mon histoire, moi qui me suis échappé d'Allemagne dans les années 30 pour venir aux Etats-Unis. Son titre, c'est La liste de Schindler."

"Je ne savais vraiment quoi dire. Alors je me suis penché vers lui, je lui ai pris la main et je lui ai glissé : Billy... Manifestement, tu n'es pas au courant, mais je pars justement la semaine prochaine à Cracovie pour tourner le film."

"C'est l'un des trucs les plus durs que j'ai jamais eu à dire à quelqu'un, a fortiriori à l'un des cinéastes qui m'avaient tout appris."

"Nous étions en janvier 1993, le film est sorti en décembre de la même année. Et Billy a été la première personne à qui je l'ai montré, quand il a été terminé."

 

D'après "Un pour tous", Léonard Haddad, paru dans le magazine "Première" n°466/467/décembre 2015-janvier 2016

 

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